Critiques

THE GOOD PLACE (Critique Saison 1) Une vision beaucoup plus nuancée de l’univers…

SYNOPSIS: Après avoir été percutée et tuée par un semi-remorque, Eleanor se réveille dans ce qui semble être la vie après la mort. Lorsque Michael, l’Architecte des lieux, lui apprend qu’elle est au « Bon endroit » compte tenu ses bonnes actions, elle réalise qu’elle a été confondue avec quelqu’un d’autre. L’arrivée d’Eleanor pourrait bien mettre en péril l’équilibre de ce monde où personne ne jure ou ne boit de l’alcool à outrance. La jeune femme va devoir travailler sur elle-même afin de devenir une meilleure personne si elle souhaite conserver sa place dans l’au-delà. Bien entendu, elle sera épaulée par de nouvelles connaissances à l’instar de Chidi, son « âme soeur » qui voit toujours le bon côté des gens, ses voisins un peu trop parfaits Tahani et Jianyu, et enfin Janet, véritable source de savoir ambulante… 

Vous êtes-vous jamais demandé s’il y avait une vie après la mort ? C’est là le sujet de la nouvelle comédie de Michael Schur, ancien scénariste pour Saturday Night Live, créateur génial de Parks and Recreation, Brooklyn Nine-Nine et producteur exécutif du phénoménal Master of None, qui s’est, pour cette première saison, entouré de solides talents. Parmi les membres de la writer’s room, on retrouve Alan Yang (Master of None), Megan Amram (Kroll Show) ou encore Aisha Muahrrar (Sit Down, Shut Up) et Jen Statsky (Broad City), qui ont tous en commun d’avoir travaillé avec Schur sur Parks and Recreation, LA série qui les a propulsés, eux et quasiment tous ceux qui y ont participé (dont leur distribution en or massif), sur le devant de la scène. Côté réalisateurs, on est également plutôt bien servis avec Drew Goddard (Daredevil), Lynn Shelton (Fresh Off the Boat) et Linda Mendoza (Brooklyn Nine-Nine) entre autres. Bref, Schur a pris soin de s’entourer de valeurs sûres pour sa nouvelle comédie déjantée, et le moins qu’on puisse dire, c’est que ça marche plutôt bien. The Good Place ne peut pas encore se vanter d’avoir la même magie que Parks and Recreation (quoique Parks ait vraiment pris son temps avant de trouver son rythme de croisière), mais la distribution fait preuve d’une belle énergie et les épisodes se regardent avec plaisir.

Eleanor Shellstrop (Kristen Bell), récemment décédée, se retrouve, comme toutes les bonnes sœurs et tous les voleurs, au paradis. Du moins, dans une certaine version du paradis : « The Good Place », où Michael (Ted Danson), l’accueille avec bienveillance. Il lui fait visiter le quartier, la présente à ses voisins Tahani (Jameela Jamil) et Jian-yu (Manny Jacinto) ainsi qu’à Chidi (William Jackson Harper), un professeur d’éthique sénégalais qui se trouve être l’âme sœur d’Eleanor. Tout va bien dans le meilleur des mondes, donc, jusqu’à ce qu’Eleanor avoue à Chidi qu’il y a eu erreur sur la personne : elle n’est pas une avocate humaniste ayant consacré sa vie à sauver les innocents, mais la représentante égoïste et narcissique d’une compagnie pharmaceutique à la réputation douteuse. Bref, personne ne sait pourquoi ni comment, mais il semblerait qu’il y ait une faille dans le système infaillible et la présence d’Eleanor se révèle assez désastreuse pour le voisinage. Le plus simple serait de la renvoyer en enfer, au purgatoire, ou dans les autres quartiers prévus pour les individus à la moralité moins étincelante que celle des habitants de « The Good Place », seulement voilà, notre héroïne a pris goût au paradis. Décidée à gagner sa place parmi tous les gens de bien, Eleanor se lance donc sur le chemin du développement personnel et va, au prix d’un effort herculéen, apprendre à devenir quelqu’un de bien.

Si la prémisse vous paraît un peu simplette, c’est parce qu’elle l’est et c’est fait exprès. Les comédies de Schur sont souvent assez naïves en surface, et ça n’est qu’au fil des épisodes que les thèmes plus conséquents émergent des profondeurs du script. La comédie fonctionne parce que les règles établies sont d’une limpidité parfaite, ce qui rend l’effet de surprise encore plus remarquable. La naïveté de l’histoire n’est qu’apparente, et ce qui à première vue pouvait passer pour un boniment bon enfant manichéen et un peu moralisateur sur les bords, se révèle en fait une comédie sur la complexité de l’âme humaine, au sens propre, comme au figuré. Si The Good Place commence comme une sitcom classique établie autour d’un conflit qui sent un peu le réchauffé, elle se retourne comme une crêpe vers la fin de la saison et offre une vision beaucoup plus nuancée de l’univers qu’elle s’est créé. Une première saison qui tarde un peu à se mettre en jambe, donc, mais qui se finit en apothéose avec un dernier épisode magnifique, agrémenté de quelques coups de théâtre dont on ne vous parlera pas, mais qui valent vraiment la peine.

Crédits : NBC

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