Critiques Cinéma

CE QUI NOUS LIE (Critique)

SYNOPSIS: Jean a quitté sa famille et sa Bourgogne natale il y a dix ans pour faire le tour du monde. En apprenant la mort imminente de son père, il revient dans la terre de son enfance. Il retrouve sa sœur, Juliette, et son frère, Jérémie. Leur père meurt juste avant le début des vendanges. En l’espace d’un an, au rythme des saisons qui s’enchaînent, ces trois jeunes adultes vont retrouver ou réinventer leur fraternité, s’épanouissant et mûrissant en même temps que le vin qu’ils fabriquent.

Le retour au cinéma de Cédric Klapisch avec Ce qui nous Lie promettait un film qui s’inscrirait dans la veine humaniste dont le cinéaste s’est fait l’un des plus éminents représentants en France. Si le risque pour le réalisateur de la trilogie des voyages de Xavier (L’Auberge Espagnole, Les Poupées Russes et Casse-Tête Chinois) était de s’enliser dans sa zone de confort, a t-il réussi à s’en extirper et à apporter un nouveau supplément d’âme à une œuvre qui n’en manque déjà pas? Quatre ans après Casse-Tête Chinois et son aventure en tant que directeur artistique de la saison 1 de Dix Pour Cent (dont il avait également réalisé deux épisodes), Cédric Klapisch est de retour aux affaires. Ce qui nous Lie, son douzième film, lui permet tout à la fois de prendre une nouvelle direction tout en restant fidèle à ses sujets de prédilection, toujours aidé au scénario par l’un de ses fidèles, Santiago Amigorena. On retrouve dans Ce qui nous lie sa chaleur humaine, sa propension à créer des personnages qui agissent en miroir pour le spectateur et pour lesquels on éprouve un mélange d’empathie et de tendresse instantané. Dans ce nouveau long métrage, Cédric Klapisch traite non seulement de l’épreuve du deuil, de la manière de surmonter l’absence de ses parents mais aussi de l’affranchissement des rancœurs que l’existence vous a fait accumuler. En abordant des sujets tels que la solidarité familiale mais aussi l’engagement et le besoin de faire front face à l’adversité, le réalisateur trouve le terreau parfait pour que les valeurs qu’il porte en étendard soient représentées à l’écran… Après avoir traité de la quarantaine de Xavier (Romain Duris) dans Casse-Tête Chinois, c’est ici le poids de l’héritage et le chemin sinueux et divergent emprunté par cette fratrie qu’il met en scène avec délicatesse et humanisme.

Si dans son précédent opus Klapish abordait avec sincérité cette période de la vie où devenir parent fait que l’on en vient à s’oublier pour ses enfants parvenant ainsi à s’accomplir totalement, il traite ici de l’adulte retrouvant sa part d’enfant et la puissance de ses racines dans un récit moins alambiqué que celui de Casse-Tête Chinois, mais qui parvient à être léger et grave à la fois, exhalant un parfum doux-amer qui irrigue le film. Comme toujours, le point fort de Klapisch est de parvenir à attraper à la volée des petits riens qui charpentent son histoire, lui confèrent son pouvoir nostalgique, sa capacité à émouvoir et à toucher par le biais d’un échange entre drôlerie et tendresse plein de naturel et qui permet à l’identification de fonctionner à plein. Klapisch parle si bien de chacun d’entre nous par l’intermédiaire de problématiques auxquelles nous sommes tous un jour ou l’autre confrontés, qu’il nous renvoie notre propre image et nous en offre un reflet plein de vérité en nous plongeant au cœur du milieu viticole et dans les vignes.

Sa capacité à s’entourer des interprètes les plus à même de restituer la musique qu’il compose dans un mélange de gravité et de sensibilité n’est toujours pas prise en défaut avec Ce qui nous lie. C’est un trio virtuose qu’il a choisi pour camper cette fratrie dont on ne doute pas un instant des accents de vérité et d’évidence qu’elle transmet. Pio Marmai-Ana Girardot-François Civil, les trois sont au diapason d’un texte et d’une histoire qu’ils servent avec une conviction et une âme qui transpercent le cœur. Pio Marmai parvient à alterner drôlerie et tendresse, dans de touchants éclats d’humanité, Ana Girardot est belle et lumineuse, entre détermination et fragilité et délivre une véritable émotion tandis que François Civil est un mélange de bienveillance et d’hésitation qui transpire d’amour. La complicité entre eux permet la magie et la finesse d’un film qui ne manque ni de densité, ni de corps. Tout n’est pas parfait pour autant. Les personnages secondaires manquent notamment un peu d’épaisseur, mis à part la délicieuse Yamée Couture, très belle révélation que l’on a hâte de revoir et Maria Valverde. Mais les autres, notamment ceux interprétés par les impeccables Karidja Touré et Tewfik Jallab auraient mérité une meilleure mise en valeur. Mis à part ça et le fait que certains stigmatiseront le fait que Klapisch sort trop peu de sa zone de confort, si l’on est touché et ému par les belles histoires familiales qui font battre à tout rompre les cœurs dans les poitrines et si la fluidité du passage du rire aux larmes vous met du baume au cœur, alors Ce qui nous Lie est une chronique chaleureuse, douce et âpre comme le vin et une une balade familière dans la quiétude de l’existence, où il fait bon s’égarer pour mieux se retrouver.

Titre Original: CE QUI NOUS LIE

Réalisé par: Cédric Klapisch

Casting: Pio Marmai, Ana Girardot, François Civil…

Genre: Drame, Comédie

Sortie le : 14 juin 2017

Distribué par: StudioCanal

EXCELLENT

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