Critiques

JORDSKOTT, LA FORÊT DES DISPARUS (Critique Saison 1) Une intrigue nuancée et mystérieuse…

SYNOPSIS: Une détective revient dans sa ville natale sept ans après la disparition de sa fille, en essayant de trouver une connexion à une affaire en cours. 

Vous vous en êtes sans doute rendu compte, la fiction suédoise est en plein boum. On se souvient de l’engouement provoqué par la trilogie Millenium de Stieg Larsson en 2008, et cet appétit pour tout ce qui vient du Nord, qui aurait pu s’éteindre avec le film The Girl With The Dragon Tattoo (Les Hommes Qui N’aimaient pas les Femmes en français, un titre que les américains avaient jugé un peu trop ambigu pour le grand public) de David Fincher, s’est en fait déplacé vers les vallées verdoyantes de la télévision. Que ce soit avec l’accueil chaleureux réservé à Midnight Sun, la série franco-suédoise de StudioCanal, le remake de Welcome to Sweden sur la chaîne américain NBC, ou l’arrivée sur Arte du sujet de cet article, il semblerait bien que la fiction nordique se porte comme un charme. Produite par Palladium Productions, Jordskott sort tout droit de l’imagination fertile de Henrik Björn, créateur, scénariste-en-chef et réalisateur occasionnel. L’idée lui serait venue des légendes que lui racontait sa grand-mère sur les forces mythiques et autres créatures folkloriques qui vivent dans la forêt. Bien que construite comme une série procédurale tout ce qu’il y a de plus classique, avec une héroïne enquêtrice de police vivant de son mieux avec les séquelles d’une tragédie personnelle comme dans tout polar qui se respecte), Jordskott ne tarde pas cependant à se démarquer des autres séries du genre, en laissant le surnaturel se glisser dans la vie des habitants de Silverhöjd.

Eva Thörnblad (Moa Gammel), négociatrice pour la police de Stockholm ne s’est jamais remise de la disparition de sa fille Joséphine. Selon la police, cette dernière serait tombée dans une rivière et s’y serait noyée, mais la mère croit plutôt à un enlèvement. Sept ans après les faits, la jeune femme retourne dans sa ville natale de Silverhöjd pour y régler la succession de son père Johan (Lars-Erik Berenett), un industriel avec qui elle avait coupé les ponts, quand elle apprend la disparition d’un autre enfant. Persuadée, en dépit de tout, que les deux enlèvements sont liés, Eva décide de reprendre son enquête et fait au passage la connaissance de Göran Wass (Göran Ragnerstam), un original qui vit dans les bois et qui ne croit pas non plus à la thèse de la noyade. Et lorsqu’une étrange jeune fille blonde fait son apparition dans la forêt un soir de brouillard, Eva ne tarde pas à se convaincre que Joséphine est revenue. Il ne faudra que deux épisodes avant que la série ne bascule carrément dans le surnaturel, laissant de côté le rythme des séries policières que l’on connaît si bien, sans pourtant se défaire complètement des codes de ces dernières. On reste dans l’univers de la police, de l’enquête, de la pensée rationnelle jusqu’à un certain point, mais nos personnages sont vite confrontés aux forces mystérieuses de la nature. Le passage d’un genre à l’autre se fait sans anicroche et l’on glisse d’une réalité à l’autre avec une facilité déconcertante, preuve que l’équipe créative sait très bien ce qu’elle fait. Le risque ? Ennuyer les spectateurs qui voulaient de la chasse à l’homme à la façon des grandes séries policières. L’avantage ? L’intrigue de Jordskott se révèle nuancée et mystérieuse, et suffisamment intéressante pour qu’on oublie le rythme apathique des épisodes.

Parce que si la série a des tas de choses pour elles, de la campagne suédoise empreinte de magie et de brouillard, à une héroïne au courage remarquable sous ses airs de blonde hitchcockienne, elle a bien du mal à gérer l’art du crescendo. Si les deux premiers épisodes de la saison un sont plutôt bien équilibrés (quoique lents), les choses se corsent un peu plus vers le milieu de la saison, qui avance par à-coups, parfois très peu satisfaisants. A partir du moment où l’on réalise qu’un élément magique est en jeu, les révélations et coups de théâtre perdent une grande partie de leur impact. Reste une longue balade dans un monde inquiétant et fantastique qui, s’il ne vous collera pas de sueurs froides, vous aura fait voyager le temps de dix épisodes.

Crédits: Arte / Koba Films / Palladium Productions

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