Critiques Cinéma

DADDY COOL (Critique)

SYNOPSIS: Adrien, 40 ans et totalement immature, se fait larguer par Maude, 35 ans, désireuse d’enfin fonder une famille. Pour tenter de reconquérir l’amour de sa vie, Adrien décide de monter dans le futur ex-appartement conjugal: une crèche à domicile… Le début, d’une improbable expérience éducative… 

Il y a deux ans Noémie Saglio et Maxime Govare nous avaient séduits avec Toute Première Fois, une comédie avec des moments tendres et irrésistibles qui nous avait fait beaucoup rire en parlant de l’air du temps avec un mélange de sérieux et de franche rigolade. Finesse d’écriture et interprétation ciselée se répondaient joyeusement non sans une certaine grivoiserie et on se demandait si leur projet suivant saurait retrouver ce ton pétulant et rentre-dedans en se montrant toujours incisif tout en évitant la redite. Si les deux compères se sont retrouvés pour l’écriture de ce nouvel opus, Daddy Cool, Maxime Govare est cette fois-ci seul aux manettes et arbore d’entrée de jeu ce ton pêchu, cette dynamique dans la mise en scène et cette irrévérence bienvenue qui nous avaient tellement plu dans Toute Première Fois. Malgré toutes ses qualités le film avance pourtant avec pas mal de défauts en bandoulière mais le plaisir que l’on finit par  y prendre estompe cette sensation pourtant prégnante dans une première partie, où, à trop essayer d’être transgressifs, les dialogues sont uniquement axés sur la vulgarité avant de changer de braquet dans sa seconde moitié pour se retrouver imprégné de plus de tendresse. Paradoxalement le film est alors plus convenu mais aussi plus réussi à ce moment-là. Le souci majeur de Daddy Cool c’est surtout d’être moins bien écrit que Toute Première Fois mais c’est surtout qu’on le ressent, la faute notamment à une inclinaison vers un schéma de comédie frenchy plus traditionnelle comme on en voit chaque semaine s’écraser sur l’autel de l’indifférence du public. Mais Daddy Cool reste cent coudées au-dessus de ces naufrages artistiques récurrents que le cinéma français s’échine à reproduire à l’envie et nous offre quelques moments savoureux.

En terme de plaisirs, on retrouve l’appétence de Saglio et Govare pour les histoires contemporaines et un état d’esprit très actuel ainsi que leur sens de la formule qui claque. Les relations amoureuses, le couple qui continue de vivre dans le même appartement pour des raisons pécuniaires et/ou pour emmerder ou reconquérir l’autre (un sujet de plus en plus courant puisqu’il était au centre de deux films aussi dissemblables que Sous le même toit et L’économie de couple), l’instinct parental, tous ces sujets sont abordés avec plus ou moins de subtilité, mais ce qui sauve notamment Daddy Cool, c’est la belle énergie qui transcende l’ensemble par la grâce d’un duo dévastateur et le charme d’enfants très naturels et vecteurs de plusieurs scènes rigolotes même si l’abondance de vannes à base de pipi caca finit par nous faire nous pincer le nez.

Vincent Elbaz en éternel adulescent fait montre d’un abattage enthousiasmant tandis que Laurence Arné dit les pires horreurs avec un naturel incroyable. Lui est très bon en faux naïf, doux rêveur et ado attardé un brin manipulateur et elle, belle à tomber, confirme qu’elle est une de nos comédiennes les plus à l’aise dans le registre comique. Comme dans Toute Première Fois, les seconds rôles nous valent aussi quelques séquences hilarantes. Grégory Fitoussi est très drôle dans un contre emploi de cadre dynamique beau gosse mais ultra coincé, Axelle Laffont est tordante en éditrice vacharde et Jean-François Carrey est, comme toujours, impeccable en bon pote présent en toute occasion. Ajoutés à cela deux belles apparitions de Bernard Le Coq et de Michel Leeb (dans une chouette et émouvante scène de chanson). Jusqu’à la dernière séquence attendue mais extrêmement bien mise en scène (avec un plan séquence très réussi), Daddy Cool peut se targuer d’un esprit BD et bon enfant, entre Un Flic à la Maternelle et Le Maître d’Ecole (dont il n’atteint pourtant pas la mélancolie). Maxime Govare prouve malgré tout qu’il a du style et qu’il sait apporter un véritable soin et une fluidité à son travail. Vous vous demandez sans doute pourquoi on tempère tant notre enthousiasme bien que le film soit sympa et vivant grâce à l’énergie du duo Elbaz-Arné ? Tout simplement parce qu’une mécanique trop sage et attendue a lieu sous nos yeux alors qu’elle se voudrait bien plus transgressive qu’elle n’est en réalité. On sourit et on rit même de bon cœur et c’est malgré tout l’essentiel pour dire si une comédie est réussie ou non.

 

 

Titre original: DADDY COOL

Réalisé par: Maxime Govare

Casting: Vincent Elbaz, Laurence Arné, Jean-François Carrey

Genre: Comédie

Sortie le: 1er Novembre 2017

Distribué par : Universal Pictures International France

BIEN

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