Critiques

JANE THE VIRGIN (Critique Saison 4 Épisodes 4×01 – 4×05) Une histoire touchante et humaine dans des situations abracadabrantes…

SYNOPSIS: Jane, une jeune femme très pieuse, encore vierge et sur le point de se fiancer, se retrouve accidentellement inséminée artificiellement après une suite d’événements improbables. Elle porte l’enfant d’un couple dont le mari, suite à un cancer des testicules, n’avait plus qu’un seul espoir d’être le père naturel de ses enfants. Jane se trouve alors face à un dilemme : devenir leur mère porteuse, garder l’enfant puis l’élever comme le sien, ou avorter ?

Les années ont passé pour Jane (Gina Rodriguez) mais les problèmes sont loin d’être réglés. Celle qui a – spoiler – fini par perdre sa virginité à l’issue d’un long débat s’étalant sur plusieurs saisons, se retrouve aujourd’hui avec sa famille peu conventionnelle et son lot de casse-têtes quotidiens. Les piliers centraux sont Jane, naturellement, mais aussi Rafael Solano (Justin Baldoni), père du fils de Jane et Petra Solano (Yael Grobglas), ex-femme de Rafael et mère de ses deux filles. On est d’emblée dans un structure un peu chaotique de famille recomposée, mais quand on rajoute la sœur de l’un, la jumelle maléfique de l’autre, la belle-mère aux airs de Catalina Creel, la méchante culte de Cuna de Lobos et l’intervention des générations du dessus, avec Rogelio de la Vega (Jaime Camil), Xiomara (Andrea Navado), les parents de Jane, et Alba (Ivonne Coll) la grand-mère, on délaisse l’étiquette de « famille compliquée » pour « nid de serpent dans lequel Oreste se serait senti comme un poisson dans l’eau ». Heureusement pour nous, Jane ne vit pas du tout dans le monde d’Eschyle et de la tragédie grecque, et aucun de ces personnages ne se crèvera volontairement les yeux pour avoir commis un inceste. Le génie de la série repose sur sa capacité à mélanger les influences, restant proche de la telenovela d’origine et de ses péripéties à dormir debout, tout en restant fermement dans le domaine de la comédie et en offrant à ses acteurs l’occasion de démontrer tout ce qu’ils savent faire. Un ovni qui se pose à l’intersection des cultures, celle des Américains blancs et de leurs privilèges et celle des immigrants venus d’Amérique du Sud et d’Europe de l’Est, formant une image assez sincère du monde d’aujourd’hui, pour une histoire qui parvient à être touchante et humaine en dépit de situations complètement abracadabrantes.

D’après la créatrice Jennie Snyder Urman, la série vient d’amorcer sa phase de résolution, qui devrait s’achever à la fin de la saison cinq. C’est vers donc une conclusion d’ores et déjà écrite que l’on s’avance à pas mesurés, dans la vie de cette famille pas comme les autres. Le ton reste fidèle à lui-même, avec la présence de la voix off d’Anthony Mendez, la photographie étincelante de Lowell Peterson qui est sur la série depuis ses débuts en 2014, et les couleurs vibrantes de costumes et décors, un espace visuel bariolé qui marie allègrement les influences sud-américaines et les palmiers de Floride. Il est vrai que dans l’ensemble, cette quatrième saison perd un peu en enjeux dramatiques, notamment parce que l’antagoniste principal, le terrible Sin Rostro (Sans Visage), est plutôt absent lors de ces premiers épisodes. Son influence est là, et les téléspectateurs le savent, mais le fait que Jane, Rafael et tous les autres n’aient aucune idée de ce qui se trame derrière leur dos fait qu’on perd un tout petit peu en intensité. Jane the Virgin la série, est beaucoup plus intéressée par la vie si normale et pourtant si extraordinaire de sa protagoniste que par les grandes lignes de l’intrigue, mais on se prend à se demander à quel moment Jane, l’héroïne, se rendra compte de la menace qui pèse sur son petit monde.

Cette saison est aussi celle de la maturité. Moins de grandes scènes, plus de tête-à-tête pour une protagoniste qui navigue comme elle peut sa morale et ses aspirations littéraires au milieu du chaos qui l’entoure. Gina Rodriguez, est, comme à son habitude rayonnante dans la peau de Jane et mérite amplement tous les éloges qu’elle reçoit. Le reste de la distribution n’est pas en reste, et on retrouve avec plaisir les pitreries de l’inimitable Jaime Camil et les airs snobs de Yael Grobglas). On a beau savoir que la fin approche, c’est toujours un plaisir de retrouver les Villanueva et leur quotidien, et autant savourer leurs aventures le plus possible avant de devoir leur dire adieu.

Crédits: CW / Téva

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