Critiques

FLEABAG (Critique Saison 1) Un sourire à dix mille watts

SYNOPIS: La vie mouvementée d’une jeune londonienne prénommée Fleabag. 

Fleabag, le personnage, est née d’un défi lancé par un ami à la créatrice Phoebe Waller-Bridge, comique anglaise respectée et plume dégourdie, qui se doit donc d’improviser un sketch de dix minutes lors d’une soirée de stand-up dans un club de Londres. Cette bouffée d’inspiration donnera ensuite lieu à un one-woman-show qui reçoit le très prestigieux Fring First Award au festival d’Edinburgh, une récompense dont vous n’avez sans doute jamais entendu parler mais qui vaut son pesant d’or dans le milieu du théâtre anglophone. Forte de sa série Crashing, sortie en 2016 avec laquelle elle s’était faite remarquer par la critique, Waller-Bridge décide de transformer sa pièce en mini-série et ne tarde pas à trouver des producteurs pour soutenir le projet. Du côté britannique, c’est chez la BBC Three que ça se passe tandis qu’outre Atlantique, c’est Amazon qui signe les chèques en échange des droits de distribution exclusifs. Naturellement, Phoebe Waller-Bridge se charge de l’écriture et de l’interprétation du personnage principal, confiant la réalisation des six épisodes à Harry Bradbeer (Dickensian) et Tim Kirby (Brockmire, Brooklyn Nine-Nine) qui hélas, ne peut se charger que de l’épisode pilote. La musique est d’Isobel Waller-Bridge, sœur de la créatrice, le montage de Gary Doliner (Veep) et Paul Mchliss (Le Dernier Pub Avant la Fin du Monde), et la photographie de Tony Miller (Remember Me) et Laurie Rose (Peaky Blinders). Bref, c’est une belle équipe que la créatrice et scénariste-en-chef a rassemblé pour son projet-série, et en voyant de tel noms, on serait en droit de s’attendre à un chef-d’œuvre funambulesque.

La réalité est un peu plus nuancée cependant. Bien que Phoebe Waller-Bridge soit, comme à son habitude, charismatique en diable et diablement marrante, le personnage de Fleabag lui, a bien du mal à se rendre sympathique. Pas évident d’être une jeune femme célibataire dans le Londres d’aujourd’hui, surtout quand on doit vivre sa vie avec une sœur coincée et pratiquement parfaite (interprétée par Sian Clifford), un beau-frère qui vous dévore des yeux de façon clairement peu fraternelle (Brett Gelman) et une meilleure amie qui veut absolument vous faire partager sa passion pour les hamsters (Jenny Rainsford). Sans oublier bien sûr le défilé de mecs, coups d’un soir ou petits amis sérieux qui font partie de la vie de Fleabag. De ce point de vue-là, on pourrait être tenté de comparer le personnage de Waller-Bridge à celui, si iconique, de Carrie Bradshaw, ce qui serait bien malaisé puisque rien, mais alors, rien n’est fabuleux dans la vie de Fleabag. Elle se démène sans grâce aucune dans une vie en équilibre instable, menaçant de s’effondrer à chaque faux-pas commis par l’héroïne. Cette dernière prend un malin plaisir à repousser tous ceux qui tiennent à elle et sa vie est une accumulation de mauvaises décisions. Si elle n’était pas sauvée par le tourbillon de charme et d’humour qu’est Phoebe Waller-Bridge, Fleabag serait exactement le genre de personnage capable de plomber une série et de la faire couler. Mais rendons à César ce qui lui appartient, l’actrice et scénariste illumine l’écran avec son sourire à dix mille watts et son irrésistible tendance à ne pas se prendre au sérieux. En somme, une série qui vaut principalement le coup pour sa tête d’affiche.

Crédits : Amazon

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