Critiques Cinéma

LA FÊTE EST FINIE (Critique)

SYNOPSIS: LA FETE EST FINIE, c’est l’histoire d’une renaissance, celle de Céleste et Sihem. Arrivées le même jour dans un centre de désintoxication, elles vont sceller une amitié indestructible. Celle-ci sera autant une force qu’un obstacle lorsque, virées du centre, elles se retrouvent livrées à elles-mêmes, à l’épreuve du monde réel et de ses tentations. Le vrai combat commence alors, celui de l’abstinence et de la liberté, celui vers la vie. 

Il y a dans le premier long métrage de Marie Garel-Weiss un sentiment d’urgence agrémenté de l’énergie du désespoir qui anime ses deux héroïnes, assez bluffant. En racontant le combat de ces jeunes femmes pour se sortir de l’addiction, la cinéaste tisse un récit bouleversant autour de deux âmes perdues à la lisière de lâcher prise mais qui vont trouver dans le regard l’une de l’autre, la force de repartir vers la lumière. Empreint d’authenticité, cette histoire à forte résonance personnelle écrite par la réalisatrice et Salvatore Lista s’articule autour de l’idée maîtresse que plus l’amitié entre Sihem et Céleste s’intensifie plus elle fait office de substitution. Seulement, pour le personnel médical, cette relation fusionnelle s’avère être une nouvelle forme de dépendance qui va inéluctablement les pousser à rechuter. Passant de la rue à l’intégration d’un centre de désintoxication, puis des tentatives de reconstruction en essayant tant bien que mal de résister aux tentations de replonger, jusqu’au retour à une vie « normale », La Fête est finie est un combat de tous les instants, irrigué par les pulsations des cœurs qui battent à l’unisson pour s’en sortir, ce qui lui évite de sombrer dans un misérabilisme qui nous aurait mis peut-être trop à distance.

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La Fête est finie a beau raconter une histoire d’une dureté implacable, la justesse des situations et des dialogues ainsi que la force qui innerve constamment le récit, lui confèrent une vitalité implacable. Autre point fort, son duo central, parfaitement caractérisé dont l’écriture maligne et ciselée de leur relation ne définit jamais clairement leur position l’une vis à vis de l’autre. Sihem sensée être plus âgée et plus mature et Céleste, plus fragile, auraient très vite pu être traitées comme des stéréotypes. Fort heureusement, ce ne sera jamais le cas. Leurs réactions croisées, leurs relations avec leur famille ou leurs interactions vont sans cesse être inattendues et plus complexes qu’elles ne semblaient devoir l’être au premier abord. Parvenant à déjouer les attentes du spectateur, s’avérant tantôt touchant et délicat, le film déploie alors une force intrinsèque qui nous tient attaché du début à la fin à ces deux jeunes femmes.

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Fort heureusement et bien que le film soit extrêmement sombre en se focalisant sur le parcours de ces êtres dépourvus de repères et en plein désarroi, La Fête est finie parvient à éviter le piège du film d’auteur social qui nous plonge dans la déprime la tête la première. En racontant le sursaut et l’envie chevillée au corps de s’en tirer de ses personnages et ce malgré les obstacles qu’elles rencontrent, Marie Garel-Weiss a beau parler d’une réalité sans fard, elle le fait avec pour objectif de montrer le coup de talon que l’on donne par instinct de survie lorsque l’on se retrouve tout au fond. Elle le fait tant et si bien que ses héroïnes se complexifient, celle qui semble tenir venant à vaciller tandis que l’autre, qui ne cesse de trébucher, parvient à se prendre en main. Au delà de la singularité de ses personnages principaux, La Fête est finie est particulièrement éclairant sur les conditions de vie en centre de désintoxication, sur les bienfaits de la thérapie de groupe mais aussi sur les regards portés par ce même groupe lorsque des éléments en sortent pour s’émanciper. Les scènes du groupe de parole ont d’ailleurs l’intelligence de ne pas se focaliser sur le sujet de la toxicomanie mais d’être un espace où chacun raconte ses difficultés relationnelles avec ses proches, ce qui du coup favorise encore plus l’identification.

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Le film avance sur son chemin sans dévier de sa route et on se surprend simplement à regretter que la relation entre Sihem et Céleste ne soit pas encore plus intense qu’elle ne l’est déjà, pour nous faire basculer encore plus dans l’émotion. Malgré tout, en étant très prenant et sensible, La Fête est finie est un écrin magnifique pour deux sublimes étoiles. Zita Hanrot et Clémence Boisnard nous rendent littéralement accros, dévoilant l’une comme l’autre un charisme et une personnalité hors normes. La première confirme un talent ahurissant qui passe d’une gamme à l’autre avec une fluidité et un naturel confondant. Si elle a déjà explosé, la déflagration n’a pas fini d’avoir des retombées. Quant à la seconde, elle est une révélation étourdissante. Drôle et tragique, enfantine et mature, elle démontre une aura phénoménale qui n’est pas sans rappeler l’énergie dévastatrice et solaire d’une Béatrice Dalle à ses débuts. Elles sont le centre névralgique de cette histoire où la dépendance devient affective et qui nous donne largement notre dose de cinéma fort et percutant, qui sait saisir au vol les fulgurances de la vie, même lorsqu’elle est malmenée.

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Titre Original: LA FÊTE EST FINIE

Réalisé par: Marie Garel-Weiss

Casting : Zita Hanrot, Clémence Boisnard, Michel Muller…

Genre: Drame

Sortie le: 28 février 2018

Distribué par: Pyramide Distribution

TRÈS BIEN

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