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DEAR WHITE PEOPLE (Critique Saison 2) Un mélange explosif de subtilité et de férocité …

SYNOPSIS: Le prestigieux campus universitaire de Winchester, en proie aux rivalités, aux amours et aux crises identitaires, fait face à une nouvelle révolution. Animatrice d’une émission de radio qui suscite la polémique au sein de l’école, Sam White dénonce les injustices.

Retrouvez la critique de la saison 1 ici

Dear White People est une série extrêmement intelligente, très fine dans son approche du commentaire social, mais tellement spécifique qu’elle a du mal à s’exporter. Difficile pour beaucoup de téléspectateurs qui n’ont pas connu l’univers très particulier des grandes universités américaines de se reconnaître dans la peau de ces jeunes qui confrontent le racisme systématique d’une institution censée développer les esprits de ses étudiants. Créée par Justin Simiens, la série est une adaptation de son film éponyme, sorti en 2014, et qui avait déjà fait parler de lui à l’époque. Les tensions raciales aux États-Unis sont loin d’être à prendre à la légère, surtout en ces temps incertains où le débat sur les politiques d’identités fait rage. Ça n’est peut-être pas une coïncidence que la série ait fait si peu de bruit en France (où on est un peu en retard sur le sujet), mais c’est justement l’occasion, alors que la saison deux débarque sur Netflix, de se plonger dans la discussion et voir un peu de quoi il retourne, en écoutant la voix de Samantha White (Logan Browning) qui résonne dans les couloirs de l’université Winchester, (un amalgame d’Harvard et Yale), tentant désespérément de se faire entendre par-dessus le brouhaha du racisme ordinaire.

Vous aimerez :

L’intelligence du débat. Rien de plus actuel que les problèmes raciaux en ces temps de globalisation, surtout aux États-Unis, où les séquelles de l’esclavage sont encore douloureuses et la lutte pour les droits civils loin d’être terminée. Dear White People touche à des tas de sujets qui s’inscrivent dans la lignée du racisme ordinaire, de la micro-agression à la menace de mort, avec une finesse qui fait honneur aux scénaristes. Un vrai propos, qui vient du cœur, et qui n’a pas d’autre but que celui de faire réfléchir le spectateur sur la condition humaine.

L’humour. C’est la marque de fabrique de la série : un mélange explosif de subtilité et de férocité qui fait mouche à chaque fois. On aborde des sujets ultra-problématiques comme le “black face”, l’utilisation du fameux “n word” et le danger des assomptions, mais avec adresse et discernement, pour un résultat des plus jouissifs.

La distribution au top. Marque Richardson (qui joue Reggie Green), DeRon Horton (Lionel Higgins) Ashley Blaine Featherson (Joelle), autant de noms inconnus appartenant à des acteurs de première classe. Ils sortent, pour ainsi dire, de nulle part (Horton avait deux épisodes de séries et quelques court-métrages à son actif avant de décrocher le rôle de Lionel), et ils sont incroyables. Puis soyons honnête, ça fait du bien un peu plus de représentation dans ce paysage télévisé parfois trop monochrome.

Vous n’aimerez peut-être pas :

Le ton. Ultra-didactique, avec une pointe de sarcasme qui frise parfois la condescendance, et certains se trouveront sans doute un peu irrités par la tournure “éducative” des voix off. L’intrigue se déroule au cœur d’un centre d’éducation extrêmement privilégié et il est facile de ressentir un peu d’amertume en se voyant traité comme l’un des étudiants, et voir son ignorance exhumée sur l’écran. Pourtant c’est là que repose toute la thématique et si l’on sait accepter son côté quelque peu moralisateur, la série se révèle délicieusement piquante.

Logan Browning. L’actrice qui joue Sam est d’une beauté remarquable, et sa présence à l’écran est absolument indéniable. Mais elle se présente malheureusement comme le maillon faible de la distribution, placée comme elle l’est au centre d’un ensemble d’acteurs absolument phénoménaux, noyée dans la masse de talent qui l’entoure.

La représentation des Blancs. Elle n’est pas flatteuse. Les Caucasiens n’ont pas le beau rôle dans cette série (ça ne s’appelle pas Dear White People pour rien) et on peut facilement s’insurger de voir toutes ces représentations de personnages, plus ou moins aveugles aux problèmes qui les entourent, ou tellement focalisés sur leurs nombrils qu’ils en viennent à se considérer comme les victimes, comme en témoigne cette scène du troisième épisode de la saison deux, où le personnage de Coco (Antoinette Robertson) se retrouve à expliquer leur privilège à ses camarades blancs. Une série qui demande une certaine largesse d’esprit donc, et il se peut que vous ne soyez pas forcément d’humeur.

Crédits : Netflix

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