Critiques Cinéma

LES GRANDS ESPRITS (Critique)

SYNOPSIS: François Foucault, la quarantaine est professeur agrégé de lettres au lycée Henri IV, à Paris. Une suite d’évènements le force à accepter une mutation d’un an dans un collège de banlieue classé REP +. Il redoute le pire. A juste titre. 

Les films se déroulant autour du milieu scolaire sont presque un genre à part entière dont se sont emparés  certains metteurs en scène français sans avoir toujours réussi parfaitement l’exercice souvent par manquee de subtilité et de dosage. Le Maître d’Ecole de Claude Berri, A toute Épreuve d’Antoine Bloissier, Le Plus beau métier du monde de Gérard Lauzier, Entre les murs de Laurent Cantet notamment, le spectre est tout aussi large que le traitement qui lui est apposé, soit pour coller à ces exemples  de la peinture tendre, de l’aspect BD, de la comédie loufoque ou de l’ultra réalisme. Avec ce premier long métrage, Olivier Ayache-Vidal s’est attaché à privilégier ce dernier aspect. Fort heureusement il ne va pas jusqu’à verser dans le documentaire et ses choix narratifs font qu’il conserve une approche résolument populaire. Avec Les Grands Esprits voici un film qui s’adresse à tous les publics sans asséner un message de façon didactique et caricaturale grâce à un metteur en scène qui parvient toujours à trouver le juste équilibre qui fait que le film ne tombe jamais dans le pathos ou l’humour facile alors même que les conditions pouvaient s’y prêter.

Les Grands Esprits et ce n’est pas sa moindre qualité, séduit par sa tendresse intrinsèque ainsi que par le réalisme qui l’enrobe. Ce serait déjà bien si le film n’arborait que cela comme qualités mais il est aussi doté d’une fluidité et d’un rythme qui ne déméritent pas faisant que l’on ne s’ennuie pas un seul instant. Si le film n’est pas forcément drôle car il n’est pas une comédie, le sous-texte au caractère social affirmé n’appesantit pas le récit. En choisissant d’avoir recours à de vrais élèves, le réalisateur privilégie le naturel ce qui donne au film cette touche criante de vérité que le naturalisme apporte à l’ensemble. Mais Les Grands Esprits n’est pas une charge sur le système éducatif bien qu’il pointe du doigt certains dysfonctionnements comme l’échec scolaire, corolaire des milieux en difficulté et de ces enfants trop vite laissés pour compte par un système qui évite le mélange des genres et préfère privilégier les élites. Le film a pourtant le bon goût de ne pas verser dans le pessimisme ou le misérabilisme à tout crin et c’est en optant pour l’optimisme, l’espoir et un effort des éducateurs envers les élèves et non le contraire que penche Olivier Ayache-Vidal. Son histoire est à la fois humaine et touchante et toutes proportions gardées, on songe par moments au Professeur Keating (Robin Williams) qui intéresse ses élèves à la poésie par le biais de leçons iconoclastes dans Le Cercle des Poètes Disparus de Peter Weir. L’important n’étant pas tant ce qu’on apprend que la manière dont cela nous est inculqué.

Évidemment certains ne se priveront pas de  pointer d’un doigt accusateur la bienveillance du traitement, voire de critiquer le fait d’édulcorer un sujet difficile et pourtant ce qui pourrait donner au film un côté guimauve trop prononcé est souvent juste effleuré. On ne tombe donc pas dans des travers qui auraient nui au propos général même si oui, il y a parfois un peut trop de bons sentiments et que la violence ou des problématiques sociétales comme le racket ou les menaces et les intimidations dont peuvent être victimes les professeurs sont un peu trop absentes du propos. Le vrai sujet est lui, traité frontalement, sans artifices et avec une belle énergie et cette histoire sur un prof parachuté en dehors de son environnement naturel et qui va devoir faire appel à son humanité pour que ses méthodes éducatives soient assimilées par ses élèves est particulièrement bien écrite. Où comment, quand de grands esprits se croisent ils peuvent réciproquement s’élever. C’est le génial Denis Podalydès qui interprète ce prof sévère et inflexible qui va devoir faire sa mue. Le comédien excelle dans la subtilité et les nuances de son jeu et la gourmandise dont il fait preuve est réellement délicieuse. Cet homme qui, au contact avec ces élèves va trouver un sens à un métier qu’il exerçait de façon mécanique est vraiment un beau personnage. Face à lui, le jeune Abdoulaye Diallo est une graine de star, d’un naturel bluffant. Il ressort du lot car c’est son histoire qui prend le pas sur la photo de classe, mais aucun des jeunes interprètes amateurs ne démérite dans ce film pétillant, un brin naïf peut-être mais qui s’assume comme tel, sans faire une thèse d’un sujet à priori brûlant. Tendre et réaliste la patte d’Olivier Ayache-Vidal fait que lorsque Les Grands Esprits se rencontrent ils s’élèvent réciproquement et ça donne au final un très joli film!

Titre Original: LES GRANDS ESPRITS

Réalisé par: Olivier Ayache-Vidal

Casting: Denis Podalydès, Léa Drucker, Zineb Triki

Genre: Comédie dramatique

Sortie le: 13 septembre 2017

Distribué par: Bac Films

TRÈS BIEN

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s