Critiques

JORDSKOTT, LA FORÊT DES DISPARUS (Critique Saison 2 Épisodes 2×01 – 2×05) Une ambiance fantasmagorique et hypnotique…

SYNOPSIS: Le thriller suédois revient pour une deuxième saison. De retour à Stockholm, son héroïne, l’inspectrice Eva Thörnblad, est habitée par un mal étrange, le « jordskott ». Elle doit se confronter aux cauchemars de son passé pour élucider une série d’apparitions et de disparitions mystérieuses dans un univers urbain glaçant.

Eva Thörnblad est de retour ! La forêt de Silverhöjd avait écarté ses branches à la fin de la saison un, nous entraînant dans un monde fantastique peuplé d’esprits aquatiques, de figures énigmatiques et de jeunes filles à la chevelure rousse, tous liés, d’une manière ou d’un autre, à la disparition de Joséphine, la fille de notre protagoniste interprétée par Moa Gammel. Pourtant, si le mystère de la forêt s’est éclairci, il est encore loin d’être résolu, et notre policière suédoise préférée n’a pas l’intention d’abandonner son enquête. Le scénariste Henrik Björn reprend les rênes de sa série, épaulé par Daniel di Grado à la réalisation, Pelle Hallert à la photographie et Rasmus Gitz-Johansen au montage. Les magnifiques paysages de la Suède n’ont rien perdu de leur beauté, et le spectateur peut se replonger avec délice dans l’ambiance fantasmagorique et hypnotique de Jordskott : la forêt des Disparus.

Si la série ne perd rien de son atmosphère mystérieuse, cette deuxième saison a un gros avantage sur la première : elle est beaucoup, beaucoup plus dynamique. Puisque le spectateur sait déjà de quoi il s’agit, plus besoin de se gratter la tête et de parsemer les premiers épisodes d’indices suggérant que le monde naturel a ses limites : on peut plonger tête la première dans la mythologie de la série et se laisser emporter par l’intrigue. Les épisodes prennent toujours leur temps et le dialogue est entrecoupé de ces longs silences caractéristiques de la série, mais les enjeux sont plus clairement définis, plus présents à l’esprit de nos personnages et font que les scènes gagnent en vigueur. Eva est beaucoup plus énergique, plus à fleur de peau, plus prompte à commettre des erreurs, ce qui la rend, de façon peut-être paradoxale, extrêmement sympathique et plus intéressante à regarder. On retrouve les visages familiers de Göran Wass (Göran Ragnerstam), Tom Aronsson (Richard Forsgren) et Ida (Mira Gustafsson) la fille de ce dernier. Mais, c’est une loi implicite de la télévision, toute nouvelle saison se doit d’être accompagnée de nouveaux personnages et Jordskott ne faillit pas à la règle. On découvre donc l’agent de police Bahar Holmqvist (Ana Gil de Melo Nascimento), le jeune Kalem (Nuur Adam) qui a l’air d’en savoir plus sur les mystères qui l’entourent que les trois quarts des adultes, et cerise sur le gâteau, on fait également connaissance avec Agneta Thörnblad (Anna Bjelkerud), la mère d’Eva, une femme grincheuse qui cache, elle aussi, son lot de secrets.

Si la saison dernière se concentrait principalement sur les disparitions d’enfants, s’y ajoutent cette saison la réapparition de victimes d’assassinats présumés, des travailleurs illégaux, une forme inconnue de vers de terre et de nombreuses questions sans réponses. Les liens entre la famille d’Eva et les créatures à la fois fabuleuses et menaçantes qui entourent notre protagoniste se resserrent de plus en plus, et s’il est vrai qu’on peut se demander quand exactement, on mettra la main sur la clé de l’énigme, le scénario a généralement assez d’énergie pour qu’on ne s’y attarde pas trop, se débarrassant des aspects qui plombaient la première saison. La série ne se laisse plus embarrasser par l’ombre des séries policières du passé qui ont fait la réputation de la Suède dans ce domaine, et se donne toute licence d’être l’ovni écolo-psycho-horrifique dont son créateur avait toujours rêvé. La structure est plus souple, moins emberlificotée dans un besoin apparent d’avancer pas à pas en respectant tous les panneaux de signalisation ; une stratégie fortement conseillée si vous passez votre permis de conduire, mais qui peut alourdir une intrigue en un rien de temps. Fort heureusement pour nous, il semblerait que Björn et son équipe aient compris la leçon : comme quoi, parfois, c’est plutôt une bonne chose de lâcher du lest et de plonger, sans hésitation, au cœur de l’histoire. Le public suivra toujours !

Crédits: Arte

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