Critiques

NARCOS (Critique Saison 3 Épisodes 1 à 5) De Medellín à Cali

SYNOPSIS: Alors que la traque sanglante de Pablo Escobar s’est achevée, la DEA porte son attention sur la plus grande organisation de trafic de drogue au monde : le Cartel de Cali. Dirigé par quatre puissants parrains, ce cartel opère de manière différente de celui de Pablo Escobar, préférant corrompre le gouvernement et garder ses violentes actions discrètes.

Lorsque Netflix avait donné son feu vert à la série Narcos il y a deux ans, on voulait suivre l’histoire de Pablo Escobar, le parrain de la drogue milliardaire qui avait causé tant de problèmes aux États-Unis, alors en plein milieu de leur célèbre War on drugs. Comment pouvait-on espérer arrêter un criminel qui non seulement brassait des milliards de dollars chaque année (près de 70 millions par jour durant l’apogée du cartel) mais était révéré dans son pays, comme une espèce de Robin des bois, défenseur du petit peuple ? Il y avait de quoi faire une série, certainement, mais puisque les créateurs Doug Miro, Carlo Bernard et Chris Brancato, s’étaient focalisés, non pas sur le parcours d’Escobar, interprété par le majestueux Wagner Moura, mais sur celui de Steve Murphy (Boyd Holbrook, nettement plus plébéien), la série avait atteint son point culminant à la fin de la deuxième saison. Que faire alors, quand Netflix, encouragé par le succès, décide de la renouveler pour deux saisons supplémentaires ? Eh bien l’on se penche sur la succession, bien sûr. Le roi est mort, vive le roi, ou plutôt, « Le roi est mort, passons aux princes » et l’on délaisse le cartel de Medellín pour celui de Cali.

C’est Javier Peña (Pedro Pascal) qui prend la place de Steve Murphy dans cette troisième saison et fait face au cartel composé de Hélmer Herrera ou « Pacho » (Miguel Ángel Silvestre) et des frères Rodríguez Orejulea : Gilberto (Damián Alcázar), Miguel, et José Santacruz Londoño (Pêpê Rapazote). La cocaïne rapporte gros et l’opération des frères Orejuela est une machine bien huilée. Tellement bien huilée d’ailleurs, que les États-Unis ne veulent pas s’en mêler et que Peña va devoir trouver des moyens détournés de s’en prendre au cartel. Escobar était LE méchant par excellence, le Docteur No de la série, un personnage de telle prestance qu’il en est plus ou moins irremplaçable. Les scénaristes l’ont donc échangé pour une organisation à plusieurs têtes, pas si différente de l’Hydre de Lerne. Nouveaux antagonistes donc, mais même principe pour cette saison qui reprend les thèmes des deux premières : cocaïne, corruption, politique et une ou deux questions de morales qui se retrouvent paumées dans un système qui fonctionne sans.

Le hic avec Narcos, malgré son propos fascinant et sa technique irréprochable, c’est sa façon un peu trop académique d’approcher les évènements historiques. Ce qui, lors des premières saisons, pouvait passer pour un enchaînement de scènes d’expositions nécessaires à la compréhension générale de l’intrigue, se transforme en thématique redondante durant la saison trois. On sait que la guerre contre le trafic de drogue n’est jamais vraiment gagnée, on sait que les cartels sont tout-puissants et difficiles à poursuivre en justice, on sait que, lorsqu’on s’en prend à des criminels de la stature d’Escobar, il est pratiquement impossible de remporter la partie sans laisser quelques-uns de ses principes sur le champ de bataille. Malheureusement pour la série, elle persiste à nous rappeler les fondamentaux du conflit et à en remettre une couche question dilemme cornélien et obstacles bureaucratiques, au point qu’on a parfois davantage l’impression de regarder un documentaire qu’une série de fiction. Il s’agit d’un choix assumé par la production, rehaussé non seulement par le montage et le cadrage, tout en vol d’oiseau et plans serrés où la camera se tient un tout petit peu trop près du visage des acteurs. L’effet désiré, celui de mettre le spectateur un peu mal à l’aise et de renforcer le naturel de la scène, confère également une certaine distance vis-à-vis du sujet. C’est tout à fait le genre de choix qui plaira beaucoup à certains et qui donnera à d’autres une très forte envie de bailler.

Crédits: Netflix

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