Critiques

OUTLANDER (Critique Saison 2) Une façon virtuose de mélanger les genres…

SYNOPSIS: Les aventures de Claire, une infirmière de guerre mariée qui se retrouve accidentellement propulsée en pleine campagne écossaise de 1743. Elle se retrouve alors mêlée à des histoires de propriétés et d’espionnage qui la poussent à prendre la fuite et menacent sa vie. Elle est alors forcée d’épouser Jamie, un jeune guerrier écossais passionné qui s’enflamme pour elle et la conduit à être déchirée entre fidélité et désir, étant partagée entre deux hommes dramatiquement opposés et deux vies irréconciliables. 

Pour la petite histoire : George R.R. Martin, auteur de Game of Thrones et Diana Gabaldon, à qui l’on doit Outlander sont d’excellents amis dans la vraie vie, ce qui tombe plutôt bien : tous les deux sont passionnés d’Histoire, adorent les intrigues compliquées, font preuve d’une affinité indéniable pour le fantastique et, selon certains critiques, partagent une certaine tendance sadique vis-à-vis de leurs personnages. Lorsque Gabaldon annonce à son vieux copain qu’elle va participer à l’écriture des scénarios de la deuxième saison d‘Outlander, Martin lui répond : « Ah, tu vas découvrir le Grand Secret des scripts pour la télé : c’est BEAUCOUP plus facile à écrire qu’un roman. » C’est donc avec les encouragements du cerveau derrière l’une des séries télévisées les plus populaires de tous les temps que la romancière prolifique se lance dans la seconde saison d’Outlander, sans conteste l’une des meilleures séries en cours de diffusion. Il s’agira de l’adaptation de Dragonfly in Amber, le second tome de la série (il s’agit en français du Talisman, première partie du tome 2 de la série, traduite en entier sous le titre un peu moins poétique du Chardon et du Tartan). Gabaldon retrouve sa writers room sous la direction de Ronald D. Moore, ainsi que le compositeur Bear McCreary, sa distribution, et une toute nouvelle cuvée de directeurs artistiques.

La première saison se déroulait surtout en Écosse, ce qui avait donné l’occasion à la série de nous faire découvrir les paysages sauvages de Highlands, magnifiquement photographiés par Neville Kidd et son équipe. La deuxième saison reste en partie fidèle à ses origines mais se permet un petit encart pour aller visiter la France et la cour de Louis XV à Versailles. On y découvre certains de nos acteurs nationaux tels que Claire Sermonne dans la peau de Louise de Rohan ou Dominique Pinon qui interprète Maître Raymond, l’apothicaire parisien qui a des tas de choses en commun avec notre héroïne. Caitriona Balfe et Sam Heughan reprennent leurs rôles de Claire et Jamie (Starz ne les laissera pas casser leurs contrats de sitôt) et Tobias Menzies est également de retour dans le double rôle de Frank et Jack Randall. L’ombre des révolutions plane sur le monde, et s’il faudra attendre encore quelques décennies avant qu’elle ne s’abatte sur les États-Unis et la France, l’Écosse, elle, est en ébullition. La série se démarque doucement de son côté ultra-romantique et se penche davantage sur les machinations politiques et leurs répercussions à l’échelle mondiale et temporelle, comme dans toute série de voyage dans le temps qui se respecte.

L’une des grandes forces de Outlander, en dehors de ses visuels superbes et sa capacité à recréer le passé, c’est sa façon virtuose de mélanger les genres : ce qui avait commencé comme un roman d’amour façon collection Harlequin pour ménagères à la recherche d’un peu de frisson, s’est en fait transformé en un amalgame d’influences, qui, si elles avaient déjà rendu les livres inclassables, s’étaient révélées être un défi de taille pour la série. Défi relevé haut la main d’ailleurs, et qui va encore plus loin dans cette seconde saison puisqu’il ne s’agit pas seulement d’un triangle amoureux entre deux hommes séparés pas les siècles et une femme qui peut mystérieusement voyager dans le temps. L’histoire se fracture en une multitude de sous-histoires, fils d’Ariane impliquant la géopolitique des deux époques, mais également une épidémie de variole, des figures historiques telles que le Comte de Saint-Germain ou le Prince Charles Stuart, l’évolution de la médecine, la place des femmes dans la société et la grande question qui tangue au-dessus de la tête de nos personnages comme la fameuse épée de Damoclès : quelle époque (et par extension, quel homme) Claire va-t-elle choisir ? Parce qu’il n’y a pas le moindre doute que Jamie (Heughan) est l’âme sœur de notre héroïne, mais il vit dans une époque aussi dangereuse que compliquée. C’est donc avec Claire, interprétée par une Caitriona Balfe époustouflante que le spectateur sympathise, et qu’on attend, le cœur au bord des lèvres, que tout ça se résolve une bonne fois pour toute, ce qui, soit dit en passant, ne sera pas demain la veille puisque la chaîne Starz a renouvelé la série pour une quatrième saison alors que la troisième vient à peine de commencer.

Crédits: Starz / Netflix

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