Critique Blu-Ray

LA FILLE SUR LA BALANÇOIRE (Critique)

SYNOPSIS: Evelyn Nesbit, danseuse de cabaret, tombe sous le charme de l’architecte Stanford White, séducteur réputé. Malgré leur différence d’âge, ils deviennent amants, jusqu’à ce que White, rattrapé par sa conscience, décide d’éloigner la jeune femme, dont il est tombé amoureux. Evelyn se croit délaissée, et finit par répondre aux avances de Harry Thaw, un riche oisif qui lui fait une cour acharnée

Le réalisateur Richard Fleischer a déjà une longue carrière derrière lui malgré son âge lorsqu’il réalise en 1955 La Fille sur la Balançoire. Rien qu’en 1949, il réalise pas moins de 4 films. Son nom reste associé principalement aux très grandes réussites que sont L’étrangleur de Boston en 1968, The New Centurions en 1972 et Soleil Vert en 1973. A travers ces trois films, on voit toute la diversité du cinéma de Fleischer qui s’est attaqué à différents genres. Pour La Fille sur la balançoire, le metteur en scène s’attaque à un fait divers qui avait ébranlé l’opinion américaine et nous livre un film remarquablement maitrisé. Le réalisateur s’appuie sur la star de l’époque Ray Milland, acteur qui a tourné avec les plus grands durant les années 40 et 50 (Hitchcock, Cukor, Wilder) et la toute jeune Joan Collins pour interpréter ce très respecté architecte et sa maitresse. Le rôle de l’amoureux envieux est donné à l’acteur Farley Granger qui a lui aussi joué pour Hitch dans La Corde et L’Inconnu du Nord-Express. Ce dernier interprète le prospère Harry Thaw qui voit en l’architecte Stanley White son rival en terme de reconnaissance.

Les deux hommes n’ont en effet pas grand chose en commun. Le premier est brutal, excessif et fougueux tandis que le second est plus sage, âgé et respecté. L’arrivée à Broadway d’Evelyn Nesbit va accentuer cette rivalité. Dans un premier temps, elle tombe sous le charme de White et c’est dans cette relation que le metteur en scène crée le malaise du spectateur en jouant plus sur le côté anachronique au sein de ce couple. La fameuse scène de la balançoire joue parfaitement sur ce côté tendancieux grâce au montage de Fleischer. De plus, White n’appelle-t-il pas Evelyn, « ma petite fille » avec ce regard qui en dit long sur ses sentiments.

C’est toute la réussite du film que de laisser planer le doute sur chacun des personnages alors que dans un premier temps, tout accuse le tumultueux Thaw. Son comportement social est toujours à la limite avec notamment cette première apparition où il se permet d’agresser le maître d’hôtel qui ne lui a pas réservé la bonne table. De même, alors qu’il déclare une nouvelle fois sa flemme à Evelyn, ce dernier se permet de la violenter à de nombreuses reprises faisant de lui le salaud idéal. Alors qu’on pensait que le film allait simplement parler de ce trio amoureux et de la décision finale d’Evelyn, Fleischer met ses personnages devant ses propres contradictions et il est difficile pour le spectateur de se reposer sur un des protagonistes, faisant de ce film, une véritable œuvre misanthrope.

En effet, on pourrait en toute logique se reporter sur la gentille Evelyn pour se sortir de ce marasme. Sauf que le réalisateur reste très ambigu sur cette danseuse à la recherche de l’amour. Plusieurs scènes nous interrogent sur sa fausse naïveté, elle qui embrasse White dès leur premier rencontre, qui se marie avec Thaw alors qu’elle vient de se faire violenter par lui, qui apparaît au fur et à mesure comme d’humeur changeante et vénale. Enfin, la dernière partie du film accentue le malaise devant ce personnage devenu calculateur qui tentera dans un dernier soubresaut de racheter sa conduite. Ce film reste donc une réussite incontestable qui n’a pas pris une ride non seulement en terme de mise en scène, de thématique mais également de performance. La fin tragique de cette œuvre est une des plus bouleversantes qu’on puisse trouver sur la cruauté humaine et le pouvoir destructeur de l’argent. Evelyn est ainsi l’une des héroïnes les plus tragiques de l’histoire du cinéma.

DÉTAIL DES SUPPLÉMENTS:

UN FAIT DIVERS EN TECHNICOLOR – 20MN par Ophélie Wiel, critique de cinéma et chargée de cours à l’université Paris-3

Titre Original: THE GIRL IN THE RED VELVET SWING

Réalisé par: Richard Fleischer

Casting :  Ray Milland, Joan Collins, Farley Granger …

Genre: Policier, Drame

Date de sortie: 02 octobre 2018 en DVD et Blu-ray

Distribué par: Rimini Editions

4,5 STARS TOP NIVEAU

TOP NIVEAU

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