Critique Blu-Ray

LES COLLINES DE LA TERREUR (Critique Blu-Ray)

3 STARS BIEN

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SYNOPSIS: Au Nouveau Mexique, Chato, un métis indien, abat un shérif qui le provoquait. Une chasse à l’homme va alors s’organiser et tourner au carnage.

Les années 70 dans le sillage des mouvements politiques nés de la guerre du Vietnam virent l’apparition d’une vague de western dits « révisionnistes » qui remettent en cause les clichés établis de la conquête de l’Ouest en particulier en « ré humanisant » les indiens d’Amérique et mettant en évidence les atrocités qu’ils ont subi. Les Collines de la terreur a la réputation d’être un des prototypes de cette branche du  western mais le film de Michael Winner (dont c’est le deuxième film américain et second western après L’Homme de la loi  avec Burt Lancaster et la première collaboration avec Charles Bronson qui se poursuivra durant presque 15 ans) est surtout un film d’exploitation assez bien fait qui offre de bonnes performances de la part de son casting de « gueules ». Il contient indéniablement un certain nombre d’éléments « révisionnistes » qui l’inscrivent dans un sous-genre  où  les héros traditionnels cèdent la place à un monde où la moralité est floue et où dominent les nuances de gris. Ils ne sont néanmoins pas suffisants pour inscrire Les Collines de la terreur avec son intrigue linéaire aux côtés de films « ​​révisionnistes » qui lui sont supérieurs comme La Horde Sauvage de Sam Peckinpah (1969), Little Big Man (1970) d’Arthur Penn ou Soldat Bleu de Ralph Nelson (également en 1970)  – des films qui, d’une manière ou d’une autre, couvrent des territoires similaires.

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À la différence de Peckinpah ou Penn, Winner, n’est jamais vraiment intéressé par les nuances ou les sous-entendus, il reste un très bon faiseur, préoccupé surtout par la satisfaction de son public qui veut un conflit violent à la résolution sanglante. Les Collines de la terreur a ainsi plus en commun avec les western spaghettis qu’avec une tentative de redéfinir les conventions d’un genre. Le film marque d’ailleurs le retour de Charles Bronson dans le cinéma américain après une parenthèse européenne où comme Clint Eastwood il s’est bâti une réputation y compris aux cotés de Sergio Leone dans le classique Il était une fois dans l’Ouest. Les collines de la terreur commence de façon la plus basique  – un métis Apache nommé Chato (Charles Bronson) est harcelé dans le saloon de la ville par un shériff et l’abat en légitime défense. Après avoir fui la scène du crime, il est poursuivi par une bande composée principalement de  fermiers blancs menée  initialement par le capitaine Quincey Whitmore (Jack Palance), avant d’être  détourné par un raciste assoiffé de sang Jubal Hooker (Simon Oakland) et ses frères tout aussi détestables Elias (Ralph Waite) et Earl (Richard Jordan). Le rusé Chato attire  ses poursuivants dans le désert, sabotant leur approvisionnement en eau et tuant certains de leurs chevaux  dans le but de les dissuader de poursuivre leur traque. Cependant, ayant sous-estimé leur résolution, il les mène vers son repaire, où  des membres du groupe violent sauvagement sa femme (Sonia Rangan) et assassinent son frère. En représailles, Chato dans un jeu du chat et de la souris, va provoquer l’implosion de la bande chacun de ses membres se retournant les uns contre les autres à mesure qu’il les élimine un à un.

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Les collines de la terreur bénéficient de solides seconds rôles qui jouent parfaitement la dynamique de ce groupe qui s’effondre, ses gueules qui ne dépareilleraient pas chez Peckinpah offrent un excellent contrepoids à la vedette du film un Bronson laconique qui agit telle une force omnipotente et implacable. L’intérêt du film réside plus dans la dissolution de ce groupe qui succombe à un mélange de racisme et de lâcheté. Dans le rôle du capitaine Whitmore, Jack Palance n’est peut-être pas un méchant dans un sens classique, mais finit par le devenir en refusant de  faire face à la menace grandissante des frères Hooker. Aveugle au viol et au meurtre des proches de Chato, il est là plus pour le frisson de la traque mais participe néanmoins à cette traque raciste. Le film est une curiosité car il réunit deux acteurs Bronson et Palance, nés à quelques années d’intervalle, ayant grandi dans des environnements similaires mais avec des trajectoires professionnelles très différentes. Il sont ici  réunis dans un film où ils n’apparaissent pas ensemble à l’écran. Bronson – d’origine lituanienne né Charles Buchinsky a passé une bonne partie de sa jeunesse à travailler dans les mines de charbon avant de servir dans l’armée de l’air américaine pendant la Seconde Guerre mondiale. Palance, était lui d’ascendance ukrainienne de son vrai nom Vladimir Palahniuk, également né en Pennsylvanie et a travaillé dans les mines de charbon avant de rejoindre l’armée de l’air pendant la Seconde Guerre mondiale. Sa carrière débutera avant celle de Bronson mais restera cantonné aux  seconds rôles alors que Bronson deviendra une star immense après le succès de Un Justicier dans la Ville. Le travail de Palance sera finalement reconnu par Hollywood en 1992 avec un Oscar du meilleur second rôle pour La Vie, l’Amour, les Vaches au moment ou ironiquement la carrière de Bronson se résumait à des productions Cannon assez honteuses.

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En dépit de son protagoniste indien et de ses méchants racistes Les Collines de la terreur reste fermement ancré dans le domaine du film d’exploitation, comme dans beaucoup d’autres films Winner, la violence est tout simplement trop gratuite pour être considérée comme autre chose que comme complaisante. Le réalisateur anglais semble apprécier particulièrement de voir ses acteurs se faire défoncer la tête avec des pierres, mordre au visage par des serpents à sonnettes, poignarder  et tomber la tête la première dans les feux de camp ou les flaques d’eau. Dans une scène, la caméra s’appesantit même sur un cheval mort en partie mangé par la bande puis abandonné aux vautours. Il y aussi une scène de viol, gratuite sans être aussi brutale que le viol collectif prolongé qu’il mettra en scène des années plus tard dans Un justicier dans la ville 2 . Enfin, il y a le personnage de Chato, incarné par un Bronson musclé et minéral qui reprend tous les clichés du bon sauvage et dont le développement passe au second plan derrière le zèle impitoyable dont il fait preuve pour assouvir sa vengeance. Contrairement aux  westerns « révisionnistes » que nous citions qui émettaient une critique de l’oppression dont furent victimes les indiens et s’attachent à représenter leur humanité, la figure de l’indien dans Les collines de la terreur reste celle du sauvage qui se montre tout aussi impitoyable envers l’ignoble Earl Hooker qu’envers un des rares personnages sympathiques du film Malechie qu’il abat froidement dans le dos. Ainsi l’humanité de l’indien s’avère toute aussi suspecte que celle de son ennemi. En conclusion Les Collines de la Terreur, première collaboration du duo Michael Winner et Charles Bronson déjà sous le sceau de l’auto- justice est une série B d’époque efficace qui reste malgré quelques idées progressistes avant tout un film d’exploitation.

DÉTAIL DES SUPPLÉMENTS :
Présentation du film par François Guérif (10 ‘) et Patrick Brion (7 ‘ 34)
Bande annonce (2’01)
– Galerie de photographies

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Titre Original: CHATO’S LAND

Réalisé par: Michael Winner 

Casting :  Charles Bronson, Jack Palance, James Whitmore…

Genre: Western

Sortie le : 23 janvier 2018 en Blu-Ray+DVD

Distribué par: Sidonis Calysta

3 STARS BIEN BIEN

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