Critiques Cinéma

CREATIVE CONTROL (Critique)

1,5 STARS ASSEZ MAUVAIS

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SYNOPSIS: New York, futur proche, David, jeune cadre branché, prépare le lancement de lunettes révolutionnaires qui confondent réel et virtuel : la réalité augmentée. Mais lors de la phase test, tout commence à se brouiller entre sa vie publique, privée et imaginaire… 

Creative Control est le deuxième film de Benjamin Dickinson après First Winter. Il y explore encore une fois les affres du trentenaire urbain en se réservant cette fois le rôle principal sur un scénario dont il est l’auteur, ce genre de cumul étant rarement une bonne nouvelle. Nous faisons donc la connaissance de David, publicitaire trentenaire très hipster vivant avec sa petite amie professeur de yoga dans un appartement tiré d’un magazine d’architecture et de décoration intérieure. Devant travailler sur la campagne publicitaire d’Augmenta, des lunettes de réalité augmentée, il va rapidement perdre pied dans son monde et se réfugier dans une virtualité qu’il peut plus aisément manipuler à sa convenance. Le propos du film est assez convenu, traitant principalement de la frivolité de ces cadres urbains et de leur rapport à la réalité, il est en quelque sorte un 99 francs arty sans en avoir le côté acerbe et choquant, revendiquant un style et une nouveauté qu’il n’a pas du tout. Ses personnages ne sont ni détestables ni sympathiques, ils n’ont simplement pas d’intérêt. David est lisse et plat, ses considérations et celles de sa petite amie n’émeuvent pas, ni ne suscitent de réaction, c’est peu dire que d’affirmer qu’on se fiche bien de leur sort. Ils évoluent dans un cadre au style très épuré et moderne, tourné en noir et blanc, ce qui certes fait plus classe, mais ne rend pas le propos plus intelligent. Les plans sont très étudiés, tout est fait pour donner du style avec de nombreux ralentis et jeux de lumière et tout ce que l’on voit à l’écran est très beau, et … et c’est tout.

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On pourrait se dire que tout cela fait partie du propos, que la superficialité et le ridicule des personnages et de leurs états d’âme est une caricature volontaire qui permet une critique directe du monde dans lequel ils évoluent, ce qui rendrait le film intelligent et sa réflexion intéressante. Cette réalisation trop lisse, trop propre, trop froide, trop fière de ses propres effets, serait le parfait double de ses personnages et une dénonciation qui passerait par le style de l’image, ce serait brillant. Malheureusement ce moment qui nous dévoilerait le ridicule de tout cela ne vient jamais, car le propos semble bel et bien sérieux, jusqu’à une fin qui confirme que ces états d’âme ridicules sont bien au cœur du film et tente de les utiliser pour une dernière scène qui se veut dramatique mais est tout à fait risible et force au constat : Creative Control est le délire masturbatoire d’un réalisateur amoureux de ses propres plans.

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Benjamin Dickinson ne fait que nous proposer une collection de cadres en noir et blanc très beaux et dont il est visiblement très fier sans insuffler aucune âme, aucun sentiment, aucune personnalité à son film. Des images froides dans lesquelles naviguent des personnages insipides. L’impression nette de s’infliger une publicité pour un parfum qui durerait 1h45. Le film en possède la même image lisse, les mêmes plans, les mêmes ralentis incessants. Inspirée de l’iconographie d’Apple, Creative Control en a le même propos, survendre grâce à son emballage stylisé un produit aseptisé qui n’a depuis longtemps plus rien de révolutionnaire. Cette mégalomanie se retrouve jusque dans la musique qui n’est qu’une bête playlist de musique classique comprenant des morceaux de piano entendus mille fois et pour certains dans de grandes œuvres cinématographiques, faisant par-là certainement un clin d’œil très lourd aux influences de Benjamin Dickinson. Joués très fort lors d’innombrables ralentis, ces morceaux ne font que renforcer la prétention de l’ensemble sans y apporter les émotions qui font cruellement défaut à cette histoire et sans réussir à intelligemment meubler l’indigence de l’écriture et du scénario. Pire, ils finissent par donner cette impression finale que le réalisateur, aveuglé par sa certitude d’être brillant, nous prend pour des imbéciles. Mais c’est très joli, c’est sûr.

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La plus grande déception de Creative Control reste peut-être que le pendant à la mégalomanie qui en transpire est un propos inexistant. Car si un réalisateur comme Xavier Dolan par exemple peut être particulièrement arrogant, son talent et les propos de ses films provoquent, si ce n’est l’admiration ou la haine, au moins le questionnement, des émotions, des sensations. Benjamin Dickinson ne provoque que cette inquiétude finale qui est probablement le pire qui puisse arriver à un réalisateur : peut-être que Benjamin Dickinson n’a rien à dire.

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Titre Original: CREATIVE CONTROL

Réalisé par:  Benjamin Dickinson

Casting :  Benjamin Dickinson, Nora Zehetner, Dan Gill

Alexia Rasmussen, Jay Eisenberg, Meredith Hagner…

Genre: Drame

Sortie le: 09 novembre 2016

Distribué par: Damned distribution

1,5 STARS ASSEZ MAUVAISASSEZ MAUVAIS

 

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