Critiques

FOR THE PEOPLE (Critique Saison 1 Épisodes 1×01 – 1×05) Manque de souffle…

SYNOPSIS: Les parcours croisés de jeunes avocats ambitieux qui font leurs débuts au tribunal des quartiers sud de New York, la plus vieille et la plus prestigieuse Cour des Etats-Unis… 

C’est officiel : Shonda Rhimes, la scénariste et productrice américaine qui règne en maître sur les jeudis aux US (grâce à l’énorme campagne #TGIT ou Thank God It’s Thursday qui présente Grey’s Anatomy, Scandal et How To Get Away With Murder à la suite) vient de quitter ABC pour Netflix. La chaîne américaine se voit donc délaissée par son plus grand génie créatif du moment, mais reste en partenariat avec Shondaland, la boîte de production de Rhimes, et l’écurie dont sont sorties nombre de pépites : How to Get Away With Murder bien sûr, mais aussi The Catch, l’adaptation shakespearienne Still Star-Crossed, le spin-off de Grey’s Anatomy, Station 19 et le petit dernier : For The People. Créée par Paul William Davies, qui a fait ses armes sur Scandal, la nouvelle série d’ABC se penche sur la lutte interne et intense qui oppose les Public defenders (avocats commis d’office) aux prosecutors (les procureurs de la République), ou ceux qui défendent le citoyen lambda contre ceux qui défendent l’État. Ça vous paraît un peu assommant comme prémisse ? Vous n’avez pas tort. Pourtant, ce sont bien les affaires judiciaires qui constituent l’aspect le plus intéressant de cette série procédurale ultra-classique.

L’action se déroule à New York, au sein de la Cour Fédérale du District Sud, plus connue sous le nom de “Cour-Mère” et suit l’arrivée de six nouveaux avocats dans ce temple de la justice américaine. D’un côté, il y a les idéalistes : Sandra Bell (l’étoile montante Britt Robertson), Allison Adams (Jasmin Savoy Brown) et Jay Simmons (Wesam Keesh) sous la houlette de Jill Carlan (Hope Davis). Ils se battent pour les petites gens, ceux qui n’ont pas les moyens de payer $600 par heure pour les services d’un avocat, ils ne travaillent ni pour l’argent ni pour la gloire, mais pour la Justice avec une lettre majuscule, celle qui est aveugle et parfaitement impartiale. De l’autre côté, on a les ambitieux, les brillants, ceux qui en veulent, qui ont faim, et pour qui gagner et une question de fierté. Menés à la baguette par Roger Gunn (Ben Shenkman, sans doute l’un des acteurs les plus charismatiques de la série), on découvre Leonard Knox (Regé-Jean Page), le “fils de”, Seth Oliver (Ben Rappaport), le gentil garçon émasculé par sa riche copine et enfin, le cerveau aux aptitudes sociales douteuses : Kate Littlejohn (Susannah Flood). Nos personnages vont donc s’affronter, de procès en procès, et faire de leur mieux pour remporter la victoire. Un système de conflit sans fin donc, qui va avoir de sérieuses conséquences sur leurs vies personnelles, notamment dans le cas d’Allison et Seth, qui sont en couple.

Si les affaires judiciaires qui divisent notre galerie de personnages sont plutôt intéressantes et reflètent moult problèmes sociaux tout à fait d’actualité (l’avocat juif qui se doit de défendre un adepte de la suprématie blanche, les découvertes concernant la santé mentale, les membres du gouvernement qui alertent la presse face aux injustice perpétrées par les institutions), il faut bien avouer que le script manque de punch et – oserait-on le dire – de personnalité. Le différend idéologique de base est bien tracé, et certains épisodes font de vaillants efforts pour démontrer que ces gens qui s’affrontent ne sont peut-être pas aussi dissemblables qu’ils le pensent, mais le tout manque de souffle. On ne se demandait jamais pourquoi les docteurs de Grey’s Anatomy voulaient tellement être en médecine, ou pourquoi les jeunes avocats de How To Get Away With Murder tenaient tant à leurs carrières. Ici en revanche, on en vient à se demander comment ces gamins se sont retrouvés là, et ce qui les poussent à sortir du lit le matin. A l’exception de Kate Littlejohn, interprétée avec beaucoup d’émotions et de délicatesse par une Susannah Flood qui sort carrément du lot, tous ces personnages gravitant autour d’un des plus célèbres tribunaux des États-Unis sont d’une mièvrerie décevante. Ils ont beau nous répéter qu’ils y croient, dur comme fer, à la justice, à ce qu’ils font, au bien de l’humanité, ils tellement bien fades que c’est à se demander qui ils essaient de convaincre : eux ou nous ? A voir si le reste de la saison parvient à solidifier ses personnages et à les rendre un peu plus captivants.

Crédits: ABC / Canal+

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