Critiques

NINA (Critique Saison 4) Une série vivante et en mouvement…

SYNOPSIS: Nouvelles aventures pour Nina qui navigue entre drame familial et secrets du passé, nouvelles rencontres amoureuses et un tout nouvel enjeu professionnel qui va lui faire aborder sa vocation avec un nouvel élan… Nouvelle donne également pour l’ensemble de l’équipe médicale : Proust est enfin nommé à la tête du service mais combien de temps cela l’amusera-t-il vraiment ? Kevin, dégrisé de son expérience d’urgentiste, prend la place de Costa, parti renouer avec son engagement au sein d’une association humanitaire. Enfin, n’assumant pas encore pleinement sa nouvelle relation amoureuse, Leo se partage entre le soutien à son amie Nina et son fils Néo, bien décidé à aller vivre avec son père Fred et son adorable belle-mère, Dorothée.

En trois saisons Nina est parvenue à faire ce que d’autres avaient tenté précédemment en vain, TF1 notamment, avec L’Hôpital ou Interventions. A savoir, réussir à trouver l’alchimie entre la série médicale mâtinée de thriller (chaque cas médical complexe devant être identifié grâce à des indices par des médecins diagnosticiens qui tâtonnent, cherchent, se trompent ou découvrent la solution à force de pugnacité) et le soap qualitatif, où les atermoiements amoureux des protagonistes tiennent en haleine et en pâmoison les téléspectateurs friands d’intrigues sentimentales contrariées et entrecroisées.

Sans user narrativement d’une folle audace, la série a su se montrer attachante sans avoir besoin de faire appel à des artifices autres que son charme naturel, sa fraicheur et un brin de candeur qui lui confèrent une vraie légèreté alors que l’on est pourtant plongé dans un monde sensé en manquer singulièrement. Mais c’est bien en restant elle-même et en s’appuyant sur des personnages impeccablement définis et des comédiens qui jouent en équipe que Nina s’est trouvée une identité. En accueillant auprès des personnages récurrents des guests prestigieux (cette saison et sans ordre de préférence, Francis Perrin, Marianne James, André Manoukian, Marthe Villalonga, Cristiana Reali, Arthur Jugnot, Catherine Marchal, Hedi Tilette de Clermont-Tonnerre, Catherine Jacob…) la série a trouvé un équilibre parfait qui fait de l’ensemble une œuvre sinon marquante, du moins qui a totalement assimiler comment mêler divertissement et populaire au sens le plus noble des termes.

La fin de la saison 3 nous avait laissé quelque peu dubitatif quant à l’avenir de certains personnages mais la saison 4 nous prend par surprise en démarrant d’emblée par une  secousse sismique émotionnelle pour le coup inattendue et qui va avoir des conséquences sur l’ensemble de la saison. C’est l’occasion de saluer la sensibilité et la délicatesse d’Annelise Hesme qui sait donner au personnage de Nina des éclairs d’humanité et de profondeur qui participent grandement à l’empathie qu’elle dégage et qui sont parfois tus au crédit de la force collective. Elle a notamment au cœur de l’épisode 2 une superbe scène de lâcher prise émotionnel dans un amphithéâtre rempli qui est extrêmement émouvante.

Les scénaristes toujours menés par Alain Robillard et souvent nombreux pour donner du corps et du nerf aux intrigues savent mettre en valeur ses talents de comédienne mais leur grande force est de donner du grain à moudre à tout le monde, guests et récurrents, pour qu’au final chacun aient de belles prestations à défendre. Socha et l’humoriste Ben présents en saison 3 laissent place à trois nouveaux personnages récurrents incarnés par Sauce Ena comédienne au tempérament de feu, Christian Vadim et Julien Boisselier qui avec sa placidité et son charisme donnent beaucoup de densité au personnage du Docteur Smireni. Ces arrivées induisent forcément que, bien que la distribution ne connaisse pas de gros changements, certains personnages vont pourtant s’éclipser, ce qui va indubitablement rabattre les cartes. De fait si cette saison 4 est toujours aussi efficace et agréable il n’en demeure pas moins qu’on a par moments la sensation d’une saison de transition dotée de quelques faiblesses en filigrane et qui redéploie une partie de l’éco-système de la série avant qu’elle ne tombe dans une espèce de confort qui pourrait lui porter trop préjudice. Cela induit des enjeux plus faibles pour certains ou des changements par petites touches pour d’autres, pas désagréables mais un peu déstabilisants  par moments. Le personnage de Proust par exemple (le génial Grégoire Bonnet) est toujours aussi drôle et mordant mais laissé parfois un peu à des tâches fonctionnelles induites par son nouveau poste de chef de service. Mais surtout il s’humanise un peu plus ce qui laisse entrevoir des fêlures très intéressantes.

A noter que les cas traités sont toujours aussi surprenants et qu’on n’a jamais la sensation de redite que la série médicale porte parfois un peu en elle. Les codes du soap continuent d’être explorés avec malignité et participent au plaisir que la série ne soit pas cantonnée qu’au « cas médical de la semaine ». A ce titre, le très malin cliffhanger de fin de saison annonce du très lourd pour la saison 5 d’ores et déjà en tournage.

Alors si les cyniques pourront se moquer et regarder la série en se pinçant les narines dès lors que l’émotion affleure aussi régulièrement au détour de scènes quotidiennes, c’est peut-être seulement que derrière la  façade ils n’auront pas vu l’humanité qui transparait du récit et n’auront pas été sensibles à la vie qui, par-delà la souffrance, traverse les épisodes. Car Nina est une série vivante et en mouvement, qui, comme les soignants qu’elle met en scène, tâtonne, cherche, se trompe ou découvre la solution mais qui au final, offre un reflet à nos existences.

Crédits: France 2 / Newen / Barjac Production

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