Critiques

THE INNOCENTS (Critique Saison 1 Épisodes 1X01 – 1X03) C’est très joli à regarder, mais ça manque de conviction…

SYNOPSIS: Lorsque deux adolescents, Harry et June, fuient leurs familles pour être ensemble, leur fuite est entravée par une découverte extraordinaire – la capacité de June à se métamorphoser. Alors que le jeune couple lutte pour contrôler cet étrange et nouveau pouvoir, un mystérieux professeur révèle que June n’est pas seule : de nombreuses personnes sont capables de se transformer comme elle, et il lui promet de la guérir et de la réunir avec sa mère qui a déserté depuis 3 ans. Mais alors que leur aventure devient de plus en plus dangereuse, l’amour que les deux adolescents se portent est mis à rude épreuve et ils se retrouvent confrontés à un choix : maintenir leur rêve innocent vivant ou accepter que leur vie change et ainsi tout risquer.

Netflix poursuit sur sa lancée de domination mondiale via productions européennes. La plateforme de streaming américaine, peu familière avec les courants culturels de notre bonne vieille Europe, avance un peu à l’aveugle dans sa mission, ce qui explique les résultats extrêmement hétéroclites de ces dernières années: entre le très médiocre Marseille, le soporifique Atelier, l’excellent Les Filles du Téléphone et le phénoménal Dark, mais ça n’empêche pas le N rouge de mettre un pied devant l’autre, investissant deux milliards de dollars dans les productions européennes, envoyant deux de leur meilleurs cadres, Kate Townsend et Diego Buñuel à Londres pour superviser un nouvelle division, et prenant ses quartiers à Madrid (en partenariat avec le groupe Secuoya, pour ceux que ça intéresse) en Septembre 2018. Bref, ça bouge du côté Est de l’Atlantique, et voilà qu’arrivent sur nos écrans huit épisodes d’une série jeune adulte surnaturelle, parfaitement en ligne avec la vision de Netflix et qui rappelle quelque peu l’univers pluvieux de Twilight (mais sans vampires qui scintillent). Créée par le duo Hania Elkington-Simon Duric, The Innocents nous entraîne entre la Norvège et la campagne anglaise, suivant deux adolescents en rébellion contre l’autorité de leurs parents et complètement dépassés par ce qui leur arrive.

Harry (Percelle Ascott) et June (Sorcha Groundsell) sont jeunes, naïfs, éperdument amoureux l’un de l’autre, et à l’instar de Roméo et Juliette, séparés par leurs familles respectives, non pas à cause d’une haine ancestrale, mais parce que la vie n’est pas toujours rose. Harry se doit d’aider sa mère Christine (Nadine Marshall) à s’occuper de la maison et de son père, qui a besoin d’énormément de soutien. Du côté de June, elle vit avec Ryan (Arthur Hughes), son frère agoraphobe, et son père John (Sam Hazeldine), un homme extrêmement strict, ultra-protecteur et pas franchement loquace, surtout quand il s’agit de parler de la disparition de sa femme. John a décidé qu’au jour de son seizième anniversaire, June allait tout quitter pour partir très loin, un endroit mystérieux où elle sera “en sécurité”. Horrifiée à l’idée de ne plus se voir, Harry et June décident de s’enfuir, mais une rencontre au détour d’une route obscure va changer la donne. Entrent en scène Steinar (Jóhannes Haukur Johannesson) et Alf (Trond Fausa) deux hommes qui disent être envoyés par la mère de June mais qui n’hésitent pas à user de force quand ils en sentent le besoin. Il se trouve que beaucoup, beaucoup de monde s’intéresse à l’adolescente, et pas pour les raisons malsaines habituelles qui font que les hommes adultes tournent autour des jeunes filles de seize ans ; June possède un don particulier qui va tout changer. Littéralement. Et pour couronner le tout, un mystérieux bonhomme à lunettes du nom d’Halvorson (Guy Pearce) semble savoir de quoi il retourne, mais ne donne pas beaucoup d’éléments de réponse, et se lance dans une longue série d’expériences en tout genre pour en découvrir plus sur le don en question. Tout ça est aussi étrange que bizarre et nos deux amoureux vont avoir bien du mal à faire face à tout ce qui les attend…

Visuellement, la série ne prend pas trop de risques : long plan langoureux de la nature verte et humide, une photographie assez grisâtre et une vraie recherche de l’image “naturelle” pour faire contrepoids au magique. Le choix de la musique, composée par Carly Paradis, à mi-chemin entre la pop acoustique qu’on connaît bien et des accents un peu plus folkloriques et traditionnels, divisera sans doute les téléspectateurs entre ceux qui adoreront et ceux à qui la bande sonore donnera de l’urticaire. On sent comme un manque de fermeté quant à ce qui constitue l’univers et l’atmosphère de la série : c’est très joli à regarder, mais ça manque de conviction sur certains points, notamment le fait que tous les acteurs ne semblent pas faire partie de la même histoire : certains sont dans un thriller, d’autres dans un polar, et d’autres encore dans un film indépendant qui ferait rêver le festival de Sundance. Un fait qui s’estompe quelque peu après le pilote, mais qui résonne trop longtemps pour vraiment happer le téléspectateur dans ce monde étrange. Cependant, la série tient deux énormes atouts avec la double révélation de Percelle Ascott et Sorcha Groundsell, deux jeunes acteurs qui dégagent une telle aura d’innocence qu’on ne peut que se ranger de leur côté, et espérer, de tout notre cœur qu’ils s’en sortiront. Un bon moyen d’échapper aux restes de canicule estivale et de préparer la rentrée scolaire.

Crédits : Netflix

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