L'ascenseur émotionnel

L’ASCSENSEUR EMOTIONNEL #2

Alors comme ça, la première mouture ne vous a pas suffi ? Il faut que je m’y recolle ! Certes, vous ne l’avez pas réclamé à cors et à cris a priori, mais le boss me donne le feu vert pour un second numéro… Comment expliquez-vous ça ? Quelque chose me dit que vous non plus, vous ne vous l’expliquez pas. C’est soit ça, soit vous êtes masos, soit je suis en ce moment même en train de converser via cet écran avec le néant et le rédac’ chef me laisse continuer à écrire mes inepties pour ne pas me vexer. Anyway, comme l’a décrété l’éminent Antoine Albalat dans L’art d’écrire enseigné en vingt leçons paru en 1909 :

Je vais donc persévérer dans la voie royale qui m’a été imposée ouverte et partager avec vous un nouveau florilège de coups de cœur/gueule et (re)découvertes « artistiques ». L’usage des guillemets me paraît approprié au regard de la qualité parfois très fluctuante et de l’intérêt non moins discutable de certaines « œuvres » présentées ici (comprenez en-dessous de ) ; d’ailleurs, vous pouvez même m’imaginer en train de les mimer ces guillemets, si ça vous chante.

Nope. Toujours pas.

 

A couvert, tous, étron en vue ! J’ai beau aimer les non-morts aux canines proéminentes et les gros garous aux poils emmêlés depuis la folle époque de Buffy contre les Vampires, il y a un moment où il faut savoir arrêter les conneries. Suite du déjà très WTF Underworld 2 : Evolution, ce Nouvelle Ère pique sévèrement les yeux, avec son univers délocalisé dans le monde des hommes, du béton de partout néo-futuriste beurk, un labo débile et ses bestioles gavées d’OGM… le tout assorti d’une image dégueulasse. Je ne pensais pas cela possible, persuadée qu’ils avaient depuis longtemps épuisé toute la gamme chromatique du froid, mais la saga explore ici de nouvelles nuances de bleu qui feraient se pâmer d’envie James Cameron. Quant à Kate Beckinsale, je lui conseille de renvoyer dare-dare sa maquilleuse, parce que le teint diaphane de Sélène a foutu le camp Dieu sait où, et que ça aussi, ça pique. L’intrigue est tellement cousue de fil blanc, les rapports entre les personnages tellement anecdotiques, qu’on ne se focalise plus que sur le côté shoot’em up, trop indigent pour sauver quoi que ce soit dans ce bordel qui pue la série Z. Ce quatrième volet de la saga Underworld se place clairement comme l’opus de trop. D’ailleurs, Scott Speedman a eu la bonne idée de déserter le bazar après avoir accepté un costume ridicule d’hybride dans le 2. Len Wiseman aurait dû rester à la réalisation, peut-être, plutôt que de se cantonner à la prod depuis le 3ème opus. Ou pas d’ailleurs. Et dire qu’il y en a un cinquième… Je plains presque Theo James de s’y être laissé embarquer.

« 80 minutes. 8 candidats. 1 seule réponse. Pas de question. » Non, ça n’est pas le concept d’un nouveau jeu racoleur sur TF1, mais celui du film Exam de Stuart Hazeldine. Un collègue m’en a fait l’article il y a deux ou trois ans de ça – comme le temps passe vite ! – en me vendant le truc à mort : « c’est pas avec des gens connus, en tous cas moi je les connais pas, mais le concept est super original, l’intrigue est dingue, jusqu’à la dernière minute tu comprends rien, ça m’a retourné le cerveau ! « … A peu de choses près. Chauffée à bloc, n’y tenant plus trois ans après, j’ai enfin libéré le dvd de son emballage et visionné le bestiau. Verdict : bah c’est pas mal. Clairement pas aussi transcendant que ce que vante la jaquette du dvd ou mon collègue un peu trop enthousiaste, mais ça se regarde avec intérêt. En tous cas au début. La tension instaurée dans les premières minutes est hyper efficace. Mais cette tension, qui tend pourtant à amplifier à mesure que le film approche de son dénouement, se délite assez inexplicablement, avec un final maladroit, presque brouillon, alourdi d’un décor extérieur planté trop hasardeusement et d’une explication qui en laissera plus d’un perplexe. Sans doute que, contrairement à mon collègue, j’ai déjà vu plus fort et mieux dans le genre, plus vicelard aussi. Exam reste un huis-clos honorable, à l’ambiance soignée, portée par une galerie de personnages volontairement stéréotypés comme autant d’ingrédients parfaits rangés à côté de la marmite de Panoramix. Mais la potion manque d’un je-ne-sais-quoi pour être franchement magique.

« Ah bah non, ça va pas : tu nous colles deux à la suite ! » Eh ouais. Et même que – spoiler alert ! – je vais enchaîner avec deux ❼ juste derrière. Bam !

Non, je ne regarde pas QUE des blockbusters ou des films de superhéros. Des trucs indépendants aussi. Islandais même. Oui, ça m’arrive. Pour tout vous dire, en pleine canicule, au bord de l’asphyxie comme un mollusque privé d’eau de mer, j’ai tenté de me rafraîchir sinon le corps, au moins la tête. Et j’ai tout misé sur la neige. Un film avec du froid dedans, pour maximiser l’effet placebo de la manœuvre. Lauréat de la sélection officielle Un Certain Regard à Cannes en 2015, Béliers (en islandais : Hrútar, en anglais : Rams) a retenu mon attention parmi d’autres. Bon, c’était ça ou Le Jour d’Après. J’ai déjà vu le Emmerich quinze fois, je pouvais bien donner sa chance à Grímur Hákonarson. Bien m’en a pris. L’histoire de cette querelle fraternelle sur fond de catastrophe sanitaire au fin fond de l’Islande s’est révélée être un sacré coup de frais (comme le titre l’affiche française d’ailleurs). Alors, on est sur du film populaire à caractère social, le truc bien naturaliste, proche de la terre, des gens… Un film réaliste quoi. Les plans panoramiques font la part belle aux vastes étendues islandaises, et la caméra explore avec retenue mais sans concessions l’intimité de ces éleveurs ovins frappés par la maladie. Teintée d’ironie et d’une belle sensibilité, le tout mâtiné de quelques traits d’humour cocasses, cette chronique microcosmique autour de ces deux frères fâchés se suit avec plaisir, pour peu que l’on ne craigne pas de s’ennuyer un peu, aussi, en mode slow life. L’ennui n’est pas une mauvaise chose, en soi. Il libère la tête ou, au contraire, relance la pensée. L’accueillir avec bienveillance, c’est pouvoir le savourer. De toute façon, par 35°C, je veux bien m’ennuyer devant n’importe quoi.

Une rencontre passionnante avec le lanceur d’alerte Edward Snowden, en exil en Russie depuis 2013, et auquel Oliver Stone a consacré un film en 2016 avec dans le rôle-titre le très éclairé Joseph Gordon-Levitt (retrouvez la critique de mon très estimé collègue Patrice Steibel @Cinemadroide ici). Pour rappel le mec, qui a bossé pour la CIA et la NSA, a été contraint de demander asile à Poutine & co après avoir dévoilé à deux journalistes les ramifications abusives des programmes de surveillance du gouvernement américain (notamment Prism) ce qui, depuis, a foutu un beau bordel dans le monde, et secoué vigoureusement le cocotier sur les sujets de la vie privée, des libertés individuelles, et plus largement de la démocratie. A la veille de Noël, Flore Vasseur et son équipe ont posé leur caméra dans une chambre d’hôtel de Moscou où Edward Snowden a rencontré clandestinement et pour la première fois deux autres lanceurs d’alerte avec lesquels il correspond depuis de longs mois : la députée islandaise Birgitta Jónsdóttir et Lawrence « Larry » Lessig, professeur à Harvard. Pendant 50 minutes ils conversent, pas totalement casuals, de la marche du monde et de l’avenir de la démocratie. Un échange passionnant, en même temps qu’il instille le doute en nous, façon Wachowski brothers sisters : la matrice finira-t-elle par nous broyer pour de bon ? C’est disponible là : http://boutique.arte.tv/f11867-meeting_snowden

Oui, vous pouvez le dire. Je vous aurais bien fait chier avec Hero Corp cette année. Ici, sur Twitter, Facebook… partout où vous pouvez me lire en fait. J’ai pas compté le nombre de mes unfollowers d’ailleurs… Alors si, par bonheur/inadvertance, vous êtes passé au travers jusqu’à présent, je ne vous félicite pas : ça signifie que vous n’êtes pas un lecteur assidu de ces pages, et j’en suis très déçue. Blessée même. Parce qu’avec le matraquage orchestré conjointement avec le boss depuis fin mai, sans déconner… Tout ce mal qu’on s’est donné pour vous abrutir, et qui n’aurait servi à rien… Mais c’est pas fini ! Enfin, si, la série est finie, pour de vrai cette fois. Mais pas les BDs ! Je vais donc allègrement vous en remettre une couche ! #DesoPasDeso.

Ce (très beau) tome 3 donc, toujours édité chez Soleil, continue de farfouiller dans l’univers étendu d’Hero Corp avec la suite de ses Chroniques. Trois chapitres, trois pans d’histoire, trois portraits qui s’intéressent cette fois aux personnages de Claudine, de Doug, et de l’incontournable Mac Kormack. Si le ton original de la série TV est bien là, on s’amusera assez peu de ce tome 3, plus captivant que drôle. Simon Astier s’associe cette fois à l’illustratrice Francesca Follini pour dépeindre ces petits bouts de la plus grande histoire, en révélant d’avantage sur des protagonistes clés d’Hero Corp au sujet desquels, finalement, on en savait encore assez peu malgré leur temps de présence à l’écran. Des anecdotes XXL sur chacun d’eux qui mettent en lumière des pans parfois insoupçonnés de leur personnalité, et qui expliquent surtout pourquoi chacun d’entre eux en est arrivé là où il est (dans la série) le tout, tout en nuances comme de coutume (pas de vision manichéenne dans Hero Corp), et qui ont surtout le mérite de raccorder toujours avec la trame développée dans la série. Mention spéciale au chapitre sur Mac Kormack, plus foisonnant, qui apporte un éclairage inédit sur le personnage le plus fourbe et manipulateur de l’univers HC. Plus que jamais, les BD Hero Corp font figure de bonus incontournables pour embrasser pleinement cet univers à part. Un must read pour les fans, qui ne parlera en revanche pas du tout aux néophytes (un petit tour du côté des épisodes est indispensable), encore que ces portraits puissent éventuellement titiller leur curiosité… 🙂

Le trio britannique London Grammar, composé de Hannah Reid au chant, Daniel Rothman à la guitare et Dot Major aux percus, revient après le succès retentissant de leur premier album (sorti en 2013 If You Wait) avec un nouvel opus intitulé Truth Is A Beautiful Thing et un premier single aussi atmosphérique que prometteur : Oh Woman, Oh Man. La voix de l’envoûtante Hannah Reid, si singulière, fait ici encore merveille, soufflant le chaud et le froid, posée sur une musique qui nous entraîne sous d’autres latitudes, à l’assaut de ces lointains « yellow sands » évoqués dans le refrain. Un moment suspendu qui fait du bien à l’âme (oui, carrément).

Un peu d’auto-promo, ça fait jamais de mal à l’ego. Si vous êtes un accro à Game of Thrones, vous savez que la saison 7 a débuté le 17 juillet sur OCS. Et si vous êtes un accro à ces pages, vous savez que mon camarade Quentin Delahaye @QDelahaye a eu la meilleure idée (probablement recyclée) de jeu à boire de la décennie : Bet of Thrones. Ou comment parier sur les futurs trépassés de Westeros avant chaque nouvel épisode. Parce qu’après tout, dans Game of Thrones, ça se joue parfois à la roulette. L’inconvénient ? Impossible de se taper une cuite en début de saison, à moins d’être hyper clairvoyant. Ou de forcer le truc méchamment. Avantage ? Vous resterez sobres pour suivre les avancées stratégiques de cette saison qui prend plus que jamais des allures de Risk. Bon, en vrai, c’est pas un jeu à boire. Les Chroniques de Cliff’ and co incitent (devraient inciter en tous cas) à une sobriété de bon ton en toutes circonstances parce que, selon le précepte bien connu de Harry Hart : « Manners maketh Man » – « C’est à ses manières que l’on juge un homme » – (ralalalalalalalalala cette bande annonce de Kingsman 2 comment c’est de la baaaaaaaaaaaalle !!!!!!). Ce qui est tout aussi vrai, c’est que Quentin s’est bel et bien changé en bookmaker pour cette avant-dernière saison de GoT, et qu’il sait y faire le bougre ! Alors, si vous aussi vous vous sentez l’âme d’un agent secret en plein tournoi de poker au Montenegro, viendez miser des dragons sur les outsiders de Westeros avec Bet of Thrones. Élucubrations garanties.

La bonne surprise en grimpant dans sa bagnole après le boulot ? Allumer l’autoradio calé sur RTL2 (le son pop-rock non-stop !) et faire un agréable bond dans le temps avec ce big crush qu’est A la faveur de l’automne de Tété. Sortie en 2003 dans un album éponyme – pour lequel il avait été nommé aux Victoires de la Musique en 2004 – cette ballade aux accords nostalgiques distille une douce mélancolie, plus lénitive que triste, « un peu comme on fredonne de vieilles mélodies« . Et, quelque part au milieu de l’actualité musicale parfois étourdissante, (ré)entendre ce génial conteur musicien ça fait vraiment (mais alors, vraiment) du bien.

Coup de blues :

Le 20 juillet 2017, c’est le choc. J’ai d’abord voulu croire à un fake… mais c’était bien réel. Chester Bennington, le chanteur et leader du groupe de nu metal Linkin Park, s’est suicidé. Au-delà du choc, sa mort m’a bouleversé, profondément,  pour des raisons que je ne développerai pas ici mais qui me rendent sa disparition très douloureuse. Sa voix me manquera. Son aura aussi. Linkin Park, c’était lui, beaucoup. Il y a mis tant de lui. Ce groupe a tellement compté il y a des années de ça, quand j’écoutais Numb en boucle, qui seyait encore si bien à mon mal-être de néo-adulte. Depuis, j’écoutais leurs nouveaux titres avec moins d’assiduité peut-être, mais toujours avec un plaisir évident. LP c’était un incontournable, dans mon univers musical. Et Chester y brillait en bonne place. Quel déchirement. In the end, ça fait si mal. Maintenant que tu as fait taire tes démons, Leave out all the rest et repose en paix Chester. In the Shadow Of The Day.

Voilà, c’est… tout pour moi (et un peu pour vous quand-même) :

 

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