Critiques Cinéma

PIRATES DES CARAÏBES – LA MALEDICTION DU BLACK PEARL (Critique)

SYNOPSIS: Dans la mer des Caraïbes, au XVIIe siècle, Jack Sparrow, flibustier gentleman, voit sa vie idylle basculer le jour où son ennemi, le perfide capitaine Barbossa, lui vole son bateau, le Black Pearl, puis attaque la ville de Port Royal, enlevant au passage la très belle fille du gouverneur, Elizabeth Swann. L’ami d’enfance de celle-ci, Will Turner, se joint à Jack pour se lancer aux trousses du capitaine. Mais Will ignore qu’une malédiction frappe Barbossa et ses pirates. Lorsque la lune brille, ils se transforment en morts-vivants. Leur terrible sort ne prendra fin que le jour où le fabuleux trésor qu’ils ont amassé sera restitué… 

Il y a à peu près quinze ans de ça, Jerry Bruckheimer, producteur au flair légendaire lui ayant permis de réaliser régulièrement de beaux retours sur investissements – il a notamment misé sur Bad Boys, Top Gun, Armageddon, ou encore Prince of Persia – cet heureux renifleur de blockbusters donc a une fois de plus eu le nez creux en pariant sur un genre pourtant moribond depuis la fin des années 60 : le film de pirate. Soyons honnêtes : à part le très bon Hook de Spielberg en 1991 ou le culte Les Goonies de Richard Donner en 1985, on ne peut pas dire que les déclinaisons autour de Barbe Noire et compagnie aient fait des étincelles passé l’âge d’or où le virevoltant Errol Flynn y allait de ses cabrioles sur de fameux trois mâts. C’était sans compter sur la volonté de l’empire Disney de relancer un peu l’intérêt autour d’une de ses attractions phares : Pirates des Caraïbes. Et l’empire doit une fière chandelle à Terry Rossio et Ted Elliott d’avoir accouché du pirate désormais le plus célèbre de l’histoire : Jack Sparrow.

Tous les ingrédients indispensables à la réussite de cette folle entreprise ont été réunis à la perfection pour brasser, dans le chaudron magique des studios Disney, LE film de pirates emblématique par excellence. Les lieux communs y sont idéalement exploités et reconstitués pour plonger d’emblée le spectateur dans l’ambiance moite et joyeusement éthylique dans laquelle évoluent ces fameux ravageurs des mers. Plus cupides que jamais, les pirates retrouvent, devant la caméra de Gore Verbinski, un panache éblouissant. Port Royal, écrin exotique mal famé des Caraïbes, paraît plus vrai que vrai, et séduit juste ce qu’il faut pour occulter une réalité historique moins glamour. Ces flibustiers-là ont été pensés comme des rock-stars, dans leurs habits rapiécés et leurs coques de noix mangées de balanes. Et le fait est qu’ils ont sacrément la classe, aussi déchus et décatis soient-ils, jusque dans les bouges de Tortuga. Propulsés d’emblée dans l’action, déjà amoureux de l’océan, on se laisse happer très vite par la malédiction qui frappe le Black Pearl, ce mythique bâtiment noir sillonnant les mers tel un navire fantôme, personnage à part entière du film. Le mélange des genres fonctionne immédiatement, sur un mode qu’empruntait déjà la saga Indiana Jones : l’aventure teintée de fantastique, d’un soupçon de paranormal, et que l’on accepte sans le moindre scepticisme, acquis à cet univers où les règles sont celles d’hommes sans foi ni lois ayant pactisé avec les divinités marines pour mieux détrousser les mortels. Et rien ne manque au tableau pour ce premier volet au rythme enlevé : cohortes de squelettes, trésors étincelants, médaillon maudit, duels à l’épée et affrontements aux canons, tout concourt à une histoire palpitante, cohérente de bout en bout dans son assimilation et sa restitution parfaite du genre.

Les antagonistes sont légions, personne ne se fiant à personne dans cette région du globe. Les alliances se font et se défont à une cadence effrénée, autour d’un duel de titans déjà cultes après une heure de pelloche : Hector Barbossa (Geoffrey Rush) vs. (le capitaine) Jack Sparrow (Johnny Depp). Depp y a d’ailleurs sans doute trouvé le rôle le plus iconique de sa carrière – pourtant éclectique – en façonnant à partir d’une simple ébauche le plus chancelant et le plus attachant des pirates incarnés au grand écran, tout madré qu’il soit. Un rôle taillé sur mesure, dans lequel se côtoient la folie et le génie, véritable garant du succès insolent de la franchise. Arguer que tout repose sur le seul personnage de Sparrow serait cependant erroné. Car Pirates des Caraïbes, c’est une pléiade de personnages qui composent de manière très ludique un véritable film de bande(s). A commencer par les sidekicks de Jack Sparrow, Will Turner (Orlando Bloom) et Elizabeth Swann (Keira Knightley), candidats à une belle romance, de ces romances qui marquent les plus grands films, quoique sans cesse « piratée ». On pourra dire ce que l’on veut, que Bloom joue trop de ses sourcils ou que Keira campe une foutue rabat-joie parfois hystérique (comprendre  femme à poigne), la romance est belle, et leur couple est définitivement entré dans l’histoire. A la poursuite des pirates, Jack Davenport incarne un commodore Norrington impérial, tandis que Jonathan Pryce amuse par ses facéties de gouverneur pas assez confronté au monde. Enfin, le duo à la Laurel et Hardy, Pintel et Ragetti (Lee Arenberg et Mackenzie Crook) concentre à lui seul quelques-unes des scènes les plus hilarantes du film.

Visuellement, ça dépote, même si certains effets commencent à dater un peu, et c’est en immersion totale que l’on s’initie au mode de vie atypique de ces forbans mariés à la mer ne répondant qu’au seul Code – dont les termes sont discutables jusqu’à plus soif. En se réappropriant ses lieux communs, la team a su (re)créer le genre, dépoussiéré pour longtemps et presque trop autoréférencé pour permettre à quiconque de s’immiscer dans la brèche avant belle lurette. Ce que vend Pirates des Caraïbes, au-delà d’un divertissement de haute-volée rarement égalé dans le genre, c’est un horizon. Celui que Jack Sparrow contemple amoureusement, avide d’une liberté si complète qu’elle vaut bien tous les trésors du monde. Une liberté qui ne se marchande pas, et un horizon dont nous aussi, l’espace d’un film, nous profitons pleinement, portés par le score omniprésent de Klaus Badelt et son thème entrée dans la légende, un goût d’embruns dans la bouche, et le cœur plus léger.

Titre Original: PIRATES OF THE CARRIBEAN  – THE CURSE OF THE BLACK PEARL

Réalisé par: Gore Verbinski

Casting : Johnny Depp, Orlando Bloom, Keira Knightley…

Genre: Aventure, Action, Fantastique

Date de sortie : 13 août 2003

Distribué par: –

TOP NIVEAU

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s