Critiques

THE GOOD PLACE (Critique Saison 2 Episodes 2×01 – 2×03 Un puzzle à plusieurs vitesses…

SYNOPSIS: Après avoir été percutée et tuée par un semi-remorque, Eleanor se réveille dans ce qui semble être la vie après la mort. Lorsque Michael, l’Architecte des lieux, lui apprend qu’elle est au « Bon endroit » compte tenu ses bonnes actions, elle réalise qu’elle a été confondue avec quelqu’un d’autre. L’arrivée d’Eleanor pourrait bien mettre en péril l’équilibre de ce monde où personne ne jure ou ne boit de l’alcool à outrance. La jeune femme va devoir travailler sur elle-même afin de devenir une meilleure personne si elle souhaite conserver sa place dans l’au-delà. Bien entendu, elle sera épaulée par de nouvelles connaissances à l’instar de Chidi, son « âme soeur » qui voit toujours le bon côté des gens, ses voisins un peu trop parfaits Tahani et Jianyu, et enfin Janet, véritable source de savoir ambulante… 

L’éternité n’est pas de tout repos pour Eleanor Shelltrop (Kristen Bell) et ses compagnons. Celle qui avait passé treize épisodes à essayer de cacher son passé peu flatteur se trouve désormais dans une situation plus que délicate ; le coup de théâtre du pénultième épisode de la saison ayant en effet changé la donne de façon irréversible. Eleanor a le chic pour faire tourner Michael (Ted Danson), l’être surnaturel en charge de la vie après la mort, en bourrique et voilà que, flanquée de Chidi (Michael Jackson Harper), Tahani (Jameela Jamil) et Jason (Manny Jacinto), notre héroïne imparfaite va être forcée de prendre quelques risques pour éviter que son séjour au paradis, « The Good Place » ne se transforme en cauchemar.

Le grand challenge de cette deuxième saison réside dans le script : la première saison avait établi un ensemble de règles claires et strictes auxquelles tous les habitants de « The Good Place » étaient censés adhérer. Parce qu’on ne tient pas à vous gâcher le plaisir, on se contentera de vous dire que le dernier épisode prend un virage en épingle à cheveux qui rend les choses… très compliquées. Compliquées pour les personnages bien sûr, mais aussi pour les scénaristes, qui se retrouvent pris au piège de leur propre génie, parce que ce n’est pas tout ça que de nous concocter des rebondissements étourdissants de fin de saison, il faut savoir rebondir dans les épisodes qui suivent. Fort heureusement, The Good Place bénéficie d’une équipe qui peut se vanter d’avoir quelques-uns des meilleurs talents du moment : Michael Schur, bien sûr, créateur sensationnel d’une demi-douzaine de séries en passe de devenir cultes, mais également Megan Amram (The Kroll Show), Andrew Law (Silicon Valley) et Jen Statsky (Broad City, The Late Night Show with Jimmy Fallon), et l’on sait donc que la série est entre de bonnes mains. Difficile de leur faire aveuglément confiance au milieu de cette intrigue qui se plie et se replie comme un papier d’origami, à tel point qu’on se demande comment on va pouvoir aller de l’avant, mais c’est justement cette interrogation, pour le moment sans réponse, qui fait tout le sel de l’histoire. The Good Place est presque unique en son genre, avec sa capacité à construire un monde, à le démanteler, puis à le reconstruire immédiatement de manière différente, mais tout en restant fidèle à l’idée d’origine, dans une démonstration de maestria scénaristique qu’on ne voit pas assez souvent.

Côté distribution, Kristen Bell est comme toujours absolument charmante, mais c’est Ted Danson qui crève l’écran dans la peau de Michael, l’être fantasmagorique à la tête de toute l’opération, qui n’avait pas prévu que les humains lui donneraient tant de fil à retordre. On notera aussi la performance de Manny Jacinto, dont le personnage de Jason Mendoza fait exploser le vieux stéréotype qui veut que tous les Asiatiques soient suprêmement intelligents (ou très bons en maths, ce qui revient à peu près au même dans l’imaginaire américain). C’est une façon assez poétique de prendre le contrepied des clichés qui sévissent encore trop souvent sur nos écrans : l’Asiatique en habit traditionnel de moine n’a clairement pas la lumière à tous les étages tandis que la petite blonde a cinq coups d’avance sur tout le monde. Sous ses airs de parodie de comédie dantesque, The Good Place est certainement l’une des séries les plus intelligentes et les moins prétentieuses du moment. Un puzzle qui fonctionne à plusieurs vitesses et qu’on ne peut que vous recommander chaudement. Cependant, si l’on peut se permettre de vous donner un conseil, ce serait de regarder la saison un avant la saison deux, histoire de vraiment apprécier la trajectoire des personnages et du script, ça en vaut franchement la peine.

Crédits : NBC

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