Critiques

THE MARVELOUS MRS. MAISEL (Critique Saison 1) Un début prometteur…

SYNOPSIS: Dans le New York de 1958, Miriam “Midge” Maisel a tout ce dont elle peut rêver : un mari parfait, 2 enfants et un appartement élégant dans l’Upper West Side. Mais sa petite vie parfaite prend un virage inattendu lorsqu’elle se découvre un talent pour le stand-up. 

Pauvre Amazon. Ça ne va pas fort pour le géant américain côté production télévisée (même s’ils ne peuvent pas se plaindre pour le reste). Après avoir dit non à Big Little Lies et The Handmaid’s Tale, deux séries ayant raflé leurs lot d’Emmys pour Hulu et HBO alors qu’Amazon est reparti bredouille (aïe), voilà la compagnie prise dans une série de scandales de harcèlement sexuels qui affectent d’abord leur vice-président (re-aïe), puis la star de leur seul succès critique et commercial (double-aïe), puis forcée d’annuler un de leur plus gros projets de 2018 pour cause de misogynie crasse (aïe, aïe, aïe). Autant dire qu’Amazon a bien besoin de changer la donne et veut parier gros pour redresser le cap (d’où les enchères astronomiques entourant l’adaptation télévisée du Seigneur des Anneaux). Bref, on est un peu tendus dans les bureaux du quartier général à Seattle, et on espère de tout cœur que le grand retour d’Amy Sherman-Palladino, la créatrice de Gilmore Girls, série ayant appris les rudiments les plus basiques du féminisme à toute une génération, fera l’effet d’un coup de baguette magique. The Marvelous Mrs. Maisel a en effet tout pour plaire : l’histoire se déroule à New York à la fin des années cinquante, alors que les marginaux de Greenwich Village commencent à se faire remarquer par le reste de monde, et suit les débuts réticents d’une femme au foyer dans l’univers très mâle et très fermé de la comédie.

On pourrait penser que Miriam Maisel (Rachel Brosnahan) est basée sur Phyllis Diller, pionnière du stand-up et l’une des comédiennes les plus célèbres Outre-Atlantique, mais si la motivation de Miriam est similaire à celle de Phyllis (elle a des enfants à nourrir), ses circonstances sont bien différentes. Miriam est riche, éduquée, bien établie dans la grande tradition des héroïnes de Sherman-Palladino, et si elle se retrouve sur scène, c’est en partie grâce à son sens de l’humour et son don naturel pour les histoires drôles, mais surtout parce que son mari Joel (Michael Wegen) a des velléités de démissionner de son job sur Park Avenue pour devenir comédien professionnel. Il entraîne régulièrement sa femme dans les bas-fonds de Greenwich Village dans un club tenu par la revêche Susie Meyerson (Alex Borstein) où les amateurs peuvent monter sur scène pour quelques minutes et démontrer l’étendue de leur talent. Miriam a tout de la panoplie de la femme parfaite des années cinquante : une garde-robe bigarrée, un énorme appartement dans le quartier huppé de l’Upper East Side et dans le même building que ses parents, elle a été dans une très bonne université pour filles, cuisine tout le temps et se réjouit d’avoir enfin réussi à convaincre le rabbin de bénir son dîner de Pâques. Bref, tout va bien dans le meilleur des mondes, jusqu’au jour où Imogene Cleary (Bailey De Young) et son mari décident de venir voir Joel sur scène et que le pauvre Monsieur Maisel fait un bide complet, déclenchant une série d’évènements qui va radicalement changer la vie de notre héroïne.

Personne n’aime l’âge d’or hollywoodien, autant qu’Amy Sherman-Palladino. Celle qui s’est fait connaître pour son style de dialogue si particulier, digne héritier de la comédie screwball des années 30 et 40, balançant des références littéraires a un tempo allegretto qui aurait certainement plu à Paganini, a écrit cette fois-ci une lettre d’amour au New York d’autrefois, moins véloce que Gilmore Girls ou Bunheads, mais tout aussi dynamique. Brosnahan explose presque littéralement à l’écran, non seulement parce que ses costumes aux couleurs éclatantes détonnent au milieu de la grisaille ambiante, mais aussi parce que l’actrice, apparemment ravie d’avoir délaissé la peau de la prostituée héroïnomane de House of Cards qui l’a faite remarquer, fait preuve d’une énergie formidable. A ses côtés, le reste de la distribution a un peu de mal à se faire une place au soleil, mais bon, la série s’appelle The Marvelous Mrs Maisel et pas The Marvelous Mrs Maisel and Friends. On notera tout de même le retour de Bailey De Young après son passage dans Bunheads, et aussi la performance d’Alex Borstein, autre favorite de la créatrice, qui fait contrepoids au personnage de Brosnahan avec son mélange de gouaille et de sensibilité toute new-yorkaise. Un début prometteur donc, pour une série qui doit faire face à d’énormes attentes. Une série à voir, pour tous les fans de Sherman-Palladino, certes, mais aussi pour tous ceux qui apprécient le stand-up et seraient curieux de voir l’envers du décor.

Crédits: Amazon

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