Critique Blu-Ray

BLEEDER (Critique Blu-Ray)

bleeder visuel digibook cliff and co

SYNOPSIS: L’amour et la violence à Copenhague. Léo et Louise vivent en couple dans un appartement insalubre. Découvrant que Louise est enceinte, Léo perd peu à peu le sens de la réalité et, effrayé par la responsabilité de sa nouvelle vie, sombre dans une spirale de violence. Au même moment, son ami Lenny, cinéphile introverti travaillant dans un vidéo-club, tombe fou amoureux d’une jeune vendeuse et ne sait comment le lui dire…

Un an après sa ressortie en salles en version restaurée 4K, l’édition par La Rabbia du digobook de Bleeder, incluant un livret de 40 pages et un entretien de 48 minutes avec Nicolas Winding Refn et Mads Mikkelsen, nous permet d’en apprendre plus sur le deuxième film du réalisateur de Pusher. Alors qu’aujourd’hui certains de ses plus fervents admirateurs (dont l’auteur de ces lignes faisait partie jusqu’à The Neon Demon) commencent à s’inquiéter, autant que se lasser, du trip formaliste, pour ne pas dire égocentrique, dans lequel Refn semble s’enfermer, il est passionnant de se pencher à nouveau sur son film le plus personnel, le plus épuré.

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Auréolé du succès public de Pusher (1996), véritable bombe dans le paysage cinématographique danois dominé par les cinéastes du dogme (Lars Von Trier, Thomas Vinterberg), Nicolas Winding Refn retrouve la même équipe (acteurs, directeur de la photographie, monteuse…) pour réaliser son adaptation fantasmée de Last Exit to Brooklyn (Hubert Selby Jr). De même que Only God Forgives n’est pas la suite attendue et réclamée de Drive (ce qui lui vaudra un accueil très compliqué à Cannes) mais une forme de mise au point et de pied de nez d’un metteur en scène qui prend un malin plaisir à déjouer les attentes, Bleeder prend le contre pied de Pusher. Comme il le dit dans le livret accompagnant le film, Bleeder doit plutôt être relié à Drive, avec lequel il partage une même forme  de romantisme au milieu du chaos, à travers la relation entre son doppelganger Lenny (Mads Mikkelsen) et Lea (Liv Corfixen), miroir de l’idylle  naissante avec l’actrice qui allait devenir son épouse.

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Redécouvrir Bleeder, en apprendre plus sur sa genèse grâce aux bonus du coffret édité par La Rabbia, comprendre ce qui animait alors son metteur en scène, apporte un éclairage très intéressant sur la suite de sa carrière, sur ce qui le pousse à prendre toujours le contre pied des attentes et quelque part détruire ce qu’il semblait pouvoir construire après chaque film. Derrière le plus narcissique et le plus présomptueux des artistes se cache souvent un homme fragile, préférant diviser que laisser indifférent. Bleeder est assurément le film qui dévoile le plus de la personnalité de Nicolas Winding Refn qui se cache malheureusement de plus en plus derrière ses expérimentations formelles et sa volonté de faire de son nom une marque commerciale.

Retrouvez ici la critique publiée à l’occasion de la ressortie en salles.

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