Critiques

THE LAST TYCOON (Critique Saison 1 Épisodes 1×01 – 1×05) Bien et beau mais trop didactique

SYNOPSIS: Tiré du dernier roman inachevé de F. Scott Fitzgerald, « The Last Tycoon » suit les aventures du « golden boy » d’Hollywood, Monroe Stahr, pris dans des jeux de pouvoir avec son patron et mentor, Pat Brady, pour préserver l’âme de leur studio. Dans un monde assombri par la Grande Dépression et où plane l’influence internationale grandissante de l’Allemagne d’Hitler, The Last Tycoon met en lumière les passions, la violence et l’ambition exceptionnelle du Hollywood des années 1930.

Ce n’est un secret pour personne : Hollywood sera éternellement fasciné par Hollywood ; sa grandeur passée, son inextinguible glamour, les vies tragiques de ses stars qui n’ont pas fini d’alimenter la machine à rêve avec leurs suicides, overdoses et malheur général toujours si élégamment gravé sur pellicule. Amazon ne fait pas exception à la règle et c’est avec une adaptation libre d’un roman de Francis Scott Fitzgerald intitulé The Last Tycoon (Le Dernier Nabab en français) que la plateforme de streaming américaine propose de nous emmener faire un petit voyage dans le passé. Aux commandes, on retrouve Billy Ray (The Hunger Games) et Scott Hornbacher (Mad Men). Honbacher est surtout derrière la caméra tandis que Ray partage son temps entre son rôle de réalisateur et de showrunner, dirigeant son équipe composée de Julia Cox, Desta Reff, Katie Robbins et Christopher Keyser. Photographie fabuleuse de Daniel Moder, musique originale de Mychael Danna, tout le département marketing d’Amazon derrière la série, bref, on est à priori bien parti pour un carton pur et simple.

Nous sommes en 1936. Si Hollywood est parvenu à se remettre du raz-de-marée provoqué par Le Chanteur de Jazz, premier film parlant sorti en 1927, les séquelles du crash de 1929 se font toujours sentir. Alors que Paramount, MGM et RKO se font une concurrence rude pour dominer le Box Office, Monroe Stahr (Matt Bomer), producteur génial des studios Brady et ami du Président Pat Brady (Kelsey Grammer), n’a qu’un seul but : faire de grands films (et si, accessoirement, ces grands films font des millions d’entrée, ça ne sera que la cerise sur le gâteau). Comme toute grande figure cinématographique qui se respecte (et à la façon de Humphrey Bogart dans Casablanca) le charisme de Monroe cache un douloureux secret : il ne s’est en effet jamais remis de la mort de sa femme et refuse depuis de se « lier » avec tout membre du sexe féminin. Cet état des choses désespère Celia (Lily Collins), la fille de Brady qui semble avoir développé un béguin d’écolière pour notre protagoniste. Celia veut devenir productrice de cinéma, un but peu aisé à atteindre pour une femme dans les années trente, et davantage encore quand le père de la demoiselle s’y oppose formellement. Monroe fait de son mieux pour gérer les problèmes familiaux des Brady et encourager (de diverses manières) les talents du studio à faire leur boulot, mais l’entrée en scène de Kathleen (Domique McElligott), jolie serveuse à l’accent irlandais, va changer la donne. Alors que l’ombre d’Hitler se fait de plus en plus menaçante, notre protagoniste est bien vite confronté à une toute nouvelle vague de problèmes.

Visuellement, The Last Tycoon confine au grandiose. La direction artistique, de Christa Munro et Patrizia von Bradenstein, fait revivre en couleur tout le glamour du Hollywood des années 30, période équivoque s’il en est, où les grands magnats des studios se passionnaient pour leurs stars tout en les traitants comme du bétail. On a vraiment l’impression de s’envoler hors du temps, et entre le chatoiement du satin des robes de ces dames et les chapeaux de ces messieurs, portés juste au bon angle pour projeter un peu d’ombre sur leurs yeux et leur accorder tout ce qu’il faut de mystère. On s’attendrait presque à ce que Vivien Leigh et Clark Gable viennent faire un tour sur les plateaux des studios, fumant cigarette sur cigarette, un martini à la main. Cependant, si l’atmosphère de la série est incontestablement très réussie, la beauté des images ne parvient pas à camoufler les failles du scénario qui manque sérieusement de peps et va même jusqu’à commettre le péché capital : nous parler de l’histoire au lieu de nous la montrer, le fameux Show, Don’t Tell qui se trouve être la pierre angulaire du petit et du grand écran. Rien de tel qu’une explication de trente secondes pour démolir le peu de tension que les dialogues avaient réussi à maintenir jusque-là et la série tient tellement à instruire le spectateur qu’elle en oublie que ses personnages devraient être à priori déjà au courant de certaines choses. C’est bien, c’est beau, mais ça manque de confiance en soi et ça tombe du coup dans la didactique. On aurait souhaité qu’une deuxième saison sache redresser le cap pour donner à Matt Bomer et ses faux-airs de Montgomery Clift la chance de porter cette histoire à son apogée, mais Amazon en a malheureusement décidé autrement en annulant la série à l’issue de cette saison 1.

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