Critiques Cinéma

EL CLAN (Critique)

3,5 STARS TRES BIEN

el clan affiche cliff and co

SYNOPSIS: Dans l’Argentine du début des années quatre-vingt, un clan machiavélique, auteur de kidnappings et de meurtres, vit dans un quartier tranquille de Buenos Aires sous l’apparence d’une famille ordinaire.
Arquimedes, le patriarche, dirige et planifie les opérations. Il contraint Alejandro, son fils aîné et star du rugby, à lui fournir des candidats au kidnapping.
Alejandro évolue au prestigieux club LE CASI et dans la mythique équipe nationale, LOS PUMAS. Il est ainsi, par sa popularité, protégé de tous soupçons. 

En 1985, la société argentine soigne encore les blessures des années de dictature durant lesquelles des dizaines de milliers de personnes auront été enlevées, torturées et tuées par la junte militaire dirigée par Jorge Videla, puis par Roberto Viola. La défaite lors de la guerre des Malouines aura entraîné la chute de ce régime de terreur et l’arrivée au pouvoir de Raùl Alfonsin en 1983. Ce contexte historique est au cœur de El Clan qui, de 1982 à 1985, retrace le parcours puis la chute de la famille Puccio, dont l’histoire est emblématique de cette période « grise » où les hommes de main de la dictature chassée du pouvoir, continuaient malgré tout de nuire et de bénéficier d’une certaine protection. Récompensé par le lion d’Argent du festival de Berlin 2015, El Clan est tiré d’une histoire vraie, celle de cette famille dont la principale source de revenus provenait des rançons versées par les familles des personnes qu’elle kidnappait. Avec la complicité de ses 2 fils, Arquimedes que l’on devine être un ancien homme de main de la junte militaire, organise les enlèvements de ses riches voisins, qu’il séquestre dans la cave de la maison familiale avant de les tuer après avoir récupéré la rançon.

EL CLAN 1 CLIFF AND CO

A travers l’histoire des Puccio, Trapero parle aussi de la façon dont fonctionnait la société argentine, dans laquelle les bourreaux d’hier côtoyaient les familles de leurs victimes. Comme cette démocratie balbutiante, ce clan est sous l’emprise du mal, celui incarné d’une façon glaçante par Arquimedes (Guillermo Francella) qui, tel un parrain, impose son autorité sur ses proches et notamment son fils, Alejandro (Peter Lanzani), une star du rugby, auquel il ne laisse d’autre choix que de continuer à participer à ses activités criminelles. Leur relation devient rapidement le cœur du film, notamment dans deux scènes de confrontation mémorables, malgré le manque de charisme et le jeu hésitant de Peter Lanzani. Si El clan est un film dur et violent dont le propos politique est fort et très présent, c’est aussi un film très stylisé, étonnamment rythmé et spectaculaire.

EL CLAN 2 CLIFF AND CO

La reconstitution de l’époque est particulièrement soignée et réussie. La violence est présente mais les scènes sont désamorcées et banalisées en étant montées en alternance avec des scènes d’entrainement de rugby ou de sexe, sur une musique qui accentue le propos du film, c’est à dire le décalage entre le visage public de cette famille et la violence dont ils sont capables (les groupes de rock argentin de la fin 70’s/ début des 80’s, Virus et Serú Girán). Les scènes d’enlèvement sont quant à elles introduites par des plans séquence particulièrement virtuoses et par une bande son imparable (Sunny Afternoon des Kinks, Tombstone Shadow de Creedance Clearwater Revival). Dans cet univers où la violence de cette famille est banalisée, où le kidnapping est un business florissant dans lequel on se reconvertit quand on ne peut plus exercer ses méfaits au sommet de l’État, le paiement et la récupération d’une rançon est illustré par Into each life some rain must fall (Ella Fitzgerald & The ink spots). Cette mise en scène et cette bande originale décalée servent d’abord le propos du film, durant sa première partie, mais elle devient répétitive et fatalement lassante, Trapero semblant enfermé ou trop satisfait par le « système » qu’il a choisi de mettre en place. L’humour noir et le style sont des ingrédients à manier avec précaution si on ne veut pas perdre le fil du récit et des enjeux qui le traversent. En la matière, Trapero a sûrement eu la main un peu lourde, probablement dans une volonté de faire un film pouvant toucher un large public. Ce cinéaste engagé s’est attaqué à un sujet qui lui tient à cœur mais sa mise en scène donne paradoxalement l’impression qu’il le traite avec désinvolture ou tout du moins, qu’il s’agit d’un décor lui permettant d’exprimer son talent. Il en résulte un film très plaisant mais pas aussi marquant qu’on l’aurait souhaité malgré l’interprétation exceptionnelle de Guillermo Francella.

el clan affiche cliff and co

Titre Original: EL CLAN

Réalisé par: Pablo Trapero

Casting :  Guillermo Francella, Peter Lanzani, Lili Popovich

Giselle Motta, Franco Masini, Gastón Cocchiarale …

Genre: Thriller, Drame

Sortie le: 10 février 2016

Distribué par: Diaphana Distribution

3,5 STARS TRES BIENTRÈS BIEN

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