Critiques

GLOW (Critique Saison 2 Episodes 2×01- 2×04) Entre la comédie pure et la critique des mœurs…

SYNOPSIS: Dans la saison 2, les catcheuses de Glow deviennent de vraies célébrités locales et doivent alors apprendre à vivre avec les bons et mauvais côtés de leur nouvelle renommée. Alors que Ruth et Debbie s’habituent jour après jour à travailler ensemble pour leur émission, leur amitié se retrouve une nouvelle fois confrontée à des conflits persistants. Sam est toujours Sam, mais il a désormais une jeune adolescente à sa charge et 20 épisodes à tourner. La lutte est plus dure, les enjeux sont plus importants, et même les cheveux sont plus volumineux. 

C’était l’une des très, très bonnes surprises de l’année 2017. Portée par un casting au top (Marc Maron, Alison Brie, Betty Gilpin), la série de Carly Mensch et Liz Flahive, qui ont également travaillé sur le scénario de Captain Marvel soit dit en passant, avait soulevé une vague d’enthousiasme parmi les téléspectateurs. Netflix n’a pas l’habitude de publier ses chiffres, mais vu le déluge de critiques dithyrambiques sur les réseaux sociaux et la vitesse à laquelle la plate-forme de streaming a renouvelé la série seulement deux semaines après son arrivée sur nos écrans, il semble bien que les Gorgeous Ladies Of Wrestling et leur ambiance pleine de fard à paupière multicolore et de justaucorps fushia, aient trouvé leur public.

Pas facile de monter une série télévisée hebdomadaire ! Sam Sylvia (Marc Maron) en est bien conscient. D’autant qu’entre les exigences des producteurs, les idées créatives de Ruth (Alison Brie), la présence de Debbie (Betty Gilpin), qui, étant la star de la série, n’a pas du tout l’intention de se laisser exploiter sans rien dire, et l’arrivée de Yolanda (Shakira Barrera), la nouvelle actrice accueillie plutôt froidement par les autres membres de la distribution, le réalisateur grincheux a de quoi occuper ses journées. Si le principe de départ reste assez similaire à la saison précédente (un match de catch par semaine, sauf que cette fois, il est diffusé à la télé), les enjeux sont montés d’un cran et la série prend un peu plus le temps de se pencher sur les personnages qu’elle avait délaissé auparavant. Parce que si GLOW assume avec panache son étiquette de série féministe, elle glissait aussi dangereusement du côté de l’exclusion, surtout en ce qui concerne celles qui ne sont pas blanches. Arthie Premkumar (Sunita Mani) enfilait un costume de terroriste, Tammé Dawson (Kia Stevens) celui de la femme noire pauvre vivant aux dépens du gouvernement et Jenny Chey (Ellen Wong), celui de samouraï. Autant de stéréotypes racistes qui certes, ont été soigneusement choisis pour souligner à quel point des années 80 manquaient de sensibilité question représentation, mais qui malheureusement, étaient incorporés dans des histoires ne possédant pas le même degré de nuance et de profondeur que les autres. On pense par exemple au parcours de Sheila La Louve (Gayle Rankin) ou les aléas de l’amitié entre Ruth et Debbie, deux fils narratifs plus développés que la trajectoire d’Arthie, pourtant victime de violentes réactions racistes. Heureusement pour nous, la série profite de cette deuxième saison pour essayer de redresser le cap et d’offrir à toutes une chance de raconter leur histoire sincèrement (sur ce point-là, le deuxième épisode est d’ailleurs particulièrement poignant).

Malgré ses défauts, la grande force de la série repose toujours sur la qualité du script : extrêmement bien structuré, avec un point de vue, un ton qui balance élégamment entre la comédie pure et la critique des mœurs, des dialogues ciselés et un certaine méta-sensibilité qui se moque gentiment du monde de la télévision et de son ego démesuré. Les actrices sont, comme toujours, au top, et on les sent plus détendues à l’écran, plus à l’aise dans leurs rôles et leurs scènes, notamment sur le ring, où elles se risquent même à quelques enchaînements plus compliqués que l’année dernière. On mentionnera également le travail de Marc Maron, qui interprète Sam, toujours aussi délicieusement énervé par tout ce qui l’entoure, et l’enthousiasme communicatif de Bash (Chris Lowell), le commentateur à la coupe de cheveux rebondissante. La série se développe à un rythme soutenu dans le joyeux capharnaüm bigarré qui entoure le ring, faisant contrepoids aux scènes plus intimes qui se déroulent en privé. Chapeau bas à Carly Mensch et Liz Flahive (et leur équipe) qui ont trouvé le moyen de propulser leur histoire en avant, permettant à leurs personnages de prendre leur essor tout en restant fidèle à l’esthétique et à l’univers d’origine. Une excellente façon de commencer l’été.

Crédits : Netflix

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s