ENTRETIENS

Entretien avec Olivier Marchal : « Le scénario du film est arrivé au bon moment… »

Alors que son nouveau film, Carbone, sort ce 1er novembre, Olivier Marchal nous a reçu pour évoquer son travail et ce nouveau long métrage, le cinquième de sa carrière. Fatigué par une longue journée d’interviews, il s’est pourtant montré fidèle à sa réputation: Généreux, drôle et lucide sur le milieu du cinéma. Confessions.

Pourquoi s’est t’il passé six ans entre Les Lyonnais et Carbone? Est-ce que c’est dû à Section Zéro ou a d’autres projets qui n’ont pas pu se monter ?

C’est vrai que Section Zéro ça m’a violemment perturbé d’autant que la série a plutôt bien marché et être abandonnée comme ça plus la virulence de certaines critiques autant j’en accepte l’augure, mais là ça a été une levée de boucliers sur une série sur laquelle il y a eu un énorme travail et qui ne méritait pas ça. Je n’ai pas très bien compris et ça m’a beaucoup affecté. Sinon j’avais un projet sur la guerre de 14/18, Notre Mère la guerre, un scénario d’après la bande-dessinée de Kris et Maël, un projet qui a avorté pour cause soi disant de budget trop élevé et en même temps j’ai appris que le film de Dupontel se faisait et j’ai été un peu blessé donc j’ai fait de la télé, j’ai fait l’acteur. Depuis Les Lyonnais, j’ai réalisé Borderline (pour France 2 NDLR) et puis Section Zéro (pour Canal + NDLR) et le scénario du film est arrivé au bon moment.

Il n’y avait pas Bronx aussi ?

Si mais Bronx je mets du temps à l’écrire. Bronx c’est un polar pur jus dans la lignée de 36 et de Braquo, c’est un mélange des deux qui se passe sur la Côte d’Azur. C’était un projet que j’avais avec mes producteurs LGM et ils se sont séparés et j’ai un peu tout eu en même temps. Cyril Colbeau-Justin avec qui j’avais fait tous mes films s’est séparé de son associé et la boite s’est arrêtée. Il y a eu plein de soucis comme ça, qui sont des soucis inhérents au milieu du cinéma et puis après parfois tu doutes un peu de tout. Et puis Les Lyonnais, même si je l’assume et qu’il a bien marché, ça m’avait posé un problème déontologique et le scénario de Carbone est arrivé. J’ai douté aussi mais le fait que j’ai l’engouement de Manuel Munz qui a été d’une énergie incroyable puis Europacorp est entré dans l’histoire et Luc Besson a été un confident au moment où il fallait et avec qui j’ai pu m’épancher sur mes doutes, mes craintes et il a été super avec moi. J’ai aussi changé une partie de mon équipe technique, parce que Denis Rouden mon chef opérateur n’était pas libre. Et donc c’est son assistant, Antony Diaz, qui a fait tout mes films comme assistant caméra qui a fait la lumière. Il a 30 ans et il ne m’a ramené que des jeunes, des mômes entre 22 et 30 ans et ça a donné un jus et avec leur énergie, ils ont œuvré et m’ont poussé à faire ce film et je les en remercie. Après je me suis évidemment laissé prendre au jeu et on a essayé de faire un beau film.

 

Ce qui est génial dans ton cinéma, c’est qu’il y a des seconds rôles de chair et de sang qui existent vraiment. Là il y a plein de nouvelles têtes mais il y a aussi des fidèles comme Patrick Catalifo et Moussa Maaskri devant la caméra et derrière Erwann Kermorvant qui signe une super musique. C’est une évidence de travailler avec aux même si tu renouvelles vraiment le cheptel de comédiens et de techniciens sur Carbone ?

Ce sont des fidèles depuis 25 ans mais là à part ma chef costumière qui est restée, mon deuxième assistant et l’ingénieur du son qui étaient ceux avec qui j’ai travaillés sur Section Zéro après ce n’était que des nouveaux. C’est plus rassurant pour moi d’être entouré de fidèles et puis ce sont des supers techniciens. Et le fait d’avoir un jeune chef op comme Antony qui avait tout à prouver puis qui a du talent parce qu’il a été formé par Rouden, on a vraiment fait un super boulot, il m’a amené des supers bonnes idées, on a travaillé vraiment bien ensemble et son équipe était d’enfer. Et puis avec un engouement tel qu’ils étaient tellement heureux d’être là et Antony qui était tellement heureux de faire son premier long métrage qu’il a tout donné et ça se ressent. Pour ce qui est des comédiens travailler avec Benoit (Magimel) avec qui j’avais joué dans Truands (Frédéric Schoendoerffer, 2007 NDLR) et avec qui je devais faire Section Zéro, c’était une évidence. C’est un super acteur et il est pour moi un mélange de plusieurs grands comédiens, il est fragile et hypersensible et ça permet de s’attacher à lui et à son personnage.

Et comment se sont passées les retrouvailles avec Gérard Depardieu que tu avais dirigé dans 36 et avec qui tu avais joué dans Diamant 13 ?

On s’est tombés dans les bras. D’abord il est passé sur le plateau une semaine avant de commencer comme il a l’habitude de le faire. On tournait en boite de nuit avec 300 figurants qui l’ont applaudi. Après Gérard c’est Gérard, c’est le cancre de la classe qui a du génie et qu’il faut tenir mais il était heureux de travailler avec nous et moi je sais qu’il m’aime bien. Il est en famille, il vient, il déconne, il faut juste tenir la bestiole.

Tu as tourné Les Innocents pour TF1, tu tournes Les Rivières Pourpres pour France 2, il y a un autre film en préparation ?

Je suis sur l’écriture de Bronx là, mais je tourne surtout Les Rivières Pourpres et je vais être au théâtre Dejazet l’année prochaine dans Nénesse avec Geoffroy Thiebaut, Christine Citti et Hammou Graia mis en scène par Jean-Louis Martinelli.

Propos recueillis par Fred Teper

Un grand merci à Apolline Jaouen

 

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