Critiques

BILLIONS (Critique Saison 3) Une magnifique réflexion sur le pouvoir, complexe et fine…

SYNOPSIS: Dans le monde de la finance, Chuck Rhoades, un procureur fédéral de New York, affronte certains des plus riches gestionnaires de fonds d’investissement des Etats-Unis. Dans la ligne de mire, l’ambitieux et brillant Bobby « Axe » Axelrod, dont la puissance ne cesse de croître. Les deux hommes rivalisent d’ingéniosité pour manoeuvrer au mieux au grand dam de l’autre. 

A voir les deux premières saisons, on aurait pu croire que Billions allait suivre la structure cyclique et indéniablement brillante de Bip-Bip et du Coyote : un pourchasseur toujours plus désespéré, toujours plus inventif, toujours plus ambitieux, échouant régulièrement face à un pourchassé plus rapide, plus malin et plus chanceux, se heurtant à un pat infini, forçant les scénaristes à faire monter les enjeux en crescendo pour maintenir le spectateur en haleine. Mais avec cette troisième saison, la série aborde un tournant majeur, celui des adversaires multiples. Parce qu’à force de croiser le fer, le milliardaire génial et l’homme de loi au caractère épineux avaient fini par oublier qu’ils n’étaient pas seuls au monde. Trop habitués à être les meilleurs, ils ont perdu de vue que le monde regorgeait de gens très intelligents tout prêts à profiter de l’obsession des titans l’un pour l’autre. Alors oui, on est dans un monde d’alpha, un peu macho, regorgeant d’excès et de chevilles qui n’en finissent pas d’enfler, suivant un bras de fer entre deux mastodontes qui promettait une bataille au sommet aux dimensions homériques, et les créateurs Brian Koppelman, David Levien et Andrew Ross Sorkin savent très bien ce qu’ils font, assumant le côté “masculinité toxique” de leur projet pour mieux le lapider. Ils veulent sept saisons pour leur série, et n’hésitent pas cette année à prendre de gros paris pour relancer la machine. On ne vous dira pas de quoi il retourne exactement, mais sachez que l’épisode final de cette troisième saison vaut le détour, et qu’il promet une saison quatre absolument sublime.

On ne se lasse jamais de l’écrire, la grande force de Billions réside avant tout dans sa qualité d’écriture : c’est bien mené, bien pensé, ça nous entraîne dans le monde un peu jargonnant de la haute finance sans jamais prendre le spectateur de haut, et c’est bourré de répliques d’une finesse remarquable, de réparties bien senties et de déclarations de guerre aux allures de bottes d’escrime. Cependant, il faut des acteurs pour donner vie à ce scénario, si bien écrit soit-il et c’est là que la série prend une dimension toute autre. Soutenus par une réalisation racée et une image luxuriante, les acteurs portent la série comme Atlas portait le monde. Paul Giamatti, bien sûr, l’acteur aux deux Golden Globes qui crève l’écran dans le rôle de Chuck Rhoades. Face à lui, son adversaire, son ennemi, son rival, le géant de la haute finance, Bobby Axelrod, “Axe” pour les intimes (Damian Lewis) bien décidé à battre Rhoades à plate couture, mais aussi, quelque part, tellement heureux d’avoir enfin trouvé un adversaire à sa mesure. Autour de ces deux-là, un ensemble de petits malins qui nourrissent leurs ambitions diverses et variées, mais surtout financières. Les épouses d’abord, Wendy (Maggie Siff) et Lara qui sont là depuis l’épisode pilote, les rôles secondaires ensuite, avec Bryan Connerty (Toby Leonard Moore) et Kate Sacker (Condola Rashad) et puis enfin, les petits nouveaux de la saison deux qui sont restés pour la troisième, dont l’excellente, la magnifique Asia Kate Dillon qui joue Taylor Mason, aussi à l’aise dans le milieu des banques et des affaires que derrière les barreaux d’Orange is the new Black, la série qui l’a fait connaître.

Sous ses apparences de série hyper-classique mettant en scène un gentil bien intentionné mais faillible et un méchant à l’intelligence qui frise le super-humain, Billions est en fait une magnifique réflexion sur le pouvoir, l’avidité et cet étrange phénomène psychologique qui fait que les gens les plus riches ne semblent plus être capable de trouver satisfaction, sauf en torturant les autres. Complexe, fine, s’améliorant d’année en année et brillamment interprétée par un groupe d’acteurs qui méritent tous les éloges, on vous recommande chaudement cette série, qui vous entraînera dans un monde inaccessible, et pourtant tellement familier.

Crédits: Showtime / Canal +

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