Critiques

ALEXA ET KATIE (Critique Saison 1) Une version américano-aseptisée de la cellule familiale…

SYNOPSIS: Deux meilleures amies, Alexa et Katie, débutent avec joie leur première année de fac. Mais un évènement va les éloigner de plus en plus …

Netflix fait beaucoup d’efforts pour entrer dans la cour des sitcoms : parce que ce n’est pas tout quand on est un géant du streaming mondial, que de faire compétition avec les grandes chaînes de télévision et les festivals de cinéma, il faut aussi, si on veut vraiment asseoir sa domination mondiale, séduire la jeune génération. Vaste programme, car il s’agit d’un domaine sur lequel Disney règne en maître depuis plus d’un demi-siècle. Qu’à cela ne tienne, Netflix a les moyens (certains diraient même la démesure nécessaire), et c’est ainsi que débarque sur nos écrans la sitcom adolescente sur les déboires de deux meilleures amies qui font leur entrée au lycée ensemble. Le petit truc en plus? Ah oui, l’une des deux souffre d’un cancer, une forme de leucémie au taux de survie très élevé, une décision prise de concert par les responsables de Netflix et la créatrice Heather Wordham (Hannah Montana), parce que si l’on voulait une série avec un peu de profondeur, il ne fallait quand même pas trop plomber l’ambiance. Nous voilà donc avec une sitcom ultra-classique, tournée sur une scène sonore avec trois caméras, dans la grande tradition des séries Disney… mais sur Netflix.

Alexa (Paris Berelc, la Skylar de LabRats) et Katie (Isabel May dans son tout premier rôle à la télévision) se connaissent depuis toujours: leurs mères sont très proches, elles ont grandi à un jet de pierre l’une de l’autre et elles sont inséparables depuis le berceau. Alors quand la famille d’Alexa apprend qu’elle souffre d’un cancer, Katie jure solennellement d’être là pour sa sœur de cœur. Une décision qui ravit tout autant sa mère Jennifer (Jolie Jenkins) que les parents d’Alexa: Lori (Tiffany Thiessen) et Dave (Eddie Shin). En orbite de ce petit noyau se trouvent les frères, celui de Katie, Jack (Finn Carr), encore petit, et celui d’Alexa, Lucas (Emery Kelly) lui aussi en proie aux affres de l’adolescence, surtout celles qui ont à voir avec sa coupe de cheveux. Une galerie de personnage basée davantage sur des archétypes que par le besoin d’écrire une histoire qui sort du lot, en dépit de la présence d’un couple biracial et de deux enfants métisses dans des rôles principaux (un fait malheureusement encore trop rare à la télévision). La série s’enlise vite dans un classicisme à mourir d’ennui, avec des blagues qui tombent à plat et une structure qui sent un peu le réchauffé, entre l’épisode sur “la rentrée”, “Thanksgiving” et “la photo de classe”, catalyse d’un énième point de conflit sur l’importance de l’apparence des jeunes filles, et on a un peu l’impression de patauger dans une sorte de soupe « sitcomesque » aux relents insipides qui rappellent vaguement les séries de notre enfance. Côté bonne surprise cependant, on pourra s’émerveiller de la très belle synergie entre Berelc et May, qui fait que l’on croit à leur amitié, au lien qui les lie, et qui par là-même justifie toutes les péripéties plus ou moins abracadabrantes qui s’ensuivent. Berelc a été à l’école Disney, et s’impose immédiatement comme la meilleure actrice de la série tandis que May manque quelque peu d’expérience, mais elle joue avec beaucoup de naturel et un sens de l’humour indéniable. Une alchimie qui visiblement plait aux spectateurs, puisque Netflix a annoncé le 9 avril qu’il renouvelait la série pour une deuxième saison.

Alexa & Katie a beau être une série pour les plus jeunes, on se demande si une génération qui a grandi avec Internet se reconnaîtra dans cette version américano-aseptisée de la cellule familiale. Quelques concessions tout de même: la mère de Katie est célibataire et divorcée et Alexa est l’athlète de la famille. Au-delà, c’est un peu la même tambouille qu’on recycle, et même si certains trouveront que la série possède un charme réconfortant, d’autres bailleront à s’en décrocher la mâchoire pour se tourner vers Black-Ish, Modern Family, Fresh Off The Boat et les dizaines d’autres séries du même genre. Bref, un effort tout à fait honorable de la part de Netflix, mais ce dernier a encore du chemin à faire.

Crédits: Netflix

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