ENTRETIENS

A Voix haute : Entretien avec Loubaki Loussalat

A Voix Haute c’est un documentaire diffusé en Novembre 2016 en deuxième partie de soirée dans le cadre de la case Infrarouge sur France 2. Infrarouge fait la part belle aux documentaires qui s’intéressent à l’évolution et aux mutations de notre société. Le documentaire À voix haute est d’abord diffusé sur Youtube et rencontre déjà le succès, puis il est diffusé sur France 2 une semaine après le 15 novembre 2016 à 22h50. Il réunit 560 000 téléspectateurs sur France 2, soit 4,7 % de parts de marché. Fort de ce succès la chaîne après une semaine de replay, le met à nouveau en diffusion sur leur plateforme numérique. De cet engouement est né un désir de continuer l’aventure, en l’adaptant pour le cinéma en version longue (1h39min), il faisait à la base (1h17min) afin de répondre au pré requis de la case Infrarouge de France 2. Il est sorti le 12 avril 2017 au cinéma. En clair vous n’avez plus aucune excuse pour ne pas le louper en salle et continuer à donner à cette pépite une longue très longue vie, c’est ce que nous lui souhaitons vivement. Il est sorti il y a quelques semaines maintenant sur les grands écrans, toujours à l’affiche, et de nouvelles copies seront bientôt distribuées dans de nombreuses salles.

Nous avons eu le privilège d’interviewer un des encadrants du dispositif qui permet de préparer 30 des 110 candidats au concours Eloquentia et que nous voyions dans le documentaire. Nous tenions à vous faire partager mon engouement pour A voix Haute, La Force de la Parole par le prisme de cette rencontre avec Loubaki Loussalat.

Quel est ton parcours ?

Un parcours mi vertueux- mi calamiteux d’un enfant de Saint Denis. J’ai suivi une filaire Littéraire à Saint Ouen, Fac de Droit. Puis j’ai renoué avec mes premiers amours l’écriture grâce à la scène SLAM. J’ai entre autre participé de manière active à des ateliers d’écriture avec Grand Corps Malade.

Comment es-tu arrivé dans l’aventure Eloquentia ?

Le dispositif Eloquentia est le cœur de métier des interventions que je mène dans des ateliers dans de nombreux établissements (scolaires, associatifs etc.). J’ai été sollicité par des étudiants d’Eloquentia afin d’apporter mon concours à cette préparation au concours. J’interviens en atelier d’écriture, Bertrand Perrier apporte un point de vue enrichi à la pratique de la rhétorique au sens classique et Alexandra Henry intervient auprès du groupe que nous encadrons en pratique théâtrale.

Comment la démarche du documentaire autour d’Eloquentia est née ?

Eloquentia est né en 2012, le dispositif de préparation au concours en 2014. L‘année du concours que le spectateur suit en salle dans le documentaire est l’édition 2015. Le réalisateur Stéphane de Freitas est le papa d’Eloquentia. Il a tout d’abord fait des essais en 2014 afin de capter l’essence de la préparation du concours. C’était l’inconnu au départ dans le suivi de cette toute première session de formation. Fort de cette première expérience, Stéphane de Freitas s’est lancée dans la réalisation d’un documentaire en 2015.

Comment le groupe de 30 personnes qui prépare le concours dans le cadre du dispositif Eloquentia est sélectionné ? *Le concours implique lors de son édition plus d’une centaine de candidats.

Les candidats sont sélectionnés pour faire parti de ce dispositif de préparation au concours. Cette sélection ne se fait pas sur un quelconque niveau dans le domaine de l’éloquence mais sur leur volonté de s’investir, de s’impliquer ainsi que leur sérieux. Le processus est intensif, tous les samedis du matin au soir durant 6 semaines.

Quelle est ta démarche concernant ce groupe ?

Nous avons conscience en tant qu’encadrant que nous avons une obligation de maintenir une tension propre à la créativité qui découle aussi de l’intensité de l’apprentissage qui doit s’accompagner d’une concentration continue. C’est de cette intensité que nait une véritable joie de participer à la formation.

Comment s’est développée cette envie de continuer l’aventure sur grand écran ?

Le format télévisuel imposait une durée, au cinéma il a été possible d’ajouter 20 min. Il avait fallu faire des choix pour le montage du documentaire tv et le format ciné permettait de développer certains aspects du parcours des candidats. Mais l’idée suite au succès de la diffusion tv, c’est d’essayer de prolonger l’aventure en l’amenant sur un autre terrain qu’est le grand écran. Il est indéniable que le succès rencontré a offert une base solide, une confiance au réalisateur et producteurs à la sympathie légendaires Harry Tordjman et Anna Tordjman (producteur de Serge Le Mytho, Bloqués et Bref.) Box Production afin de remonter une partie du documentaire. En particulier à été ajouté des éléments relatifs au parcours d’une des candidates qui arrivent en finale Souleïla Mahiddin.

Quel est ton ressenti sur ce concours, sur ce qu’il représente ?

Le vécu des candidats et des organisateurs n’est pas différent de la vie quotidienne en général. Ce qui marque une différence est de faire aboutir un projet commun avec solidarité, bienveillance entre chacun à l’image de la vie.La trajectoire essentielle du documentaire dans sa scénarisation est aussi balisée par celle du concours qui fait rentrer le spectateur dans les vies des personnages via le fil conducteur d’Eloquentia et non une suite de situation hasardeuse présentée à l’écran. Le documentaire montre des parcours de vie au fil du déroulé de cette préparation au concours et durant le concours lui même.

Une des séquences en particulier m’a marqué par son choix dans le déroulé du documentaire où un des participants au groupe qui se prépare au concours déclame un discours assez polémique auprès de ses camarades ?

En effet, ce moment montre la liberté d’expression qui anime les ateliers de préparation du concours. Ce moment est polémique et il a du sens. Les participants sont gênés, mais ils sont placés dans une position où le concours permet de s’exprimer, de partager des idées. Les arguments s’échangent et ne sont pas destinés à imposer son idée à l’autre, l’obliger à y adhérer mais cela permet de communiquer même si les arguments et leur formulation est bourru, brutal par rapport à la sensibilité des autres, on ne demande pas aux candidats de tout accepter mais d’être dans une écoute. La démarche est destinée à accepter la parole des autres, l’entendre, la prendre en compte même si on peu être désaccord. On n’a pas la prétention de sortir les gens de leur misère mais le concours est un projet solidaire, où les candidats s’impliquent et s’émancipent également.

Comment sont choisis et sollicités les membres du jury ?

Les jurys sont sollicités de manière spontanée et libre. L’idée est de permettre au même titre que les candidats de Eloquentia d’être dans une démarche à la volonté de pluralité.

Remerciements à Loubaki Loussalat pour sa disponibilité et sa générosité.

Propos recueillis par Eléonore Laly

Source Le Parisien :

Kerry James : « Nous sommes ici car nous sommes touchés par les mots. J’ai déjà assisté à la demi-finale à Nanterre. Il y a des personnes qui ont vraiment beaucoup de talent malgré leur jeune âge, ils sont très forts c’est assez impressionnant. »

Leïla Bekhti : « Je n’ai pas autant de répartie qu’eux », sourit la comédienne qui a remporté le César du meilleur espoir féminin. Elle sortira de cette soirée bouleversée.

La curiosité a aussi emmené Edouard Baer à devenir membre du jury. Pour cet homme de théâtre, cet exercice est une chance de sortir du « confinement de son milieu ». « Cela me fascine de voir des gens se battre avec des mots, enchaîne l’acteur qui a reçu une ovation mardi soir. C’est un miracle que certains aient encore envie de convaincre par les mots plutôt que par les gestes. Cet engouement, cette excitation. C’est extraordinaire que tant de personnes viennent en écouter d’autres parler… Des gens qui parlent il y en a beaucoup mais des gens qui écoutent, il y en a moins… », s’enthousiasme-t-il.

Ajoutons que de la même manière que le jury, nous avons ressenti ce privilège d’assister au parcours des candidats et à cette aventure humaine en découvrant A Voix Haute, la Force de la Parole. Le film redonne foi en beaucoup de choses concernant notre société. C’est une aventure humaine unique à découvrir. Nous avons ressenti cette démarche inclusive que propose la formation au concours et vous invitons à découvrir cette pépite de documentaire en salles qui suscite une adhésion plus que méritée. Le prisme du concours représente un processus d’émancipation magnifique. On espère que se développe ce type de dispositif. Et nous souhaitons une belle et très longue vie en salles à ce documentaire.

http://eloquentia-saintdenis.fr/

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