Critiques Cinéma

TU NE TUERAS POINT (Critique)

4,5 STARS TOP NIVEAU

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SYNOPSIS: Quand la Seconde Guerre mondiale a éclaté, Desmond, un jeune américain, s’est retrouvé confronté à un dilemme : comme n’importe lequel de ses compatriotes, il voulait servir son pays, mais la violence était incompatible avec ses croyances et ses principes moraux. Il s’opposait ne serait-ce qu’à tenir une arme et refusait d’autant plus de tuer. Il s’engagea tout de même dans l’infanterie comme médecin. Son refus d’infléchir ses convictions lui valut d’être rudement mené par ses camarades et sa hiérarchie, mais c’est armé de sa seule foi qu’il est entré dans l’enfer de la guerre pour en devenir l’un des plus grands héros. Lors de la bataille d’Okinawa sur l’imprenable falaise de Maeda, il a réussi à sauver des dizaines de vies seul sous le feu de l’ennemi, ramenant en sureté, du champ de bataille, un à un les soldats blessés. 

On  l’a bien cru définitivement perdu pour le cinéma après des errements qui lui valurent dix années de purgatoire, mais le réalisateur de Braveheart et de Apocalypto n’était pas à une pirouette près. Celui qui fut une star planétaire reprend aujourd’hui le fil d’une carrière de metteur en scène qui ne doit rien au hasard et qui démontre une cohérence artistique totale. Que ce soit dans sa manière d’embrasser ses sujets avec une conviction sans failles et un engagement sans commune mesure ou dans sa façon frontale de filmer la violence, la souffrance et la rage, Mel Gibson, puisque c’est de lui dont il s’agit, démontre avec son cinquième long métrage de réalisateur, qu’il n’a rien perdu de sa hargne et de sa pugnacité pour mettre sur la pellicule un torrent de vie et de mort. En reprenant le projet Hacksaw Ridge, Mel Gibson s’est glissé dans cette histoire comme si il l’avait lui même imaginée, trouvant dans ce sujet la synthèse de ses obsessions, son appétence pour la religion et ses symboles dans laquelle l’homme vient puiser la foi qui lui permet de se transcender. Dans Tu ne tueras point, l’évidence crève les yeux. Mel Gibson a conservé la maestria et les envolées lyriques qui lui avaient permis de remporter pas moins de cinq oscars avec Braveheart. Et non seulement il reste techniquement un metteur en scène de haut vol mais en plus il sait emprunter des schémas narratifs classiques et y apposer sa patte.

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Construit comme de nombreux films de guerre, Tu ne tueras point ne révolutionne pas le genre mais Gibson lui insuffle une puissance et un souffle dont la déflagration raisonne encore longtemps après la projection. Il faut dire qu’avec l’histoire de Desmond Doss, objecteur de conscience, qui refusa de se servir d’une arme durant la seconde guerre mondiale, il tenait un sujet passionnant auquel il ne lui restait plus qu’à apposer sa patte. Encore fallait t-il trouver le bon équilibre, permettre au spectateur d’éprouver de l’empathie pour le personnage et de comprendre ses motivations. Ainsi le film passe un long moment à nous montrer l’évolution de Doss, les péripéties de son existence, son rapport à la famille, à la violence, à l’amour et tout ce parcours qui va concourir à en faire l’homme qu’il deviendra, perclus de paradoxes aux yeux des autres mais d’une sincérité sans failles dans sa démarche. Il ne refuse pas d’aller au front bien au contraire, mais il refuse de toucher à une arme ce qui forcément va soulever le scepticisme puis la défiance de ses camarades soldats. Doss n’est pas un illuminé qui veut rencontrer la faucheuse avant les autres, c’est juste un homme que la violence répugne et qui a été traumatisé enfant par les conséquences qu’elle pouvait engendrer. C’est aussi un personnage qui ne craint pas de rester fidèle à ses croyances et qui n’est pas aveuglé par sa foi mais qui lui prête allégeance.

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Dans ce premier acte splendide et d’un classicisme étonnant, Mel Gibson convoque les grands maîtres d’un cinéma hollywoodien intemporel en empruntant des chemins connus, enrobés d’une photographie magnifique de Simon Duggan et portée par une musique éblouissante de Rupert Gregson-Williams. Les scènes de séduction entre Doss et sa future femme qui ne sont pas sans faire penser par moments à un petit précis de la comédie romantique charment intensément dans un premier temps avant de trancher radicalement avec la seconde partie. Mais lorsque le film bascule pour de bon dans le film de guerre, ces scènes là ont évidemment fait leur travail et nous ont placées dans un état d’esprit qui va voler en éclat devant la violence des  combats. La bascule opérée par Mel Gibson est d’une brutalité impitoyable car elle nous plonge littéralement au cœur des combats dans ce qui est sans aucun doute l’un des charniers les plus tétanisants de l’Histoire du cinéma, rendant même certaines scènes d’Il faut sauver le soldat Ryan plutôt douces. Dans cette première séquence de combat le spectateur a droit à une immersion la tête la première au milieu des balles qui sifflent, des corps qui plient, des chairs mutilées… La guerre dans toute son atrocité, sans dramatisation appuyée, épurée de la glorification d’actes héroïques mais montrée dans son total dénuement. Difficile de sortir indemne de cette longue scène tant elle secoue et remue. Un moment de cinéma proprement étourdissant, d’une fluidité qui laisse pantois et qui scotche littéralement au fauteuil. Totalement porté par sa croyance, accroché à sa Bible comme un prolongement de lui-même, la foi inébranlable de Doss ébahit. Le voir tenter de sauver la vie de TOUS ces combattants, quand bien même la situation parait désespérée et les porter sur son dos alors qu’à chaque instant il peut être stoppé par une balle ou une explosion nous accroche à ses basques dont on ne peut se détacher, hypnotisé par sa volonté de fer.

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Mel Gibson rappelle combien il est un réalisateur précis et précieux et qui sait promener sa caméra avec une aisance confondante au milieu des combats les plus épiques sans que l’on soit jamais perdu ou décontenancé. En choisissant Andrew Garfield et sa capacité à user d’une myriade de nuances dans son jeu, Mel Gibson a également pris une option gagnante car le comédien est aussi à l’aise lorsqu’il s’agit d’être juste dans la quotidienneté que  dans l’action et l’abnégation. Il est parfaitement entouré (Vince Vaughn, Teresa Palmer, Sam Worthington, Luke Bracey, Hugo Weaving…) mais aussi excellents soit toute le distribution, Tu ne tueras point restera avant tout comme le retour aux affaires intense et viscéral d’un Mel Gibson impérial qui reprend sa place là où il l’avait laissée. Tout en haut.

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Titre Original: HACKSAW RIDGE

Réalisé par: Mel Gibson

Casting :  Andrew Garfield, Vince Vaughn, Teresa Palmer,

Sam Worthington, Luke Bracey, Hugo Weaving…

Genre: Drame, Guerre, Biopic

Sortie le: 09 novembre 2016

Distribué par: Metropolitan FilmExport

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