Critiques

NOCES ROUGES (Critique Mini-Série) Ne pas quitter le banquet avant la fin du bal…

SYNOPSIS: En Provence, l’humeur est à la fête : Sandra, la fille d’une restauratrice renommée, se marie. À cette occasion, Alice est de retour après quatre années d’absence. Mais la joie des retrouvailles est de courte durée : quelques heures après la cérémonie, la mariée est retrouvée morte en bas d’une falaise. Or ce qui ressemble de prime abord à un suicide pourrait bien être un meurtre. Vincent, un proche de la famille, commence alors à enquêter et, en soulevant le rideau des apparences, tombe sur de bien sombres secrets de famille…

Au cœur des années 90 et 2000 lorsque les sagas de l’été connurent leur heure de gloire, leur diffusion était concomitante à leur appellation. Le genre était quelque peut tombé en désuétude avant de connaitre depuis quelques années un retour en grâce, bien aidé par les succès récents de fictions comme La Vengeance au yeux clairs, Le Tueur du Lac ou Innocente et à la notable exception que ces séries sont désormais le plus souvent diffusées à l’automne. Nouvelle habitude de programmation mais quelque part peu importe tant que les ingrédients auxquels le public est accro sont présents et avec Noces Rouges France 3 propose un programme hybride entre la saga familiale type Les Cœurs Brûlés (1992) et la série à suspense comme Le Mystère du Lac (2015), des relations familiales conflictuelles au sein d’un drame qui va mettre chacun des personnages face à  sa  conscience, à ses doutes et à ses choix. En commun avec Le Mystère du Lac, les auteurs Jeanne Le Guillou et Bruno Dega qui possèdent une vraie patte et un vrai talent pour écrire de la fiction populaire en y greffant des enjeux dramatiques forts et prenants. Car si Noces Rouges n’est pas une révolution pour le genre, son efficacité, la malignité de son intrigue, l’enchainement de ses rebondissements, son rythme qui ne connait pas de temps mort en font une mini-série extrêmement réussie.

Évidemment si tout ce qui précède découle de la qualité de l’écriture, il fallait une mise en scène qui sache illustrer le propos tout en restant suffisamment à  distance pour ne pas phagocyter l’attention des téléspectateurs.  Marwen Abdallah s’acquitte de la tâche avec le talent et l’humilité qui caractérise les techniciens chevronnés. Bien aidé par les magnifiques paysages provençaux mis en valeurs par une belle photographie, la série séduit, son tempo, ses fausses pistes et ses mystères achevant de nous faire agripper l’accoudoir de notre fauteuil. Avec Noces Rouges on ne boude pas son plaisir bien au contraire quand bien même certains pans de la narration paraissent par trop anecdotiques et que, pour qui est un tant soit peu habitué à ce type de séries, on voit arriver certains rebondissements en avance. Mais c’est aussi le plaisir de ces sagas on l’a dit, que d’apporter au téléspectateur ce qu’il attend.

Et ce qu’il attend c’est aussi une distribution de premier ordre, des actrices et des acteurs qu’il connait et qu’il prend plaisir à retrouver empêtrées dans de nouvelles problématiques. La production de Noces Rouges (Florence Dormoy pour une coproduction Scarlett Production et 13 Productions) a mis les petits plats dans les grands et a réuni une troupe formidable. Emmenée par Alexia Barlier (Falco, La Forêt...) qui n’en finit pas de démontrer quelle brillante actrice elle est, on  retrouve Cristiana Reali (plus de 20 ans après Terre Indigo avec un personnage trouble et dense qu’elle interprète avec gourmandise), Lannick Gautry (dans le même type de personnage que dans Le Mystère et Le Tueur du Lac mais qui tient parfaitement sa place), la troublante et nature Joyce Bibring Alexandra Vandernoot, grande habituée des sagas (Tramontane, Le Bleu de l’Océan, Innocente), le toujours excellent Stéphane Freiss et l’impeccable Patrick Catalifo, voix de velours et au jeu impeccable de justesse. Autour d’eux ça ne démérite pas non plus, Constance Labbé, Claire-Lise Lecerf, David Baïot, Sophie de La Rochefoucauld, Selma Kouchy s’avérant à la hauteur de leurs prestigieux partenaires quand bien même leurs partitions semblent parfois avoir pâties du format de 6 épisodes et que c’est au chausse-pied que certains tentent de se singulariser. Si l’on voulait pinailler c’est l’un des reproches que l’on pourrait adresser à Noces Rouges,  cette sensation de vouloir en faire presque trop dans un temps trop court mais c’est souvent un souci récurrent de ce genre de saga. Quoi qu’il en soit, on est tellement emportés par ces destins  qui se fracassent, par ces vies prises dans la tourmente, par ce bouillonnement des  sentiments, que l’on suit tout cela le cœur battant jusqu’à – détail majeur et primordial-, la conclusion qui parvient miraculeusement à être inattendue. On ne peut que vous conseiller d’assister à la noce et de ne pas quitter le banquet avant la fin du bal. 

Crédits: France 3 / Scarlett Production et 13 Productions)

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