Au commencement...

Au commencement (Séries) Riverdale 1X01 & 02

3 STARS BIEN

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SYNOPSIS: Sous ses airs de petite ville tranquille, Riverdale cache en réalité de sombres secrets. Alors qu’une nouvelle année scolaire débute, le jeune Archie Andrews et ses amis Betty, Jughead, et Kevin voient leur quotidien bouleversé par la mort mystérieuse de Jason Blossom, un de leurs camarades de lycée. Alors que les secrets des uns et des autres menacent de remonter à la surface, et que la belle Veronica, fraîchement débarquée de New York, fait une arrivée remarquée en ville, plus rien ne sera jamais comme avant à Riverdale…

Archibald Andrews, Archie pour les intimes, apparaît pour la première fois en 1941 dans le vingt-deuxième numéro de Peps Comics. Nées sous la plume et les crayons de John L. Goldwater, Vic Bloom et Bob Montana, les aventures du lycéen aux cheveux roux deviennent très vite un phénomène culte aux États-Unis, à tel point que la maison d’éditions de la bande-dessinée, baptisée au départ MLJ Comics, change de nom pour devenir Archie Comics. Archie Andrews prend rapidement des airs de personnage iconique et lorsqu’en mai 2016, la CW annonce qu’elle a commandé une première saison au créateur Roberto Aguirre-Sacasa (Glee, Supergirl), le public s’exalte. La série s’intitule Riverdale et si la distribution repose en grande partie sur une bande d’inconnus, l’équipe de production elle, est plutôt bien rodée : entre Greg Berlanti, ou Producteur Suprême (il a six séries sur les ondes en ce moment et une septième annoncée pour bientôt) et le petit groupe de réalisateurs chevronnés ayant signé pour la première saison, les téléspectateurs peuvent dormir sur leurs deux oreilles : la série est entre de bonnes mains.

Vous aimerez :

L’esthétique. Visuellement, Riverdale fait très fort. Les décors de Tamara Gauthier et la cinématographie de David Lanzenberg engendrent une atmosphère colorée et kafkaïenne qui réussi l’exploit d’être à la fois rassurante et de donner la chair de poule. Un cocktail contradictoire difficile à mettre en œuvre et qui pourtant fonctionne admirablement.

L’autodérision. Ah, on les a vus, re-vus et re-re-vus ces personnages. La pom-pom girl sadique qui adore faire régner la terreur sur les autres filles, le footballeur qui a du mal à concilier son statut de gros dur avec sa sensibilité artistique, le meilleur ami gay, la gentille blonde à queue de cheval qui se meurt d’amour pour les beaux yeux de son voisin… Pourtant, la série évite adroitement de tomber dans l’artificiel en assumant à fond son côté conventionnel.

Le triangle amoureux. On ne pouvait décemment pas avoir de série juvénile sans triangle amoureux digne de ce nom et le fait est que, pour le coup, Riverdale fait un sans faute. Les deux filles en lice, Veronica et Betty sont complexes, raisonnables et plus intelligentes que la moyenne des adolescentes dépeintes par le petit écran. Loin de se tirer les cheveux et de se rouler dans la boue pour revendiquer leur droit à sortir avec Archie, elles forment au contraire une amitié inhabituelle, basée sur une confiance immédiate et un respect réciproque.

Vous n’aimerez peut-être pas :

Le personnage d’Archie. C’est le modèle de l’adolescent américain mal dans sa peau. Longs regards de chiot perdu, composant des chansons tristes sur sa guitare, rêves d’évasion loin de sa petite ville étriquée. Ironie du sort, son père Fred est interprété par Luke Perry, le célèbre Dylan McKay du Beverly Hills des années 90, un personnage tout à fait similaire qui a pour ainsi dire, lancé la mode de l’ado rebelle aux yeux tristes.

Le ton. La série a beau savoir exactement ce qu’elle veut être, elle titube encore question ton. Références culturelles à gogo et gentils persiflages sur les archétypes dont la série se sert, contredisent la noirceur dont elle veut s’envelopper. On sent que les créateurs veulent trouver un équilibre entre les deux, à la façon de Pretty Little Liars, mais on n’y est pas encore.

Les dialogues. Ils sont fins. Ils sont spirituels. Ils font avancer l’intrigue. Mais ils sonnent davantage comme les répliques d’un script que comme l’expression spontanée de nos personnages. Difficile de dire si le problème vient de l’écriture, du réalisateur ou des acteurs, ou même s’il s’agit d’un choix artistique délibéré de la part de la production, mais ça renforce le côté artificiel de la série, donnant aux habitants de Riverdale davantage l’apparence de poupées animées par la magie de la télévision que celle d’êtres humains faits de chair et de sang.

La télévision est devenue une telle machine à sous ces dernières années que les séries prennent de plus en plus leur temps pour s’installer, prolongeant la phase d’exposition sur plusieurs épisodes. Riverdale ne fait pas exception à la règle et il faudra sans doute attendre quelques temps avant que les choses ne se mettent vraiment en route. Mais pour les nostalgiques d’Archie Comics et les fans des séries de lycée made in USA, vous pourrez difficilement trouver série mieux faite et plus assurée en ce moment.

Crédits: The CW / Netflix

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