Critiques

SEARCH PARTY (Critique Saison 2 Episodes 2X01 – 2X02) Étrange et magique…

SYNOPSIS: Dori et sa bande sont confrontées aux conséquences désastreuses de leur traque pour retrouver leur camarade Chantal…

Alia Shawkat s’était faite plutôt discrète depuis la fin d’Arrested Development. A l’inverse de ses co-stars qui caracolaient au sommet du box-office avec leurs films et leurs séries, celle qui interprétait Maybe Fünke s’était orientée vers les film indépendants et les rôles de « star invitée » dans des séries comme Transparent, Drunk History ou l’ovni hyper-hipster Portlandia. Depuis son arrivée sur les écrans l’année dernière, Search Party, la comédie noire et flirtant avec l’absurde de Sarah-Violet Bliss, Charles Rogers et Ryan McFaul est devenue une espèce de chouchoute de la scène alternative de la comédie hollywoodienne, en grande partie grâce à l’aura de Shawkat, qui est certainement l’actrice la plus célèbre, ou du moins le visage le plus facile à reconnaître de la distribution, pourtant composée d’acteurs extrêmement compétents. TBS a eu du nez en commandant cette série inclassable, qui fait la planche quelque part entre le thriller psychologique et les turlupinades névrosées. Si on ne peut pas dire qu’elle bénéficie d’un succès indiscutable auprès du public, Search Party fait par contre un presque sans faute auprès de la presse américaine, avec un score de 93% sur Rotten Tomatoes, un fait à prendre avec des pincettes, mais symptomatique de l’impact de la série sur la critique Outre-Atlantique.

Dans l’épisode pilote, Dory (Alia Shawkat) apprenait que son ancienne camarade de classe Chantal (Clare McNulty) avait disparu. Elle avait donc entraîné ses amis Elliot (John Early) et Portia (Meredith Hagner) ainsi que son petit copain Drew (John Reynolds) à partir à la recherche de Chantal durant toute la saison, déplaçant au passage l’intrigue de Brooklyn à Montréal, une démarche qui s’était conclue en apothéose dans le dixième épisode. S’ouvre alors la deuxième saison, avec une Dory forcée de faire face aux conséquences de ses actes, et un petit groupe d’amis liés par un secret plus sombre que ce qu’ils auraient pu imaginer au début de l’aventure. Le narcissisme est bien sûr au rendez-vous, quoiqu’il s’exprime de façon différente en chacun des personnages, que ce soit dans la persistance avec laquelle Portia se peint en victime, ou dans celle d’Elliott à vouloir à tout prix être le centre d’attention aux pires moments imaginables. Bref, notre quatuor est composé de gentils crétins que l’on pourrait qualifier d’inoffensifs dans d’autres circonstances, mais dont le manque de perspective et d’empathie se révèle franchement nuisible. On reste dans l’ambiance « hipstery-independent » de la première saison, avec la photographie très naturelle de Jonathan Furmanski et la bande-son de Brian H. Kim et Daniel Wohl, mais on s’enfonce dans un propos un peu plus sérieux et aux ramifications alarmantes, sans perdre cependant un certain humour noir qui fonctionne de façon sporadique.

L’avantage de la seconde saison par rapport à la première, c’est qu’on a maintenant passé suffisamment de temps avec nos personnages pour que leurs comportements nous paraissent, on ne va pas dire « normaux », mais du moins en phase avec leurs personnalités. On ne s’étonne plus des réactions extrêmes de Drew par exemple ou de l’intensité de Dory, mais celui qui en bénéficie le plus est certainement Elliott, dont le tempérament explosif tanguait dangereusement du côté de la caricature durant la saison un, et qui se distingue comme le personnage le plus sympathique dès les premières minutes de la saison deux. Comme quoi, il ne faut jamais sous-estimer le charisme d’un acteur, surtout si cet acteur est John Early. On sent également les acteurs plus à l’aise les uns avec les autres, ce qui enrichit considérablement leur dynamique et rend les scènes de groupes beaucoup plus divertissantes. Search Party est incontestablement étrange, par son propos d’abord et son ton ensuite, qui s’amuse à jouer à saute-mouton d’une scène à l’autre parfois, mais la série tire également d’une certaine magie qui ne laisse pas indifférent. Le mot comédie est sans doute un peu trop vague pour décrire cet ovni télévisé, mais on ne peut nier la satisfaction qui vient nous envelopper lorsqu’on regarde d’horribles gens faire d’horribles choses. Un nouveau gendre de schadenfreude peut-être ?

Crédits: TBS / OCS

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s