Critiques Cinéma

KÓBLIC (Critique)

SYNOPSIS: Argentine 1977. Un ancien pilote et capitaine de la Marine argentine, Tomas Koblic s’enfuit après avoir désobéi à un ordre de l‘armée soumise à la dictature. Caché dans une petite ville du sud du pays, sa présence attire l’attention du maréchal local d’une autorité abusive et sans scrupules. La conscience n’a nul endroit pour se cacher…

Kóblic est le nouveau film du réalisateur argentin Sebastián Borensztein. Il revient sur la période de la junte militaire en Argentine et de ses exactions dans les années 70. Après la fin de la dictature en 1973, l’Argentine connut un bref retour à la démocratie avant que les militaires reprennent le pouvoir par la force en 1976. La répression des opposants fut terrible, le pouvoir organisant les « vols de la mort », dans lesquels les opposants arrêtés étaient drogués et jetés vivants dans l’Atlantique depuis des avions. Ce n’est qu’en 1995 que le témoignage de l’un des pilotes confirme l’existence de ces vols et relance les enquêtes, réveillant une sombre période de l’histoire de l’Argentine. Kóblic prend place en 1977. Un pilote de la marine argentine, Tomas Kóblic, se cache dans une petite ville après avoir refusé de cautionner les actes de la dictature. Il va être la cible du chef local de la police, qui se pose beaucoup de questions sur sa présence.

Le film de Borensztein souffre de nombreux défauts, et sa lenteur ne fait que mettre en exergue le peu de choses qui s’y passent. Kóblic a beau ressembler autant que possible à ces acteurs américains vieillissants des années 80 portant les lunettes de soleil et le cuir d’aviateur pour avoir l’air plus cool, le charisme et la présence de Ricardo Darin ne suffisent pas à combler 1h32. De même que les multiples flashbacks de cette nuit dans l’avion et de ce qu’il a vu sont à la fois inutiles par leur récurrence et ne font que meubler. L’histoire d’amour vécue par Kóblic est également étrange. Qui, poursuivi par une dictature et qui se sait surveillé par la police locale, se mettrait à séduire une femme mariée et vivre une relation avec elle ? Peut-être est-ce le coup de foudre, peut-être sent-t-il la fin arriver et veut profiter de tout, mais cela ne cadre pas avec le côté discret et posé du personnage.

L’intérêt du film est finalement ailleurs, dans l’atmosphère plombée et inquiète de cette petite ville, où tout le monde se connaît, où les nouvelles circulent vite, où la corruption, la collusion avec la dictature, les traitrises, se font presque naturellement, insidieusement. Parce que les habitudes de la dictature précédente n’ont pas disparu et parce que les petites luttes d’influence et les jalousies sont toujours présentes. C’est pour cela que Oscar Martinez en flic véreux et soupçonneux vole la vedette à Ricardo Darin, parce que l’intérêt est dans le fonctionnement en cercle fermé de la petite ville, dans la mainmise militaire sur la vie de ses habitants qui transforme tout le monde en suspect, comme une gangrène qui infecte tout et tout le monde. Cette atmosphère et la qualité du jeu des acteurs sauvent le film malgré cette histoire d’amour de Kóblic relativement ridicule et cliché.

Titre Original: KÓBLIC

Réalisé par: Sebastián Borensztein

Casting : Ricardo Darin, Oscar Martinez, Inma Cuesta …

Genre: Policier, Historique, Thriller

Date de sortie : 05 Juillet 2017

Distribué par: Bodega Films

BIEN

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