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JOURNAL DE BORD CANNES 2017 Saison 4 Épisode 1

 

Festival de Cannes, Saison 4 épisode 1.

Me voilà fraîchement arrivé sur la croisette, accrédité presse comme chaque année et prêt à vivre 15 jours de cinéma. Des films enchaînés sans temps mort, des rencontres – fortuites ou déclenchées – avec quelques stars, des critiques rédigées avec des étoiles plein les yeux.

A peine débarqué, me voilà en route pour dégoter un ticket pour Logan Lucky, le prochain Soderbergh présenté en séance unique au Marché du film. Pas de chance pour moi, la projo est réservée aux « buyers », le long-métrage n’ayant pas (ou pas encore) été acheté dans certains territoires du Monde. Impossible donc d’assister au nouveau film du cinéaste ex retraité (pour rappel, Soderbergh avait déclaré en 2013 en avoir terminé avec sa carrière ciné pour se concentrer uniquement sur la production et les séries TV).

Rattrapage immédiat avec la séance du nouveau Desplechin, Les Fantômes d’Ismaël, choisi par Thierry Frémaux et son équipe pour ouvrir le bal du 70ème festival de Cannes ce soir au Grand Théâtre Lumière. Doté d’un casting plutôt glamour (Mathieu Amalric, Marion Cotillard, Charlotte Gainsbourg, Louis Garrel), Les Fantômes d’Ismaël narre l’histoire d’un cinéaste qui, à la veille du tournage de son nouveau film, voit sa vie bouleversée par la réapparition d’un amour disparu.

Les Fantômes d’Ismaël a déjà fait coulé un peu d’encre ce matin sur la croisette : Desplechin a en effet tourné deux versions de son nouveau projet, la plus courte ayant été retenue par le distributeur pour sortir en salles (et à Cannes) sans que l’on comprenne bien pourquoi (la plus longue étant qualifiée partout de « director’s cut »).

Petite déception en sortie de salle Debussy. Tour à tour intriguant (l’originalité et la maturité du récit, les dialogues impeccablement récités par des comédiens en jambes, les idées parfois surprenantes de mise en scène) et déroutant (les partis pris narratifs avec une mise en abîme décousue et des ellipses incompréhensibles, le propos trop abstrait), Les Fantômes d’Ismaël convoque autant le cinéma de Desplechin lui-même (Rois et Reine, La Sentinelle, Trois souvenirs de ma jeunesse) que celui d’Hitchcock (les figures du revenant et du double, l’histoire angoissante des deux frères). En alter-ego du cinéaste, Mathieu Amalric est assez convaincant, et à ses côtés, Cotillard et Gainsbourg le sont tout autant. De même que Louis Garrel, frère (fantasmé?) du protagoniste torturé incarné par Amalric.

A la fois triangle amoureux désespéré et film d’espionnage paranoïaque, Les Fantômes d’Ismaël cultive un certain mystère avec un minimum d’effets, est souvent drôle et enrobé d’un souffle romanesque bienvenu mais reste, hélas, trop souvent parcouru de digressions frustrantes, d’allers-retours schizophrènes entre le passé et le présent qui diluent un peu le propos de Desplechin.

Un extrait pour Wonderstruck le nouveau film de Todd Haynes en compétition officielle à Cannes (Actus)

Consolons-nous : demain matin, c’est Todd Haynes et son Wonderstruck qui assurent le lancement officiel de la compétition Cannoise et c’est peu dire que nous attendons son nouveau bébé, les premiers extraits parus sur la toile promettant en effet un renouvellement presque total du réalisateur des excellents Safe, Loin du paradis et Carol.

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