Cinéfils

Cinéfils (Chronique) #9

Au fil des visionnages ou des revisionnages, réflexions sur le cinéma d’hier, d’aujourd’hui ou de demain

Dimanche 4 mars 2018

Lady Bird

lady bird affiche cliff and co

Lady Bird parvient à être touchant et authentique lors de rares moments, lorsque les personnages doutent, mais en dehors de ça c’est d’une banalité confondante en termes de trame, d’enjeux, de propos, de réalisation. Le vilain petit canard de la sélection des nommés aux Oscars du meilleur film. C’est sûr que Gerwig fait preuve de sincérité dans l’écriture de ses personnages mais Lady Bird n’est jamais transcendant comme on aurait pu l’espérer.

Legend

Manquant peut-être un peu de substance dans le fond, Legend vaut néanmoins le détour pour son univers heroic fantasy original et riche, sa sublime direction artistique, ses images vraiment marquantes et ses superbes monstres (Blix, Melle Meg, Darkness) créés par Rob Bottin. Darkness est peut-être l’un des plus beaux monstres de l’histoire du cinéma : look imposant, regard ténébreux, voix rauque, interprétation de Curry ... tout est parfait dans ce personnage. Ridley Scott emprunte les codes du conte et de la Bible pour un résultat empreint d’optimisme, qui contraste avec le ton nihiliste de ses œuvres les plus contemporaines.

Star Trek, le film

Star Trek a légèrement vieilli mais reste toujours très beau. Il a marqué l’histoire du cinéma avec ses effets spéciaux révolutionnaires créés par Douglas Trumbull et son thème musical mélodieux composé par Jerry Goldsmith. A voir et à revoir !

Mardi 6 mars 2018

Blade Runner

Revu Blade Runner, film transgenre matriciel qui ne vieillit pas et gagne en puissance émotionnelle, en détails (passionnant à étudier en profondeur) et en strates interprétatives à chaque vision. Définitivement un de mes Scott préférés aux côtés de Alien, Legend et Black Hawk Down.

Misery

Bien plus aimé Misery au second visionnage. Je gardais le souvenir mitigé d’un kidnap movie basique dans son déroulement et ses retournements, mais j’ai été bien plus emballé cette fois, notamment par l’angoisse crescendo et le propos nuancé sur le rapport d’un créateur avec ses fans. Il y a aussi une réflexion intéressante mais peut-être pas suffisamment approfondie sur le métier d’auteur, et sur la peur comme moteur possible d’inspiration artistique. Le personnage d’Annie Wilkes, infirmière obsessionnelle (scrupuleuse/minutieuse/rigide) et fanatique (son culte pour le perso fictif de Misery), tantôt touchante, tantôt effrayante, est complexe et délicieusement interprété par Kathy Bates.

Koyaanisqatsi

Découverte du jour, sur grand écran, dans une copie restaurée : Koyaanisqatsi, fusion fascinante entre images à fort pouvoir évocateur et musique hypnotique de Glass pour un résultat politique puissant (propos écologique militant, discours engagé sur les flux et l’industrialisation). Découvrir Koyaanisqatsi amoindrit un peu la portée et la puissance transcendantale de Samsara, même si la démarche n’est pas exactement la même.

Breakfast Club

Revu Breakfast Club, qui tient une place importante dans mon cœur cinéphile. Teen-movie matriciel du genre, à la fois indémodable, drôle, profond et dense. Hughes était sacrément doué pour filmer les adolescents. Ce film fait à la fois un bien fou et rassure, et en même temps inquiète et bouscule, cristallisant toutes les peurs liées au passage de l’adolescence à l’âge adulte. Le film parle avec tact, intelligence et profondeur de la façon dont on se perçoit au lycée, mais aussi de la façon dont les autres nous perçoivent et de « l’image » que l’on peut renvoyer malgré nous. Un personnage use d’insultes homophobes/grossophobes et porte atteinte aux femmes en les menaçant et/ou les violentant. Au départ jugé négativement par ses pairs pour ces comportements, il s’en sort finalement par une pirouette : c’est un ado maltraité par son père. En dehors de ce gros problème, qui l’empêche à mon sens d’être réellement parfait, Breakfast Club reste un modèle d’écriture de personnages (caractérisation/interaction/évolution). John Hughes parvient à brasser extrêmement large en un rien de temps : pulsions, sexualité, violence, lien parents-ados, premiers émois, ostracisme, bullying, pression sociale, amitié, complémentarité, archétypes imposés, séparation-individuation. Au final, Breakfast Club demeure incroyablement stimulant même après moult visionnages. Il revigore et fait pousser des ailes, c’est un film hyper adapté pour dimanche morose.

Mercredi 7 mars 2018

Say Anything est un teen-movie moyen. Parcouru de quelques bonnes idées, d’une écriture globalement plaisante et d’un plan iconique inoubliable mais le portrait générationnel et la réflexion sur l’amour restent trop superficiels et la sous-intrigue de l’arnaque fiscale du père est hors sujet. Dommage que les personnages ne bénéficient pas du même approfondissement. J’aurai aimé moins de temps consacré au père et plus de passages sur les potes de Cusack par exemple. Mais je mentirai si je disais que je n’avais pas aimé : il y a de bons moments et des répliques savoureuses et je vois malgré tout à peu près où Cameron Crowe veut en venir en filmant autant le père : c’est pour mettre le gendre sur un piédestal, qui vient en quelque sorte remplacer le père aux yeux de la fille.

Vendredi 9 mars 2018

Red Sparrow

Situé quelque part entre Alias et La Taupe, Red Sparrow est un thriller d’espionnage malin et captivant, délicatement réalisé et solide au niveau écriture, avec un personnage central fort et un propos bien troussé sur l’utilisation du sexe comme moyen de rébellion contre l’oppression. Le film s’avère très efficace dans la manière de faire monter la tension et de développer des enjeux humains et politiques plus complexes qu’ils n’en ont l’air. Il me faudrait sans doute plus de recul, mais on tient peut-être là le meilleur film de Francis Lawrence à ce jour.

Cinéfils #8 à lire ici

 

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