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HARRY POTTER AND THE CURSED CHILD (Critique Livre)

2,5 STARS MOYEN

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Harry Potter est de retour ! Alors que le spin-off Les Animaux Fantastiques s’apprête à ensorceler nos écrans dès le 16 novembre avec une trame narrative totalement inédite, le 8ème tome de la saga des aventures du sorcier le plus célèbre de ce nouveau millénaire sera enfin disponible en français le 14 octobre en librairie. Nous avons eu la chance de le lire à sa sortie en version originale. Mais est-il vraiment pertinent de parler de 8ème tome ? Car, si cette aventure originale se place bel et bien dans la continuité directe des sept opus constituant la saga d’origine elle n’a, de fait, absolument rien à voir avec les précédents écrits de J.K. Rowling. Et pour cause : il ne s’agit pas d’un roman, mais d’une pièce de théâtre.

Vous avez sûrement dû en lire, sinon par plaisir, au moins une fois à l’école, qu’il s’agisse de Molière, Racine ou encore Shakespeare : une pièce de théâtre comporte essentiellement des dialogues et/ou monologues écrits, émaillés ici et là de didascalies s’il y a lieu. Même principe ici, avec Harry Potter et l’Enfant Maudit, qui offre une expérience de lecture très différente de celle à laquelle les fans sont habitués, moins immersive, parce que beaucoup moins gourmande en détails, détails qui faisaient tout le sel des romans de Rowling. Exit le folklore magique si savamment dépeint par l’auteure. Ce script s’adresse aux connaisseurs, et non aux néophytes. Un élément à connaître avant de s’emballer à l’idée d’un énième opus des aventures du petit sorcier…

Un sorcier qui a par ailleurs bien grandit. La quarantaine, marié et père de trois enfants, en poste au Ministère de la Magie avec de multiples responsabilités sur les bras, en bute avec son fils cadet… On est loin de l’adolescent au terme de son périple initiatique que l’on avait laissé aux portes de l’âge d’homme. Encore que certaines choses ne changent jamais réellement, et c’est l’un des principes fort de cette « suite », qui jongle perpétuellement entre passé, présent, et même futur. Il en émane, inévitablement, une certaine nostalgie, en même temps que l’on ressent bien que J.K. Rowling s’adresse cette fois d’avantage à un lectorat d’adultes, ces mêmes adultes qui, encore ados il y a quelques années, constituaient son socle de fans. Pour un peu, on aurait presque la sensation, à la lecture de certaines scènes, de se trouver dans le cabinet moelleux d’un psychiatre venu écouter les états d’âmes de nos héros vieillissants.

Alors ? Qui de la suite des aventures du garçon qui a survécu ? Que sont devenus, vingt ans après, Harry Potter et sa bande ? C’est tout l’objet de cette nouvelle intrigue que Rowling a partagé avec John Tiffany et Jack Thorne, maîtres d’œuvre de cette pièce de théâtre originale. Difficile – voire impossible – de disserter sur l’intrigue sans en dévoiler les ressorts majeurs, et donc se fendre de tout un tas de spoilers. Ce que l’on peut en dire sans risquer de gaffer, c’est qu’il nous a semblé, à maintes reprises, moins lire une pièce qu’une (bonne) fan fiction. On est très loin de l’univers foisonnant de J.K. Rowling, même si la pièce donne dans le fan-service à tout-va. Pas de décors plantés avec magie – même si l’on imagine sans peine une mise en scène plutôt complexe et audacieuse. Moins d’émerveillement donc, et plus de pragmatisme. L’enchantement se heurte aux limites logiques d’une écriture plus fonctionnelle, parce que destinée à l’interprétation, à l’incarnation, et bien moins à la lecture de salon. D’où la sensation de fan fiction, aussi, parce qu’essentiellement dialoguée et peu descriptive. De même, les rebondissements paraissent parfois à la limite de l’amateurisme, parce que toujours conditionnés par la dimension scénique. L’écriture permet tout, le cinéma permet beaucoup mais la scène, elle, reste exigeante.

Ce que l’on retiendra de la lecture de cette pièce, c’est le plaisir coupable de renouer avec des personnages chers à nos cœurs, qui nous ont accompagné durant toute notre adolescence, avec lesquels on a grandi, traversé maintes péripéties, triomphé de multiples périls… avec toujours, en toile de fond, cet ode à l’amitié inaltérable. Même si, par moments, le fan-service se fait trop insistant peut-être, et même si l’intrigue, souvent, laisse à désirer, l’engouement est intact. Avec quelques belles surprises quant à la place accordée à certains personnages, qu’ils soient ancien (Drago Malefoy par exemple) ou nouveaux (Scorpius Malefoy, la perle de cette pièce). Et un petit pincement au cœur pour les oubliés.

Un retour nostalgique donc, particulier, inédit et très familier à la fois, qui donne surtout UNE envie très forte : VOIR cette fichue pièce en vrai de vrai. Parce que, sur le papier, c’est une bonne pièce. Alors, comment la magie investit-elle la scène ? C’est le mystère ultime de cette histoire inédite en forme de voyage dans le temps.

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