Critiques

LE TUEUR DU LAC (Critique) Plongée en apnée…

SYNOPSIS: Lise, flic, et Clovis, gendarme, sont heureux à Annecy. Ils ont un fils, Tom, 9 mois…. Alors que Lise se remet enfin d’une enquête difficile qui s’est mal terminée il y quelque temps, un nouveau meurtre de femme se produit. Puis un autre. Lise et Clovis enquêtent tous les deux sur les traces d’un tueur complexe et imprévisible. Leur couple et leur famille résisteront-ils à cette épreuve ?

Julie de Bona interprète bien Lise Stocker mais la chaine et les auteurs décident de recréer l’univers du Mystère du Lac et de n’en conserver que des bribes, quitte à ce que le téléspectateur soit un peu déstabilisé. Autant le savoir, Le Tueur du Lac n’a qu’un lointain rapport avec la mini-série précédente si ce n’est quelques personnages en commun, comme un spin-off qui ne dirait pas son nom et dont les nouveaux épisodes n’évoquent pas les évènements ultérieurs. Une fois acquis que l’on a à faire à un nouveau postulat et que l’on essaye d’atténuer dans notre mémoire le souvenir laissé par Le Mystère du Lac, à nous de prendre cette suite qui n’en est pas vraiment une pour ce qu’elle est: Une nouvelle série avec un nouveau mystère qui plane et des personnages (bien plus nombreux) aux prises avec des menaces multiples qui se déploient autour d’eux, dont une, centrale, avec un tueur mystérieux qui sévit dans les environs.

Lise et Clovis (Lannick Gautry) sont désormais parents d’un bébé, la mère de Lise (Marie-Anne Chazel) est encore là et combat toujours la maladie d’Alzheimer mais ce sont désormais de nouvelles problématiques qui sont mises en place. Le passé de Lise est mis en sommeil et c’est plus celui de Clovis qui viendra nous interpeller dans ces nouveaux épisodes (au nombre de 8 au lieu de 6) permettant ainsi aux nouveaux venus qui n’auraient pas vus Le Mystère du Lac de s’immerger dans le récit sans attendre. Lannick Gautry peut montrer ainsi tout son talent et l’intensité dont il est capable dans quelques scènes vraiment fortes. Face à lui, Julie de Bona a l’occasion d’exploiter tout son potentiel dramatique, déjà aperçu dans Innocente sur France 3. Le couple de la flic et du gendarme se retrouve évidemment au centre de cette affaire tortueuse et dès la première séquence, tout est efficacement mis en place, que ce soit la galerie de personnages et leur situation de départ que la gestion des multiples pistes qui se dessinent. Le premier épisode, une fois cette ouverture passée, nous plonge pourtant dans une enquête relativement classique qui met du temps à démarrer et dont le rythme est assez lent mais qui n’en est pas moins efficace et dont le premier et intriguant cliffhanger nous pousse forcément à être au rendez-vous pour l’épisode suivant. Très vite pourtant, les relations entre les personnages vont se tendre et Le Tueur du Lac va petit à petit commencer à devenir extrêmement prenant.

La distribution exceptionnelle et très prestigieuse réunie autour de Julie de Bona et Lannick Gautry n’est pas pour rien dans la réussite de ces nouveaux épisodes. Julie Depardieu, Romane Bohringer, Lola Dewaere, Moussa Maaskri, Clément Manuel, Anny Duperey, Cécile Reboah, Philippe Lefebvre, chacun a des choses à défendre et aucun n’est là pour faire le nombre même si certains voient leurs participations réduites pour que tout tienne sur la durée prévue. On saluera également la présence de Joyce Bibring (Chefs) et Pierre Perrier (Les Revenants) en collègues flics de Lise qui forment un duo extrêmement convaincant et séduisant. Le scénario parvient à être prenant et intriguant et les rebondissements se multiplient faisant en sorte que la tension ne se relâche pas. On aura par contre quelques réserves sur la multiplicité des sous-intrigues qui éparpillent le récit, comme si Jeanne Le Guillou et Bruno Dega n’avaient pas faits suffisamment confiance à leur intrigue principale jusqu’à faire relier artificiellement certains personnages à celle-ci. Niveau réalisation Jérôme Cornuau récidive et fait de la belle ouvrage, usant au mieux des paysages magnifiques à sa disposition et qui permettent de démultiplier le côté anxiogène du récit. Les effets visuels sont par contre, à au moins deux reprises, assez loupés au point qu’ils nous sortent de l’histoire.

Au final, on ne s’attendait pas forcément à ça. Le Tueur du Lac nous décontenance et nous surprend malgré son apparent classicisme avant de nous faire adhérer à sa progression narrative. D’une noirceur assumée tout du long et bénéficiant d’une conclusion inattendue, on suivra assidument les quatre semaines de diffusion et même si elle n’est pas exempt de défauts, la mini-série nous fait faire les montagnes russes émotionnelles. Être désarçonné de nos jours dans la fiction française traditionnelle est suffisamment rare pour avoir envie de savoir qui se cache derrière Le Tueur du Lac.

Crédits : TF1

 

 

 

 

 

Publicités

4 réponses »

  1. Je n’ai pas réussi à entrer dans cette série. Trop de personnages, trop de séquences courtes et sans apparente signification, trop de va et vients dans les différents protagonistes.
    Il aurait peut-être fallu persévérer pour trouver un intérêt à cette série. Mais je n’en ai pas eu le courage et suis passée sur une autre chaîne au milieu du 2eme épisode.
    Quand je compare à « Broadchurch » ou à « Borgen » qui m’ ont passionnée dès le 1er épisode, je m’étonne du côté poussif des séries françaises…

    • Je comprends votre ressenti! En effet le premier épisode est poussif mais ça s’améliore ensuite bien qu’en effet il y ait trop de personnages comme je l’ai écrit. Après ce n’est pas systématique dans les séries françaises loin de là!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s