Au commencement...

Au commencement… (Séries) The Night Of 1×01 & 1×02

3,5 STARS TRES BIEN

the night of affiche cliff and co

SYNOPSIS: Au lendemain d’une virée nocturne bien arrosée, le jeune Naz, d’origine Pakistanaise, se réveille aux côtés d’une jeune femme baignant dans son sang. Cette dernière a été poignardée et il ne se souvient de rien. Inculpé pour ce meurtre, il est désormais prisonnier du système judiciaire où, parfois, la vérité passe au second plan. Un avocat bon marché mais tenace se propose de l’aider.

Coincée dans les méandres bureaucratiques du département de développement à HBO, la co-production BBC-Worldwide/Home Box Office peut enfin voir la lueur du jour. The Night Of, adaptation de la minisérie Criminal Justice diffusée en 2008 et 2009 sur BBC One sort en effet d’une longue période de gestation, retardée entre autres par la mort de celui qui devait incarner l’avocat cynique et blasé de l’histoire, le très regretté James Gandolfini, mythique Tony Soprano décédé il y a trois ans, qui figure encore sur la liste des producteurs exécutifs. La série originale, écrite par Peter Moffat, se divisait en cinq épisodes, tous centrés sur un personnage différent, alors que le protagoniste, incarné par Ben Whishaw se voyait accusé d’un crime qu’il ne se souvenait pas d’avoir commis. La version de 2016, sous la direction de Steven Zaillan qui signe quelques scénarios ainsi que la réalisation de certains des épisodes, est très proche de son aînée, si ce n’est que cette fois, le personnage principal est un Américain d’origine Pakistanaise.

Nazir Khan (Riz Ahmed), ou « Naz » pour les intimes (c’est approprié) est un étudiant new-yorkais tout à fait normal, qui un soir décide d’emprunter le taxi de son père pour aller à une fête. Mais il ne sait pas comment éteindre la lumière du taxi et se retrouve donc à trimballer malgré lui quelques passagers, dont notamment, une jolie fille (Sofia Black-d’Elia) qui le fait boire, sniffer de la cocaïne et qui le fait monter au septième ciel le temps d’une nuit. Mais une fois passés les effets de la drogue et de l’alcool, Nazir se retrouve à côté d’un cadavre et, vous l’aurez deviné, ne perd pas de temps à se faire arrêter pour meurtre. Adorable le Nazir, mais pas le crayon le mieux taillé de la boîte comme disent les Américains. Il n’a clairement jamais vu de polar de sa vie et commet toutes les erreurs possibles et imaginables : il fuit la scène du crime, laisse son ADN un peu partout, se fait formellement identifier par un témoin, bref, il ne fait rien pour aider son avocat Jack Stone (John Turturro) qui se trouve dans une position délicate, celle de défendre un type qui proclame son innocence mais que tout accuse. Un comportement qui donne envie de s’arracher le bras juste pour avoir un truc à balancer à la télé. Vieux, t’es né dans le Queens et tu ne sais toujours pas que quand une belle fille t’offre de la coke et commence à jouer avec un couteau c’est qu’il y a anguille sous roche? T’as jamais vu de films ? Puis t’as pas utilisé de préservatif, non plus, pas vrai ? On veut bien être de ton côté, mais t’avoueras que pour le coup, tu t’es débrouillé comme un manche.

Enfin bref. Passée la frustration de voir Naz empiler bêtise sur bêtise, il faut avouer que The Night Of dégage un certain charme hypnotique auquel il est difficile de résister. Steven Zaillian signe une mise en scène qui fait froid dans le dos et place ses caméras avec le machiavélisme d’un génie du crime. Atmosphère angoissante, photographie menaçante et musique intelligemment utilisée, le pressentiment que Nazir aura du mal à prouver son innocence se mue peu en peu en implacable certitude que le pauvre vieux est complètement fichu et l’on se doit de saluer le charisme de Riz Ahmed, sans qui toute cette magnifique tension s’effondrerait comme un château de cartes. Parce que, pour que cette histoire fonctionne, le spectateur doit vouloir que Nazir s’en sorte. Sans ce parti pris, rien ne tient, et sans la performance d’Ahmed ce premier épisode serait intenable. Mais l’acteur, habité et vulnérable, vous ensorcelle littéralement au cours des dix dernières minutes et distille juste la bonne dose d’espoir pour que l’on soit convaincu de regarder la suite. Un solide pilote en somme, frustrant certes, mais néanmoins efficace.

Crédits: OCS / HBO

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1 réponse »

  1. J’aurais adoré voir ce projet porté par James Gandolfini. Je pense que la nouvelle politique de HBO est intéressante et qu’ils proposent de nouveau projets novateurs. J’ai hate de voir cette série mais aussi Westworld qui semble prometteuse.

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