Critiques

SQUADRA CRIMINALE (Critique 1ère partie) En deux temps trois mouvements…

SYNOPSIS : Inspectrice à la brigade criminelle de Turin, Valeria Ferro est une enquêtrice aussi tenace que talentueuse. Elle semble posséder un sixième sens pour reconstituer le puzzle complexe de chaque affaire tout en luttant contre les fantômes de son passé. Ceux-ci ressurgissent violemment dans sa vie au moment où sa mère est libérée de prison.

Diffusée depuis septembre 2015 sur la chaîne italienne Rai, la série Non Uccidere (Tu ne tueras point), rebaptisée Squadra Criminale pour le public français, débarque sur Arte le 11 mai. Se voulant une chronique sociale de l’Italie contemporaine, cette fiction policière s’inspire de faits divers réels et nous entraîne dans les bas-fonds de Turin où meurtres, mensonges et secrets de famille constituent le quotidien du capitaine Valeria Ferro et de son équipe 100% masculine. Une protagoniste qui porte une grande partie de la série sur ses épaules, puisque c’est la personnalité de Valeria Ferro, enquêtrice tellement douée que ça confère au génie, qui se débat avec une vie personnelle plutôt mal en point. Car c’est bien elle qui pousse l’intrigue vers l’avant, habitée comme elle l’est d’un désir de justice que rien ni personne ne peut arrêter, pas même la bureaucratie la plus entêtée qui soit.

Écrite par Claudio Corbucci, grand spécialiste des séries policières, Squadra Criminale se démarque légèrement de la formule classique qui veut qu’un épisode corresponde à une enquête, généralement rondement menée, où ces messieurs-dames de la police mettent toujours leur coupable derrière les barreaux juste à temps pour le générique de fin. Ici, chaque histoire se déroule en deux temps, et se penche beaucoup sur la vie et la personnalité des victimes, presque davantage que sur les mécanisme des enquêtes. Contrairement à beaucoup de séries dites, « procédurales », celle-ci semble préférer les entretiens en tête-à-tête entre la capitaine et ses témoins, que sur les rapports d’autopsie et de laboratoire. Une approche assumée pour une série qui tient à présenter une vision plus « humaine » de la lutte contre le crime et qui prend donc ses distances avec le côté plus technique des enquêtes auquel les séries américaines nous ont davantage habitués, sans pour autant l’ignorer totalement.

C’est Miriam Leone, ex Miss Italie qui se glisse dans la peau de Valeria et qui lui insuffle toute la vulnérabilité qu’il lui faut. La capitaine de la brigade criminelle a la peau dure, des méthodes pas toujours très douces, et une capacité à déceler le mensonge qui laisse ses collègues pantois. En dépit d’une légère propension à la paranoïa, elle a réussi à gagner le respect de ses subordonnés et mène son équipe d’une main de fer. L’image est sombre, la musique omniprésente, et les beaux yeux de Miriam Leone s’emplissent tour à tour de compassion ou de froideur calculatrice suivant qu’ils se posent sur la famille des victimes ou sur les suspects de meurtre(s). Squadra Criminale veut peindre un portrait ambitieux de l’Italie moderne, s’attaquant à toutes les tendances sociales d’aujourd’hui, depuis la soif de reconnaissance des jeunes sur les réseaux sociaux ou la xénophobie rampante qui accompagne un monde en pleine transition. Même si elle ne remplit pas toujours son cahier des charges et présente parfois une image un peu simpliste des sujets auxquels elle s’intéresse, le charme de la distribution et le rythme mesuré imposé par la réalisation de Giuseppe Gagliardi font qu’on ne peut s’empêcher de vouloir en savoir plus, toujours plus, non seulement sur l’assassin du moment, mais aussi sur toute cette galerie de personnages qui apparaissent régulièrement et prennent leur temps pour se dévoiler. A recommander à tout le monde, et surtout aux amateurs de romans policiers.

Crédits: Arte

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