J'ai quelque chose à vous dire...

J’ai quelque chose à vous dire… Mireille Darc (Hommage)

Chère Mireille Darc,

Il y a des réveils plus doux que d’autres. Ce matin, ce fut la surprise et la tristesse mêlées en apprenant que votre cœur, si durement mis à l’épreuve, avait cessé de battre. Vous sembliez figé dans l’espace-temps de nos souvenirs, votre longue silhouette, fine, fière et élégante, votre voix et votre sourire, votre chevelure blonde, votre sensualité et votre malignité dans l’œil, cette figure si familière de nos plaisirs de cinéma et de télévision.

Aussi loin que je remonte dans mes souvenirs vous avez fait partie, comme un marqueur, de ma vie de spectateur et de téléspectateur. De Pouic Pouic où vous jouiez la fille des mythiques Louis De Funès et Jacqueline Maillan et que je regardais en boucle dans mon enfance au cultissime Les Barbouzes dont les dialogues me ravissaient en passant par Ne nous fâchons pas, La Grande Sauterelle, Il était une fois un flic, La Valise, Les Seins de Glace, Mort d’un pourri ou Laisse aller… C’est une valse. C’est d’ailleurs votre travail auprès de Georges Lautner qui vous a valu certains de vos rôles les plus marquants, ceux qui se sont nichés dans mon imaginaire pour toujours. Évidemment s’y ajoutent vos rôles chez Edouard Molinaro (Le Téléphone Rose, L’Homme Pressé) mais surtout votre personnage de Christine dans Le Grand Blond avec une chaussure noire et sa suite Le Retour du Grand Blond et ce décolleté de dos absolument vertigineux qui fit son effet sur l’adolescent concupiscent qui vous découvrit ainsi.

Ce ne sont que quelques films mais ils furent suffisamment marquants pour  laisser le sentiment diffus que votre empreinte était inscrite dans le sillage de nos existences. Gravée même! Au delà de votre combat pour la sensibilisation à la greffe de cœur, de votre relation indélébile avec Alain Delon et votre faculté à l’humaniser médiatiquement quand son image était distante et troublée, vous laissiez passer une sensibilité et une délicatesse qui nous faisait vous aimer plus encore.

De mon côté, je vous ai admiré et retrouvé dans Les Cœurs Brûlés et Les Yeux d’Hélène à la télévision. Vous m’avez séduit et aimanté avec votre interprétation d’Hélène, cette matriarche jalouse et prête à tout, je vous ai suivi de semaine en semaine deux étés durant, accroché à vos frasques et à votre agressivité mais enrobées d’une véritable humanité. Aujourd’hui je n’ai pas le cœur brûlé mais lourd, chère Mireille Darc, de vous voir vous en aller, mais c’est réconfortant de penser que votre sourire si doux, reste suspendu dans l’air pour l’éternité.

Votre dévoué Fred Teper

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2 réponses »

  1. C’est un très joli hommage que tu nous fais là ! 😊 J’ai connu cette actrice grâce au film « Le Grand blond avec une chaussure noire », film que j’ai totalement adoré et aimé ! Ça me donne donc envie de voir tous les films mythiques que tu as cité car je ne les connais pas ! Rien que pour cela, faire découvrir d’autres films, est un bel hommage 😊

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