Critiques Cinéma

VOYEZ COMME ON DANSE (Critique)

SYNOPSIS:  Voyez comme ils dansent…
Julien sent comme une présence hostile derrière lui en permanence.
Alex, son fils apprend qu’Eva, lycéenne de 17 ans a oublié de le prévenir qu’il allait être père.
La mère d’Eva, Véro, dans une sale passe depuis sa naissance pense qu’elle va être obligée d’arracher le sac des vieilles pour nourrir le futur enfant.
Elizabeth, dont le mari Bertrand s’est volatilisé, voit sa maison dévastée par une perquisition.
Lucie exaspérée par les délires paranos de Julien, son mari, est au bord du burn out conjugal.
Serena, la maîtresse de Julien sent qu’il lui ment. Julien ne sent pas que Serena lui ment aussi.
Loïc, fils ainé de Véro, seul élément stable de la bande ne l’est pas tant que ça.
Sans oublier un absent toujours très présent… 

Depuis son premier long métrage en 1984, Marche à l’ombre, Michel Blanc n’est revenu derrière la caméra qu’à trois autres reprises (Grosse Fatigue (1994), Mauvaise Passe (1999) Embrassez qui vous voudrez (2002)). Il aura fallu attendre 16 ans pour qu’il reprenne le fil d’une carrière qui lui a pourtant valu de très gros succès (ainsi qu’un Prix du scénario au Festival de Cannes pour Grosse Fatigue). Certes, le réalisateur a entretemps poursuivi une prolifique carrière de comédien, mais on finissait par vraiment se demander si Michel Blanc avait encore envie de donner à son œuvre un successeur à Embrassez qui vous voudrez. Avec Voyez comme on danse, qui est autant la suite de son dernier opus qu’une nouvelle variation avec la plupart des personnages du premier volet plus de nouveaux visages, il reprend la plume et la caméra et démontre un savoir-faire qui n’a rien perdu de son efficacité.

Embrassez qui vous voudrez était une adaptation d’un roman de Joseph Connelly mais pour Voyez comme on danse, Michel Blanc s’est servi de la formidable galerie de personnages qu’il avait à sa disposition et leur a confectionné un scénario aux petits oignons dans lequel ses comédiens se sont glissés avec une certaine délectation délicieusement palpable. Car avec le temps, Michel Blanc est toujours un dialoguiste hors pair capable de croquer des situations singulières ou quotidiennes avec un sens de la répartie et un timing impeccables. Ce n’est pas la moindre de ses qualités, car, si sa mise en scène s’efface au profit de l’histoire, le montage incisif de Maryline Monthieux et la musicalité des dialogues impliquent un rythme mené tambour battant (1h28) qui ne laisse pas au spectateur le temps de reprendre son souffle. C’est drôle, mordant, ça file à la vitesse de l’éclair et on se régale littéralement, certaines répliques appelant nécessairement à devenir cultes.

Les comédiens présents dans le premier film (Charlotte Rampling, Karin Viard, Carole Bouquet, Jacques Dutronc, et Michel Blanc lui-même, ces deux derniers dans des rôles savoureux bien qu’extrêmement en retrait) étaient déjà des valeurs sûres et confirmées à l’époque d’Embrassez qui vous voudrez.  Avec les années leur talent est plus éclatant encore, leur manière distanciée et totalement naturelle de dire les répliques imaginées par Michel Blanc, favorisant l’implacable efficacité de l’ensemble et générant des rires à foison, jamais gratuits et tous fruits d’un scénario qui sait où il va sans jamais se forcer à empiler les gags pour faire avancer sa narration. Karin Viard encore une fois, emporte tout sur son passage, sa force comique se trouvant décuplée dès lors qu’elle sert des textes de haut vol. Ce qui était plus casse-gueule pour Michel Blanc c’était que les nouveaux venus soient à la hauteur et là c’est un carton plein. Jean-Paul Rouve, William Lebghil (les deux étant carrément irrésistibles comme souvent), Sarah Martins, Guillaume Labbé ou la jeune Jeanne Guittet relèvent largement le défi. Loin de choisir la facilité des comédies formatées qui sortent chaque année,  Michel Blanc retrouve les sommets grâce à une science de l’observation et une causticité qui nous ravissent. Plus qu’une suite à Embrassez qui vous voudrez, Voyez comme on danse est l’éclatante démonstration que Michel Blanc est toujours un immense dialoguiste et que, lorsqu’il dirige des stradivarius, l’harmonie qui se dégage du ballet de punchlines confère au film tout son prix !

Titre Original: VOYEZ COMME ON DANSE

Réalisé par: Michel Blanc

Casting : Jean-Paul Rouve, Karin Viard, Carole Bouquet…

Genre: Comédie, Comédie dramatique

Sortie le: 10 octobre 2018

Distribué par: UGC Distribution

EXCELLENT

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