Evénements/Festivals

JOURNAL DE BORD CANNES 2017 Saison 4 Épisode 3

Festival de Cannes, Saison 4 épisode 3.

Petite frayeur ce matin, à la projection d’Okja, le nouveau film de Bong Joon-ho sélectionné au Festival de Cannes par Thierry Frémaux et son équipe qui aura fait couler beaucoup d’encre en amont de sa projection en compétition officielle au festival de Cannes. Produit, en partie, par Netflix et diffusé prochainement sur la célèbre plateforme en ligne de vidéos à la demande sans passer par la case « sortie en salles » (du moins en France), le film a fait jaser la toile – enfin surtout certains exploitants, mais aussi le président du jury de cette année, l’espagnol Pedro Almodovar – qui trouvèrent sa sélection cannoise inappropriée compte tenu de ce dernier critère.

Nanti d’un casting cosmopolite (incluant Tilda Swinton, Jake Gyllenhaal, Paul Dano, Steven Yeun, Lily Collins, mais aussi la toute jeune An Seo Yhun, véritable héroïne du film aux côtés de son compagnon animal), Okja a, en plus, vécu un petit « bug » ce matin, la projection ayant connu un léger souci technique (le film a été coupé au bout de 5 minutes parce que le rideau ne s’était pas complètement levé et qu’il était diffusé dans un mauvais ratio d’images) et obligé l’équipe du festival à rédiger, à chaud, un communiqué de presse afin de balayer les ragots autour d’un supposé  sabotage délibéré organisé par les détracteurs de Netflix.

Tout finit bien comme dans un bon Tintin : la séance a finalement lieu et c’est bien avec la banane que je sors du Grand Théâtre Lumière. Bombe atomique, c’est la première expression qui m’est venue dès les premiers pas dehors.

Critique complète disponible ici.

AVA (Critique)

SYNOPSIS: Ava, 13 ans, est en vacances au bord de l’océan quand elle apprend qu’elle va perdre la vue plus vite que prévu. Sa mère décide de faire comme si de rien n’était pour passer le plus bel été de leur vie. Ava affronte le problème à sa manière. Elle vole un grand chien noir qui appartient à un jeune homme en fuite… 

Next : direction l’Espace Miramar pour la projection d’Ava, premier film de Léa Mysius – une ex de la Fémis remarquée pour quelques courts métrages bien sentis et révélée pas plus tard qu’il y a 3 jours après avoir co-scénarisé Les Fantômes d’Ismaël – présenté en compétition à la Semaine de la Critique.

Que raconte Ava ? Les tribulations d’une jeune fille de 13 ans, qui apprend, alors qu’elle se trouve en vacances au bord de mer avec sa mère, qu’elle va perdre la vue plus vite que prévu. Cocasse d’ailleurs comme certains films cannois se répondent parfois. Après l’enfant qui perd l’ouïe et qui cherche ensuite ses origines dans Wonderstruck, place à l’adolescente de treize ans, butée et solitaire, qui perd la vue et fuit, en quelque sorte, ses racines en s’émancipant de sa mère.

Sur l’acceptation de la maladie (ou plutôt l’acceptation d’un handicap inéluctable et la manière d’affronter le problème) et d’un corps en pleine mutation, sur la gestion de l’individuation et de la séparation d’avec sa mère, sur la découverte d’une sexualité naissante, sur la mise à l’épreuve de pulsions débordantes, le film de Mysius est finement écrit et plutôt juste, même si certaines répliques paraissent un peu trop plaquées (toutes les tirades de Mathias, le copain de vacances d’Ava).

Ava est un récit initiatique beau et solaire (le début rappelle d’ailleurs vaguement l’intro de Jeune et Jolie d’Ozon, avec un pitch moins transgressif peut-être), qui tient dans l’originalité de traitement du coming-of-age de son héroïne, campée par la révélation féminine Noée Abita. Contrainte, par sa cécité prochaine, à vivre auprès des autres et à leur faire confiance, Ava va ainsi se formaliser une nouvelle vie en rencontrant Juan, jeune gitan grande gueule dont elle va tomber amoureuse.

Deux scènes assez mémorables et prodigieusement mises en scène se dégagent du lot : l’ouverture tout d’abord, avec cette vision d’un chien noir, famélique, qui traverse une plage bondée, pleine de chair, cris et de crème solaire pour se diriger instinctivement vers Ava et nous faire découvrir cette jeune fille lunaire et solitaire ; et celle, ensuite, du cauchemar pornographique d’Ava composé d’images sordides et violentes, de plans rarement vus au cinéma (le clitoris de la mère, l’exécution d’un bébé).

Dommage par contre que le récit s’enlise ensuite dans une partie nettement moins palpitante et beaucoup plus convenue (à partir du mariage en gros), et qu’Ava soit souvent parcouru de symbolisme maladroit (la perte de la vue comme métaphore de l’obscurcissement du monde, certaines vannes sur-signifiantes). Premier film prometteur, souvent drôle et visuellement plaisant, Ava accroche et permet de mettre en lumière une cinéaste française dont il faudra désormais suivre attentivement la carrière : Léa Mysius.

Comme une fois n’est pas coutume, je me lance ensuite à l’assaut du marché du film pour voir, en exclusivité, Newness, le nouveau long-métrage de Drake Doremus (auteur de quelques pépites indé comme Like Crazy avec Jennifer Lawrence et Equals avec Nicholas Hoult). Interdiction totale de vous parler du film pour le moment, mais cela viendra en temps et en heure, lorsqu’il sera finalisé et prêt à sortir en salles.

Repas rapide au Planet Sushi pour finir la journée sur The Square, le nouveau film de Ruben Östlund. Mon avis ? Réponse demain.

 

 

 

 

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