Critiques Cinéma

EQUALIZER 2 (Critique)

SYNOPSIS: Robert McCall continue de servir la justice au nom des exploités et des opprimés. Mais jusqu’où est-il prêt à aller lorsque cela touche quelqu’un qu’il aime ? 

Le tandem Antoine Fuqua – Denzel Washington c’est une affaire qui roule. Depuis 2001 et le tonitruant Training Day, les deux hommes se sont retrouvés à trois reprises (Equalizer, 2014, Les Sept Mercenaires, 2016 et Equalizer 2 cette année). Des retours réguliers couronnés par de substantiels succès commerciaux mais, avec Equalizer 2, ils s’attellent pour la première fois à une suite. La formule s’y prêtait forcément, le personnage de Robert McCall étant à l’origine le héros d’une série télé à succès (1985-1989) avec Edward Woodward dans le rôle principal. Toujours écrit par Richard Wenk (Le flingueur, Expendables 2) Equalizer 2 reprend peu ou prou le postulat de départ du premier film si ce n’est que McCall n’est plus manutentionnaire dans un supermarché spécialisé dans le bricolage, mais est devenu chauffeur VTC, ce qui lui permet d’observer un large spectre de la souffrance humaine et, quand, celle-ci est trop insupportable à ses yeux, d’apporter secrètement son assistance pour atténuer des situations complexes à des âmes en détresse. Le début du film est à ce titre particulièrement intriguant. Passée une scène pré-générique qui nous montre un McCall en « mission » faisant violemment justice, le récit enchaine plusieurs séquences anecdotiques nous montrant le héros vertueux rétablir avec poigne des situations intolérables. Un enchainement qui fait s’interroger sur les motivations du scénariste et sur ce qu’il veut vraiment nous raconter. Les fils narratifs par trop déliés finissent pourtant par se resserrer jusqu’au nerf de l’intrigue où McCall que l’on aura vu se préparer à affronter le pire va peu à peu être amené à se faire vengeance. Et il ne va pas y aller avec le dos de la cuillère.

Denzel Washington, 63 ans au compteur s’inscrit dans le sillage d’un Liam Neeson avec le personnage de McCall, ancien agent du gouvernement dont la science pour le combat rapproché et l’assassinat au sens large en fait un justicier ô combien efficace. Mais c’est le portrait en creux de cet homme garant de la tranquillité de sa résidence, lecteur assidu de classiques de la littérature, méticuleux et protecteur d’un jeune garçon à la lisière de basculer du mauvais côté, qui s’avère plutôt intéressant ici. La psychologie du personnage et ses motivations sont développées. McCall, qui a la haine pour l’injustice chevillée au cœur est la figure archétypale d’un héros en quête de rédemption. Des pans de son passé sont dévoilés et parachèvent son portrait présenté seulement par petites touches dans le premier volet. Le film passe par des chemins de traverse un peu tortueux pour trouver son équilibre et son intrigue, qui part dans plusieurs directions à la fois, ne nous perd pas, uniquement parce que l’empathie que l’on éprouve pour McCall nous conforte dans l’idée que les choses vont finir par faire sens. Entretemps, le rythme sinusoïdal (déjà l’une des faiblesses du premier opus) trouve quelques points d’encrage qui nous permettent de rester accrochés malgré tout et le film s’avère être un mélange hybride entre la vision d’une société solidaire, la transmission de valeurs et de savoir et une violence brute, sèche et brutale qui explose à intervalles réguliers dans un concert de craquements d’os et de chorégraphies spectaculaires.

Formellement, Antoine Fuqua  parvient à concilier à la fois les qualités visuelles des Sept Mercenaires et la virtuosité technique d’Equalizer et retrouve même parfois la densité et la tension de Training Day. Ses scènes d’action sont shootées sans sur-découpage extrême, la photo signée Oliver Wood est une merveille tandis que Fuqua parvient à instiller une tension permanente qui maintient le spectateur sous pression. Les séquences violentes sont extrêmement brutales et réalistes, jaillissant sans prévenir et démontrant un réel savoir-faire des techniciens pour l’entreprise. Le film est dans ces moments-là l’équivalent des meilleurs actionners de 90’s et à l’instar d’un film comme The Passenger s’il est bien de son époque il est également empreint d’une certaine nostalgie conférant à l’ensemble un charme à la fois suranné et jubilatoire. Il n’est pas question de révolutionner quoi que ce soit ici, ni même de faire des arabesques avec la caméra, mais avec Equalizer 2, Denzel Washington et Antoine Fuqua continuent de forger un destin à leur héros. Si le film manque parfois de subtilité et est tout entier au service de sa star dont le charisme ne se dément pas avec le temps, si les antagonistes ou les seconds rôles (Melissa Leo, Pedro Pascal, Bill Pullman…) n’ont pas la possibilité d’user de tous leurs talents pour élever le film au-dessus de son statut de série B, Equalizer 2 est un thriller stylisé nerveux sec et brutal qui laisse infuser sa violence dans une atmosphère balisée et anecdotique avant de la faire jaillir par à-coups réjouissants. McCall him by his name.

Titre Original: THE EQUALIZER 2

Réalisé par: Antoine Fuqua

Casting: Denzel Washington, Pedro Pascal, Melissa Leo

Genre: Action, Drame

Sortie le: 15 août 2018

Distribué par: Sony Pictures Releasing France

TRÈS BIEN

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