J'ai quelque chose à vous dire...

J’ai quelque chose à vous dire… Patrick Dewaere

Cher Monsieur Dewaere,

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Je suis un peu intimidé de me mettre derrière mon clavier pour vous écrire aujourd’hui ces quelques mots à l’occasion de l’anniversaire de votre naissance. Vous auriez eu 70 ans cette année. A trente-cinq ans vous avez pourtant décidé que c’en était trop et vous avez tiré votre révérence laissant un chagrin indélébile dans le cœur de tous ceux qui, sans même vous connaitre autrement qu’à travers l’écran, vous adoraient. « 35 ans, tu te rends compte de la perte…quelle époque de cons !…le pauvre mec il est mort à 35 ans … » Si des lignes de dialogue collent parfois avec une incroyable force aux comédiens qui les jouent, cette réplique de Préparez vos mouchoirs de Bertrand Blier sonnait dans votre bouche comme la plus tragique et la plus triste des épitaphes. Vous étiez vrai Patrick Dewaere, vrai, nature et vivant, irradiant les écrans de cinéma de votre aura animale, de votre sourire enfantin, de vos fêlures souterraines et encore aujourd’hui votre instinct et votre vérité inondent les écrans (de télévision le plus souvent désormais) où l’on peut se repasser vos exploits de comédien génial que l’on aimait à la folie.

C’est parfois étrange la relation qui se noue entre un spectateur et un comédien, cette complicité qui nous lie avec une personnalité, avec ce que l’on devine de l’humanité qui transparait d’une personne qui pourtant « joue » constamment à être quelqu’un d’autre. Cette indescriptible complicité qu’on ne saurait expliquer et qui fait qu’on aime voir et savoir tout de lui, qu’on aime le voir dans ses meilleurs rôles bien entendu mais qu’on ne néglige pas les moins bons pour autant. Vous manquez tellement au cinéma français monsieur Dewaere, éperdument, intensément. Vous en étiez l’un des emblèmes les plus représentatifs et l’empreinte que vous avez laissée bien qu’elle soit indélébile et d’une force difficilement quantifiable est tout simplement à la hauteur de votre talent, indescriptible et immense.

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En trente-sept films qui vous auront amenés là où peu de comédiens peuvent se targuer d’être allés, vous nous aurez apporté tant de choses entre votre rire tonitruant, votre sourire enjôleur, votre charme dévastateur, votre mélancolie, votre romantisme, votre sensibilité à fleur de peau et votre souffrance latente que ces quelques mots en retour s’avèrent bien peu de choses. Vous étiez de ces êtres irréels, à la fois trop beau pour être vrai et trop lesté d’une indicible tristesse pour profiter comme vous le méritiez d’un bonheur qui se donnait et se refusait à intervalles réguliers. On ne percevait sans doute les échos de vos blessures qu’avec parcimonie et atténués par le filtre de ce qui ne se montrait pas, mais il passait entre vous et nous et il passe encore de ces éclairs électrisants qui tissent les histoires d’amour entre un acteur et son public.

Vous vouliez être aimé et Dieu sait pourtant qu’on vous a aimé, adoré même, admiré aussi, que ce soit dans Les valseuses, dans Beau-père, dans Coup de tête dans Série noire dans Un mauvais fils, dans Hôtel des Amériques, dans Le Juge Fayard dit le Shériff et j’en passe, mais on ne vous l’a sans doute pas suffisamment montré ou dit et nos témognages d’affection n’étaient sans doute pas assez forts pour atténuer vos démons qui revenaient, lancinants. Vous témoigner aujourd’hui de notre amour et de notre admiration a beau être vain, on ne vous oublie pas, Patrick Dewaere, vous restez dans nos coeurs pour la vie et même pas besoin de vous dresser une statue, vous êtes toujours un monument où que vous soyez. Merci d’avoir été vous tout simplement.

Votre dévoué Fred Teper.

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