Critiques Cinéma

L’EXPERT (Critique)

L'expert affiche cliff and co

SYNOPSIS: Désireuse de se venger des assassins de ses parents, tués sous ses yeux alors qu’elle n’était qu’une enfant, la troublante May Munro recourt aux services de Ray Quick, ancien membre des Services spéciaux américains. 

Résumer L’expert en une phrase serait très simple : en gros, Sylvester Stallone est un détonateur à mèche sous pression, Sharon Stone est une bombe, et le seul suspense de ce film consiste à essayer de deviner qui va allumer qui ! Reste que pour Stallone, une formule aussi épaisse que du fil dentaire lui aura valu à nouveau un gros succès au box-office. Sorti en 1994, c’est-à-dire pendant une période de retour en grâce entamée par le triomphe planétaire de Cliffhanger et vite interrompue par le four commercial de Judge Dredd, L’expert fut aussi une jolie confirmation pour Luis Llosa, réalisateur d’origine péruvienne qui fut révélé par une série B basique (Sniper avec Tom Berenger) avant de finir ridiculisé par une série B pathétique (Anaconda avec Jennifer Lopez). Sans parler d’une Sharon Stone dont la carrière commençait à piquer du nez après les échecs commerciaux de Sliver et d’Intersection… Que dire de plus ? L’intrigue ? Oh, pas de quoi se tordre les neurones façon bigoudi, juste un petit imbroglio assez faiblard dans un Miami shooté comme un épisode des Dessous de Palm Beach. En gros, un expert en explosifs accepte d’aider une (très) belle et (pas très) mystérieuse cliente dont les parents ont été occis par de vilains truands, ceux-là même auxquels l’ancien salopard d’équipier de l’expert en explosifs propose désormais ses services après avoir été renvoyé pour faute grave. Rien qu’avec ça, et sans même avoir vu le film, vous n’aurez aucun mal à deviner où réside le pourquoi du comment de la « manipulation »…

Si expert il y a ici, ce n’était clairement pas le scénariste, lequel se révèle d’ailleurs être une femme – un détail très bizarre pour un film à ce point surchargé en testostérone macho. Allez, si, ne soyons pas vaches, il y a un petit zeste d’originalité à relever là-dedans : celui qui fait péter des bombes est ici le gentil (ça change !). Mais comme c’est Stallone qui le joue, on imagine vite le problème qui a dû se poser pour les producteurs : difficile de satisfaire le spectateur avide de baston et de violence en filmant pendant deux heures l’étalon italien en train de bidouiller des bombes (ou de les faire péter en restant immobile dans un coin du décor). Un pépin qui apparait donc comme la seule justification possible à cette scène de bagarre totalement gratuite, dans laquelle Stallone monte dans un bus pour y exploser autre chose que des bombes (oui, il y explose des gueules). Rayon action, on l’aura donc compris, le résultat sera assez timide, voire même franchement décevant. Rayon sexe, c’est là aussi très simple : Stallone se contente, pendant la majeure partie du film, de reluquer chastement Sharon Stone à distance et de lui parler par téléphone – seuls ceux qui préfèrent les messageries roses au coït lui-même se sentiront satisfaits. Quant à la fameuse scène de sexe sous la douche (celle qui a fait la renommée du film), on notera qu’elle reste un peu gâchée par une chorégraphie mal fichue et un trop-plein de vapeur dans la cabine (ça gène un peu la visibilité).

l'expert 3 cliff and co

Rien à sauver de cette « expertise », donc ? À vrai dire, si. Et cela tient en fait à peu de choses : si l’on prend le temps de regarder L’expert non pas comme un film d’action zébré d’érotisme PG-13 mais comme un vrai film d’ambiance qui prend son temps pour développer des enjeux et privilégier des regards, le résultat détonne un peu dans le tout-venant de l’actionner hollywoodien. Llosa n’a certes pas opté pour un récit nerveux qui viserait la pure énergie du montage, mais au contraire pour un ensemble de scènes dialoguées et de filatures discrètes, filmées de façon très élégante sur une superbe bande originale signée John Barry, le tout ancré dans une atmosphère sensuelle qui prend vite le dessus sur tout le reste. Cela crée certes un effet positif (l’histoire d’amour qui lie à distance les deux protagonistes se retrouve ainsi privilégiée), mais aussi une conséquence néfaste pour le spectateur qui attendait autre chose (plus ce récit minimaliste avance, plus son champ d’action se rétrécit). Cela va même jusqu’à intensifier la fausseté des « gros ingrédients » qui auraient dû faire effet et qui, en l’état, se limitent à des miettes vite balayées : en vrac, un effondrement de chambre d’hôtel visuellement hideux (revoir ça en Blu-Ray est assez douloureux), un Roy Steiger totalement ridicule avec un accent latino à se tordre, et des dialogues bien chargés en testostérone qui sentent fort la punchline balancée à la va-vite.

l'expert 2 cliff and co

Il y a quand même un survivant dans l’affaire : ce grand taré de James Woods – décidément insurpassable pour incarner le bad guy qui en fait des caisses – qui vole chaque scène où il apparait, en particulier celle où il fabrique une bombe dans un commissariat pour se la péter face à des flics pas très coopératifs. Rien que pour lui, L’expert vaut le coup d’œil.

L'expert affiche cliff and co

Titre Original: THE SPECIALIST

Réalisé par: Luis Llosa

Casting : Sylvester Stallone, Sharon Stone, James Woods…

Genre: Action, Thriller

Sortie le : 9 novembre 1994

Distribué par: Warner Bros. France

ASSEZ MAUVAIS

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