Critiques Cinéma

SOUS LE MÊME TOIT (Critique)

SYNOPSIS: Delphine et Yvan divorcent. Alors que sa situation financière ne lui permet pas de retrouver un domicile, Yvan se rappelle qu’il détient 20% de la maison de son ex-femme. Il revient alors vivre chez Delphine, dans ses 20%. Les deux ex vont découvrir les joies de la colocation forcée… 

Dernière comédie en date signée Dominique Farrugia – qui fait d’ailleurs une brève apparition dans son film – Sous le même toit se classe dès l’intro dans la catégorie des comédies françaises « moyennes ». Comprenez : de celles qui feront le bonheur de TF1 un dimanche soir. Après avoir arbitré les difficiles débuts d’un couple nouvellement en ménage en 1996 dans Delphine 1 – Yvan 0, Dominique Farrugia s’attaque à ce qui, dans le film, est habilement désigné comme un fait de société : à cause de la crise, nombre de couples en instance de séparation seraient contraints, eût égard aux difficultés financières, à continuer à vivre sous le même toit – d’où le titre. A priori, pas grand-chose à attendre d’un film dont le synopsis tient sur un post-it, et dont il est facile d’anticiper l’avalanche de problèmes qui vont être portés à notre regard : un couple passé de l’amour à la détestation, forcé de cohabiter après que la rupture ait été consommée, ça ne peut évidemment pas faire bon ménage. Hélas, ça n’en est pas drôle pour autant.

On s’amuse évidemment du marché un rien sadique imposé à Delphine par Yvan, lorsqu’il réclame le droit d’occuper sa part des 20% de leur maison (en anticipant d’emblée la réponse non moins chafouine de la propriétaire principale). Et si quelques situations prêtent effectivement à sourire, le malaise s’installe néanmoins, de plus en plus palpable, de moins en moins propre au rire. Très vite, c’est la consternation qui domine, face à la non-intimité de ce duo redevenus deux individus pas tout à fait inconnus, mais plus vraiment proches, dont l’un tire égoïstement l’autre vers le bas parce qu’il n’arrive pas à anticiper l’avenir. En vérité, tout ça est assez triste. Clairement, le film tient la route grâce à l’abattage décontracté de Gilles Lellouche, atout maître de cette comédie en demi-teinte. Face à lui, Louise Bourgoin, superbe de féminité, génère étrangement plus d’antipathie qu’autre chose, à l’étroit dans un rôle ambivalent : son personnage réclame à cor et à cris son indépendance (sexuelle surtout, financière ensuite) en tendant vers plus d’extravagance, quand sa gestuelle ne clame que psychorigidité et amertume. Un mélange déconcertant qui prend à contrepied la maladresse insouciante à la limite de la puérilité de l’ex-mari irresponsable. Le bras de fer, d’emblée, paraît très inégal, et l’issue de ce second match déjà jouée. Côté seconds couteaux, Marilou Berry et Manu Payet sont cantonnés à faire de la figuration, complètement sous-exploités, à l’image des compositions anecdotiques de Nicole Calfan et Marie-Anne Chazel. Le seul à tirer véritablement son épingle du jeu, c’est Julien Boisselier, dans un rôle à contre-courant des personnages plus cyniques ou manipulateurs qu’on a eu l’habitude de le voir jouer, incarnant ici un homme timide et pudibond qui se retrouve au beau milieu des échanges de tirs.

Qui dit famille en décomposition dit aussi enfants dans le malaise. Ceux de Delphine et Yvan n’échappent pas à la règle. Le moment le plus savoureux reste l’entrevue avec le principal du collège, qui évoque beaucoup les saynètes déjà vues dans Fais pas ci, fais pas ça ou Parents mode d’emploi. Et si c’est l’ado pseudo rebelle, incarnée par Adèle Castillon, qui tire la sonnette d’alarme avec le plus de zèle, c’est le jeune Kolia Abiteboul qui émeut le plus, en petit bonhomme courage trop mature pour son âge. L’ironie fonctionne à plein lorsque c’est le fils, en demande d’attention, qui conseille le père, incapable de grandir et de s’assumer. Pour finir, le pan professionnel de la vie chahutée d’Yvan, relève de la grosse blague, dont la chute ne sert qu’à appuyer artificiellement un non-happy-end attendu. Soyons clairs : le vrai souci de Sous le même toit, c’est d’être passé après Papa ou Maman et l’excellent duo Marina Foïs/Laurent Lafitte. Même en imaginant que le développement s’est peut-être fait en parallèle de ce dernier, le film de Farrugia peut aisément être vu comme le premier ersatz de la comédie de Martin Bourboulon : une pâle copie symptomatique de la recette qui a bien marché et qui peut faire des petits. Sauf que non. Du déjà vu, c’est juste du déjà vu, surtout quand ça a été vu en (beaucoup) mieux : en comparaison du saccage de la cérémonie de mariage dans Papa ou Maman 2, la fête de célébration de divorce vue dans ce film fait pâle figure dans le genre transgressif. Victime de son prédécesseur, Sous le même toit ne parvient pas à convaincre, plombé par la vacuité de son histoire et l’absence totale d’originalité dans le traitement de celle-ci. Vraiment dispensable (en salles le 19 avril).

Titre Original: SOUS LE MÊME TOIT

Réalisé par: Dominique Farrugia

Casting : Gilles Lellouche, Louise Bourgoin, Manu Payet,

Marilou Berry, Nicole Calfan, Marie-Anne Chazel…

Genre: Comédie

Date de sortie : 19 avril 2017

Distribué par: EuropaCorp

PAS GENIAL

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