Critiques

IL MIRACOLO (Critique Saison 1 Épisodes 1 & 2) Une série qui n’y va pas de main morte avec la symbolique…

SYNOPSIS: Lors d’une descente dans le repaire d’un chef de la mafia, la police découvre une statuette de la Vierge qui pleure du sang. Mise au secret, analysée, la statuette va mettre chacun des protagonistes, croyant ou non, face à l’inexplicable et bouleverser le cours de sa vie. Créée par Niccolò Ammaniti, une puissante énigme interprétée par Guido Caprino et Alba Rohrwacher.

Les miracles sont l’un des piliers les plus important de la religion catholique : guérison miraculeuse, promenade sur les eaux, résurrection d’un mort, pain qui se multiplie sont quelques-uns des exemples qui prouveraient, selon les textes, l’existence et le pouvoir de Dieu. Oui, mais c’est une chose que de croire à des miracles ayant eu lieu il y a plusieurs centaines d’année, et c’en est une autre que de tomber, lors d’un raid de police sur un des dépôts de la mafia locale, sur une statue de la Vierge qui pleure du sang et qui rend ceux qui la possède complètement fous. Voilà le sujet délicieusement énigmatique de la série Il Miracolo, créée par Niccoló Ammaniti, romancier et scénariste italien, à qui l’on doit notamment le thriller I’m Not Scared. Produite par Sky Pic, Wild Side Films, Kwai et ARTE France, la série se penche sur les ramifications qu’un évènement inexplicable peut avoir sur l’âme humaine, testant la limite entre la foi, le cynisme et la manipulation dans une Italie en proie à une angoisse existentielle face à un référendum sur la sortie de l’Union Européenne. Une œuvre de fiction, certes, mais qui flirte dangereusement avec ce qui pourrait très bientôt devenir réalité.

Fabrizio Pietromarchi (Guido Caprino), le Premier Ministre italien n’en revient pas. Quand la police l’appelle en urgence, le poussant au passage à annuler un dîner à l’ambassade, pour lui faire part d’une nouvelle ahurissante, il n’imagine pas une seule seconde se retrouver face à une statue en plastique de la Vierge Marie, qui verse près de neuf litres de sang par heure. Le sang est mâle, la statue n’a apparemment aucun mécanisme secret lui permettant de pomper du sang humain et il est physiquement impossible, vu sa taille, qu’elle produise une telle quantité de liquide. Que faire ? La foi déplace les montagnes dit-on, mais elle peut aussi créer de sacrés problèmes, surtout en période d’instabilité politique et alors que la chasse aux réponses s’éternise, nos personnages font face à de vrais chamboulements dans leurs vies personnelles. Il y a Marcello (Tommaso Ragno), le prêtre libidineux, Sandra Roversi (Alba Rohrwacher), la biologiste un peu timide, le général Votta de carabinieri (Sergio Albelli) et Sole Pietromarchi (Elena Lietti), l’épouse du Premier Ministre, tous touchés, de près ou de loin par la mystérieuse statue et son pouvoir inexplicable.

Il y a des choses que la série fait très bien : une ambiance solennelle à souhait, une photographie lugubre qui rappelles les coins obscurs des cathédrales et une utilisation intelligente de la musique qui rehausse l’importance de chaque scène sans pour autant noyer la tension. Et puis il y a les choses que la série fait très mal, comme sa gestion du rythme qui se perd en longues pauses entre deux répliques, plans serrés sur les visages impassibles des comédiens et des personnages féminins qui semblent exister principalement pour assouvir les pulsions de ces messieurs. L’intrigue languit douloureusement malgré deux ou trois échanges qui font mouche, sur la foi, le futur et le besoin indéniable qu’a l’humanité de croire au divin et qui, de manière assez regrettable, ne peut pas se targuer d’être aussi divertissante que les romans de Dan Brown. L’américain ne voyait peut-être pas plus loin que le bout de son nez, mais son héros savait, par moments, faire montre d’une certaine autodérision. Ici, point de rigolade ou même d’instants de légèreté, on est au cœur d’une affaire éminemment formelle. Une série qui n’y va pas de main morte avec la symbolique et qui ravira sans doute les férus d’ésotérisme, mais qui en laissera d’autres aussi froids que la statue de la Vierge.

Crédits: Sky, Wildside, ARTE France, Kwaï 

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