Critiques

THE DEUCE (Critique Saison 1 Épisodes 1 à 7) Du style mais un manque de substance

SYNOPSIS: La légalisation et la croissance de l’industrie du porno dans le New York des années 70-80. 

On l’attendait avec impatience cette série de HBO créée par George Pelecanos et David Simon. Les deux comparses ont notamment œuvré sur The Wire (encore considérée de nos jours comme l’une des meilleures séries de la télévision américaine, le nom seul fera se pâmer plus d’un passionné), puis il faut avouer que le sujet sent le stupre et le souffre, de quoi réjouir les âmes férues de séries dramatiques. Quoi de plus alléchant en effet qu’une chronique sur les débuts de l’industrie pornographique, se déroulant au milieu du New York des années 70, co-écrite par un duo de scénaristes émérites, l’excellente Michelle MacLaren pour réaliser le pilote et James Franco pour réaliser deux des huit épisodes de la série? A priori pas grand-chose et à en croire le buzz qui se fait autour du projet, HBO n’a pas eu tort de parier sur la série. Nous voici donc entraînés dans un long labyrinthe narratif, qui ne manque certes pas de style, mais qui aurait bien besoin d’un peu plus de substance.

New York et le sexe, c’est une longue histoire. Comme dit la légende, New York est la ville qui ne dort jamais « because it’s too busy trying to get laid. » Dans les années soixante-dix, la Grosse Pomme s’était métamorphosée en une espèce de temple de l’interdit, où drogues, alcool et prostituées se trouvent à (presque) tous les coins de rue. C’est dans ce bouillon de culture que nous rencontrons Frankie et Vincent Martino (tous deux interprétés par James Franco), frères jumeaux qui se retrouveront un jour à la tête d’un empire d’un nouveau genre. Pour le moment, Frankie tient un bar dans lequel toutes sortes de gens viennent se désaltérer, tels que le maquereau Cee Cee (Gary Carr), la jeune Lori (Emily Meade), toute fraîche débarquée de sa province et à qui l’on promet une belle carrière sur le trottoir, le mafieux Rudy (Michael Rispoli), Abby (Margarita Levieva), l’étudiante qui n’a pas froid aux yeux, et la très indépendante Eileen Merrell (Maggie Gyllenhall), dite « Candy« , qui refuse de partager ses gains avec un homme (comprenez qu’elle travaille sans rendre de comptes à un proxénète). Bref, on nage dans les bas-fonds new-yorkais et dans une esthétique qui rappelle assez celle de Scorsese : une ville sombre, toute en demi-teintes où les lumières de Broadway se reflètent sur la peau nue de ces dames. La série n’a pas peur de la nudité, ce qui tombe sous le sens quand on considère le sujet. Un univers particulier, magnifiquement photographié par Vanja Cernjul, qui en ravira plus d’un.

Si l’on peut vous donner un conseil avant de vous lancer dans The Deuce, c’est de vous renseigner le plus possible sur ce que la série essaie de faire, parce que le pilote ne vous aidera pas beaucoup et qu’il faudra attendre plusieurs épisodes avant que l’histoire ne mette le pied à l’étrier. Ça démarre lentement, très lentement même, dans une belle mosaïque de personnages mais sans grande dramatisation, au point qu’on peut en arriver à se demander où la série veut en venir avec tous ces gens et ce manque apparent d’intrigue. Il faudra donc être patient et on vous laissera décider si la longue exposition en vaut vraiment la peine. L’univers dépeint par la série peut être absolument fascinant, certes, mais les carences de rythme font qu’on s’ennuie un peu par moments, le comble pour un sujet qui se veut subversif et immoral. On a beau exposer l’anatomie de ces dames (et de ces messieurs, un fait encore tabou aux États-Unis), il est devenu difficile de choquer le public de HBO élevé à la nudité de True Blood et de Game of Thrones et The Deuce est hélas loin d’être sulfureuse.

Crédits : HBO / OCS

Publicités

2 réponses »

  1. David Simon c’est pour les connaisseur, pas pour les spectatateur moyen de ton genre, c’est l’exelence absolue, the deuce sera un putain de chef d’oeuvre. Quoi tu t’attendais a quoi ? Du porno a gogo, des scenes de sexe hard ? Ahah c’est pour l’écriture qu’on regarde les série de David Simon. a ton avis pourquoi The wire est la meilleure série de tout de tout les temps ? Son ecriture et son ambition.
    Reste avec ta série moyenne et hypocrite qu’est the handmaids tale dont l’actrice principale fait partie de l’église de scientologie, sa renvoie quoi comme message du coup ?

    • Bonjour. Interpeller l’auteur de cet article sans avoir vu la série dont elle parle c’est dommage, ça fait perdre tout son intérêt au débat. Revenez en parler de manière constructive quand vous l’aurez vu et dès lors que vous serez courtois on se fera un plaisir de dialoguer avec vous et D’échanger dans le respect sur nos avis respectifs qui sont sans doute chacun louables ! Bonne journée

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s